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Le yoga en pleine rue de Québec

Il semble que Michael Carpentier, un blogueur qui habite le centre-ville de Québec, ait choisi de se priver de sa voiture pendant un an — grand bien lui en fasse!

Il dit avoir épargné environ 8,000$, en l’espace d’un an, qu’il pourrait utiliser pour aller en Islande puis en Corse, sans oublier une quirielle de produits de consommation comme des appareils photo et des chaussures.

Pour un gars qui se dit amant d’un mode de vie plus sain, c’est quand même drôle de voir qu’il voudrait investir l’argent qu’il a épargné sur des voyages à bord d’avions archi-polluants et des produits manufacturés qui utilisent une panoplie de produits chimiques parfois toxiques, neurotoxiques et mortels, lors de leur processus de fabrication.

Enfin bref, à chacun ses choix des consommation mais certains sont plus « verts»  que d’autres.

Ce qui cloche dans les calculs de M. Carpentier, ce sont les bases sur lesquelles il s’appuie. S’il croit encore qu’une course en taxi coûte (seulement) 10$, c’est qu’il n’a pas pris le taxi récemment — avec 10$, on fait quelques coins de rue, c’est tout. Puis il y a sa logique de marcher 45 minutes pour aller ici et là. Il néglige l’utilité de l’auto pour transporter des charges plus lourdes et le fait de faire -un- voyage (en auto) au lieu d’en faire plusieurs à pied. M. Carpentier néglige aussi le fait que « le temps, c’est de l’argent» . Comme il donne l’impression d’un gars, « célibataire on and off» , qui n’a pas vraiment de grosses obligations dans la vie, c’est normal qu’il puisse perdre son temps pour marcher mais pour les citoyens devant évoluer dans un contexte de « boulot-dodo»  avec des enfants, sa vision heuristique de la vie vole en éclats!

Les familles de Québec, comme celle de la plupart des villes d’Amérique du Nord, gagnent beaucoup de temps lorsqu’elles font un bon usage de leur automobile car c’est archi-faux de prétendre que les services de transports en commun conviennent à la majorité des gens. Loin de là, en fait! Le jour où M. Carpentier aura des enfants et qu’il voudra leur offrir une qualité de vie un tant soit peu respectable, il comprendra peut-être mieux l’importance de la voiture dans la « vraie vie» .

Michael Carpentier semble être une bonne personne même s’il fait son yoga en pleine rue et bloque le passage aux automobilistes qui, eux, doivent composer avec son comportement délinquant et tous les irritants que ça comporte. Personne n’aime les embouteillages, la pollution rampante et les stationnements à perte de vue mais la société doit simplement se relever les manches et améliorer « le principe de la voiture»  et non tenter de l’interdire, explicitement ou non.

En misant sur des énergies alternatives et une utilisation plus imaginative de l’automobile, on pourrait imaginer un avenir plus « vert»  où l’on garde tous les avantages de la mobilité par l’automobile tout en diminuant ses impacts négatifs.

Qui plus est, la montée du télé-travail (comme dans le cas de M. Carpentier qui est blogueur) est en train de modifier en profondeur l’organisation du travail dans notre société et il faut penser au fait que dans quelques années, plus de 30% des gens travailleront de la maison ou très près de chez-eux (dans des installations communautaires ou de proximité).

Michael Carpentier a le choix de vivre comme il le fait (sans sa voiture) et c’est tant mieux s’il est heureux ainsi mais lorsqu’il fait son yoga en pleine rue et trouble l’ordre public, il fait fausse route. En tentant d’imposer, par la force, ses choix de vie aux autres, il discrédite son « option»  plus qu’il ne l’aide.

Si c’était si merveilleux que ça, au « pays de rêve sans voiture»  que décrit Michael Carpentier, il n’aurait pas besoin d’aller troubler la circulation du centre-ville pour que les gens le remarquent. S’il prenait un peu plus de temps pour analyser la vie des gens en banlieue, il verrait que presque tout le monde fait des efforts et qu’à leur mesure, ils sont aussi importants que les siens.

