Ça va mal chez les pompiers de Québec
Publié le 5 septembre, 2008
Le plus récent rapport du vérificateur général, Lambert Légaré, trace un portrait peu reluisant des relations entre les pompiers et leur employeur, la ville de Québec.
Le document livre les résultats de l’examen d’un certain nombre d’activités de l’administration municipale, dont le Service de protection contre les incendies (SPCI), au cours de l’année 2007.

Rappelons qu’une tentative de redressement ait été annoncée au début de 2008, le vérificateur général dit avoir constaté les mêmes lacunes signalées en 2003 par le Service de planification de la ville, à savoir…
- un manque de leadership;
- une mauvaise communication entre la direction générale de la ville et la direction du SPCI; et
- un climat de travail malsain entre la direction et le syndicat.
Rien de trop encourageant, en fait. Même si des recommendations avaient été faites concernant plusieurs zones grises ayant trait à des problématiques de gestion, au moment du dépôt du rapport, aucune n’avait été mise en application — c’est dire le laxisme qui règne, à la ville de Québec.
Lambert Légaré a insisté pour dire que “la direction du SPCI doit reconnaître que les employés de l’état-major ont le droit d’être impliqués, entendus, respectés, aidés, soutenus, d’avoir de bons outils pour exécuter leur travail et d’avoir des attentes signifiées ainsi que d’être évalués”. En effet, ça semble être un gros minimum!
Voici d’autres constats, en rafale…
- les pompiers se sentent sous-utilisés lorsqu’il n’y a pas d’interventions;
- la confiance envers la haute direction est passablement effritée; et
- le pompier se sent peu apprécié et peu respecté.
Ça jette un certain éclairage sur le conflit de travail qui oppose le Syndicat des pompiers au SPCI dans le cadre du renouvellement de la convention collective de travail. Il semble que ce ne soit pas seulement la compensation financière qui soit en cause.
Le vérificateur général a également parlé de l’acquisition, par la ville, de nouveaux véhicules pour combattre les incendies qui ne conviennent absolument pas pour l’extinction des incendies dans le Vieux-Québec. Ces acquisitions se sont effectuées sans tenir compte des recommandations des personnes concernées. On peut comprendre la frustration des pompiers, dans un tel contexte.
Au moment de publier cet article, voici le portrait du SPCI, en chiffres…
- 384 employés, dont 296 pompier répartis dans 16 casernes;
- 32M$ en dépenses de fonctionnement, plus 13,6M$ provenant des autres services de la ville; et
- 53 véhicules, dont 11 pompes-échelles, 20 autopompes, 6 camions-citernes et 4 échelles aériennes.
Bien que les quelques correctifs apportés au début de 2008 ait permis d’améliorer certains points de discorde, d’autres progrès doivent être réalisés, dont la récupération de certains droits de gérance consentis au Syndicat car ce dernier dispose d’un droit, inscrit dans la convention collective, pour le choix des chefs aux opérations. Il s’agit évidemment, dans une situation “normale”, d’une responsabilité qui revient à l’employeur (le SPCI, dans ce cas-ci).
En tant que citoyen, il y a lieu de s’interroger sur la capacité de Richard Poitras, le nouveau dirigeant du SPCI (qui a remplacé Richard Amnotte) à remettre de l’ordre dans son service.
Souhaitons que le climat de travail s’améliore et que des “communications civilisées” soient suffisantes pour venir à bout des mésententes qui ruinent inutilement l’atmosphère générale de travail.
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