Le concept « en ville, sans ma voiture»  a beaucoup de chemin à faire avant d’intéresser un plus large public parce que la vision résolument réductrice qui y est véhiculée, en ce qui a trait aux automobiles, n’est tout simplement pas partagée ailleurs, dans la population.

Tags: michael carpentier, en ville sans ma voiture, yoga en pleine rue, blocage de la circulation, nuisances, gestes délinquants, non-respect des automobilistes, autos, voitures, véhicules en ville, circulation, marcher, prendre une marche, temps, transports, transports en commun, vivre en ville, vie urbaine, voyages, québec

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3 réponses à “Le yoga en pleine rue de Québec”

  1. M. Gélinas,

    Votre billet serait beaucoup plus intéressant si vous aviez pris le temps de valider certains faits avant de l’écrire.

    Ainsi:

    • Je prend le taxi toutes les semaines, sans exception. Quelquefois 2-3 fois dans la semaine, selon mon horaire de rencontres.
    • J’ai pris la peine de demander une citation exacte, qui dit que je ne suis pas un puriste : je pense que plusieurs familles ont besoin de voitures. Cependant, ont-elles besoin de la 2e?
    • Je n’essaie pas d’imposer mon option aux autres, loin de là. J’essaie seulement de prouver que c’est possible! Si vous aviez pris le temps de lire correctement et de vous renseigner, vous sauriez que je suis adepte de l’adhésion volontaire et non des choix imposés.
    • Je ne dénigre nullement les choix de ceux qui habitent en banlieue. De quel droit divin vous justifiez-vous pour juger les miens de la sorte? J’ai des voisins cultivés, intelligents, intéressants qui élèvent leurs enfants avec succès en pleine ville. Vous jugez-vous donc si supérieur aux autres pour leur dicter que la vie en banlieue est la seule chose qui conviennent pour l’éducation des enfants?
    • Le comportement délinquant est une remarque inutile, déplacée et qui rabaisse votre argumentaire. Les lumières pour piéton, vous connaissez? Personne n’a perdu une seule seconde à cause de la photo, ne vous inquiétez pas.
    • Vous me faites rire avec vos préjugés sur le « célibataire on et off sans responsabilités» . Je suis en couple depuis un bon bout de temps, et propriétaire d’une entreprise qui emploie quelques personnes.
    • Je suis blogueur, en effet. Mais je ne pratique pas le télé-travail comme vous le prétendez. Je ne sais pas où vous êtes allé chercher cette information d’ailleurs.

    Il n’y a rien d’utopique à essayer de provoquer l’adhésion des gens à un concept concret, et applicable par du « vrai monde» . J’en fais partie moi aussi, ne vous en déplaise.

  2. Au fait…

    Si je pouvais utiliser une voiture « verte» , je serais le premier à l’acheter! :)

  3. cgelinas dit :

    Bon lundi M. Carpentier,

    Merci d’avoir pris le temps de répondre à mon article qui se veut d’abord un éditorial fondé sur ce que j’ai pu lire, voir et entendre dans les médias.

    Jusqu’à ce matin, je n’avais jamais entendu parler de vous mais avec votre coup d’éclat public, il devenait difficile de vous ignorer.

    Je l’ai dit et je le répète, vous semblez être une bonne personne. Que vous soyez célibataire ou non, père de famille ou non, résident du centre-ville ou de la banlieue n’enlève rien au fait que vous semblez être une bonne personne — que ce soit bien clair.

    Alors pour bien adresser les points que vous avez pris le temps d’exposer, je vous offre ma vision des choses…

    • Le fait que vous preniez le taxi vous fait peut-être sauver de l’argent (essence, assurances, entretien et plus) mais globalement, ça ne change rien à la quantité de rejets toxiques dans notre environnement (une course en taxi = une course en voiture);
    • Je n’étais pas au courant que vous aviez demandé une citation exacte à propos des familles mais là, nous sommes tous bien au fait de ce détail.

      Ceci dit, voici ce que Laurie Richard du quotidien Le Soleil a retenu de vos propos, et je cite: « la population ne fait plus de distinction entre besoin et caprice, à cause du marketing» . Je crois, au contraire, qu’il n’y a qu’une minorité de gens qui ne fassent pas la distinction entre d’authentiques « besoins»  et des « caprices» .

      Évidemment, il s’agit d’opinions et c’est tout à fait correcte que vous ayez la vôtre.

    • Les archives de votre blogue semblent démontrer qu’en effet, vous soyez sensible au principe de l’adhésion volontaire (qui a beaucoup de mérite, en passant) mais on retrouve quand même un passage comme « La voiture n’est pas une obligation, mais un choix de vie.»  qui donne à penser que les banlieusards ou les urbains qui conduisent quotidiennement leur voiture avaient « le choix»  entre leur voiture et autre chose… ce n’est hélas pas toujours le cas;
    • Quand on veut emmener les enfants aux pommes, qu’on veut leur faire voir de petits animaux de ferme à la campagne, quand on veut s’amuser ailleurs que près de la maison, c’est bien plus facile en voiture.

      Ceci dit, élever des enfants en ville s’avère aussi riche en expériences qu’en banlieue mais dans les deux cas, c’est plus simple avec une voiture.

      Vous dites ne pas dénigrer ceux qui habitent en banlieue mais voici un autre extrait de votre blogue, et je cite: « Alors quand vous me direz “Oui mais moi j’ai des enfants, j’ai pas le choix d’avoir une maison en banlieue et donc, d’avoir deux voitures!”, vous comprendrez que je vous regarderai en souriant.»  — les gens de la banlieue sont libres de tirer leurs propres conclusions;

    • En ce qui a trait au fait de s’asseoir en pleine rue pour simuler une position généralement associée au yoga, devant un barrage de voitures, c’est bon pour le marketing mais ça envoie toutes sortes d’autres messages — Le Soleil aurait dû préciser que vous n’étiez là que pour la photo et non pas pour « lancer un message aux automobilistes derrière vous» .

      Si je me suis trompé sur ce détail, veuillez m’en excuser mais la Police de Québec m’a confirmé verbalement que l’image illustre un comportement qui, en l’absence de notice claire, pourrait laisser à penser qu’il s’agit d’un comportement « délinquant»  puisqu’il serait contraire à l’ordre public de s’asseoir en plein milieu de la voie publique, devant des automobiles;

    • Pour l’impression que vous donnez d’être un célibataire, je me suis fié à vos dernières photos de voyage où l’on voit… seul, sur tous les clichés où vous figurez mais bon, il se peut que votre conjointe soit timide — j’ai bien précisé que c’est l’impression que vous donnez, heureusement, vous nous donnez l’heure juste grâce à votre commentaire;
    • Vous décrivez votre blogue en ces termes: « Vie quotidienne d’un entrepreneur sans cravate.»  et j’ai cru, à tort, que vous aviez déjà écrit des articles de blogue depuis votre domicile, mon erreur.

    Votre démarche semble être le fruit d’une réflexion plus étoffée que les simples citations que vous avez laissées au quotidien Le Soleil. Votre démarche semble aussi aller au-delà de tout ce qui se dit sur vous, aujourd’hui, dans les autres médias.

    En ce sens, si vous acceptez, je serais intéressé à vous soumettre un questionnaire où vous pourriez détailler votre pensée et vos positions sur un certain nombre de sujets qui, actuellement, semblent ne pas faire l’unanimité.

    D’ici là, si votre conviction va dans le sens de servir les humains et non une quelconque doctrine, j’estime que nous ramons dans le même sens.

    Au plaisir de vous relire!

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