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L’affichage extérieur à Québec

Les immenses affiches qui longent les artères achalandées de la ville de Québec ne font pas l’unanimité.

Pour les uns, ces affiches extérieures (panneaux, « super-panneaux », abribus, colonnes Morris, murales et ainsi de suite) permettent de rejoindre une clientèle de citadins et de touristes captifs.

Pour les autres, il s’agit d’un exemple patent de pollution visuelle.

affiche_pollution_visuelle

En détournant l’attention des automobilistes et des piétons à leur avantage, les géants de l’affichage extérieur que sont Astral Media, Pattison et Viacom (CBS) profitent des infrastructures publiques, destinées d’abord aux transports, pour y faire de l’argent… beaucoup d’argent.

À cause de cette jungle d’affiches, les citoyens de Québec (et nos visiteurs) sont bombardés de publicités qu’ils n’ont généralement pas demandé à voir.

En fait, la logique veut que lorsqu’une personne achète une revue, par exemple, elle accepte implicitement les publicités qui y sont insérées (notamment pour en diminuer le coût).

Mais voilà, un citoyen qui doit se rendre au travail, chaque matin, ne devrait pas avoir à endurer cette faune grotesque d’affiches extérieures. Pourquoi? Parce que la route qu’il emprunte est une infrastructure publique qui devrait être exempte de publicités « imposées ».

Qui plus est, il s’agit souvent des mêmes publicités, répétées aussi souvent que possible, comme si les citoyens étaient trop idiots pour avoir compris leur « message » la première fois. Les annonceurs nationaux, pour leur part, se contentent de « tapisser » le territoire de la ville de Québec avec des affiches sans aucune intention d’y faire fleurir notre économie — le but étant plutôt l’inverse, soit d’enrichir leur bureau chef situé ailleurs qu’à Québec, la belle affaire.

Les grands défenseurs de ces panneaux-poubelles invoquent les questions de liberté d’expression mais se gardent bien de préciser que les opérateurs de ces réseaux de panneaux ne se gênent pas pour choisir qui a « le privilège » de s’y annoncer. On peut qualifier cette pratique de liberté d’expression à sens unique, celui de l’intérêt de l’opérateur.

Ceux qui aiment les affiches extérieures pourront retrouver les mêmes publicités ailleurs, dans les médias, advenant que la ville de Québec arrive à les bannir. Pour les consommateurs, il n’y aura que des avantages à ne plus devoir circuler dans un paysage pollué d’affiches commerciales souvent contre-productives pour notre économie locale.

En reprenant le contrôle du paysage urbain, la ville de Québec pourra enfin laisser les automobilistes admirer l’architecture de leur ville au lieu des messages des multinationales étrangères.

Mine de rien, ce sera un des plus beaux cadeaux que la ville pourra faire à ses entrepreneurs locaux — à ce propos, rappelons qu’une ville ne devient pas prospère avec des emplois au salaire minimum alors, moins il y aura de panneaux extérieurs à Québec et mieux notre économie se portera.

Ça va faire « différent » dans le paysage pendant un temps mais ensuite, nous serons soulagés de ne plus être continuellement bombardés par des affiches en série qui, finalement, ne veulent rien dire de bien intelligent.

Tags: affichage extérieur, affiches, panneaux, super-panneaux, superpanneaux, routes achalandées, axes principaux, commerces, publicités, marketing, québec, ville de québec, règlement sur l’affichage



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3 réponses à “L’affichage extérieur à Québec”

  1. D L dit :

    Bel essai mais pas suffisant et peu convaincant comme arguments et sur contenu sur le sujet, avis parmis tant d’autres.

  2. Francine dit :

    Les unités d’affichage font parties du paysage urbain et sont des éléments commerciaux d’une ville qui comporte une activité urbaine et commerciale.

    Ils ne sont pas pires que les graffitis ou des viaducs de béton, des ponts rouillés mal entretenus ou des tracels ou des édifices mal aménagés où les autorités ont émis des permis pour les construire.

    Au Vieux-Port de Québec la ville a permis la construction d’un édifice à condos affreux devant le Musée de la Civilisation.

    Qui allons nous punir?

  3. cgelinas dit :

    Bon! Les panneaux…

    Selon le contexte, ils peuvent avoir de bons côtés mais avec la structure actuelle de propriété « Ã©trangère » (établie à l’extérieur de Québec), c’est clair qu’une campagne « nationale » éclipsera les « besoins » d’un commerçant local qui veut louer quelques panneaux.

    Une compagnie comme CBS aura beau chanter n’importe quelle chanson, les intérêts des commerçants locaux redescendent en bas de son proverbial totem des priorités dès qu’un annonceur national veut « tapisser » le marché de Québec.

    En gros, ce sont les transnationales qui se servent de ces panneaux pour écraser les marchands locaux.

    Sans ces panneaux, certains marchands locaux ne pourront plus s’annoncer, certes, mais ils n’auront plus les innombrables publicités nationales qui viennent gruger leur marché.

    Ceci dit, c’est bel et bien une théorie parmi tant d’autres.

    Et pour l’aspect visuel des supports pour ces grandes publicités, plusieurs laissent sérieusement à désirer. L’entretien semble avoir lieu sur une base de « strict minimum »… comme dans une ville « secondaire » alors que Québec, c’est la capitale d’une grande province canadienne. Il semble y avoir un mélange de nonchalance et de négligence, chez ces opérateurs d’affichage.

    Qui plus est, le niveau d’innovation pour le format et la qualité des contenus présentés sur ces panneaux frôle, encore une fois, le minimum tolérable par des automobilistes et des piétons obligés de cohabiter avec ces structures imposées.

    Il ne faudra pas négliger, non-plus, les messages qu’on retrouve sur ces panneaux. C’est une célébration perpétuelle de la consommation, voire de la surconsommation. Il n’y a qu’un pas entre ça et le conditionnement à l’endettement et au sur-endettement. Les messages d’intérêt public y sont, à toutes fins pratiques, inexistants.

    Si ces structures appartenaient à des entrepreneurs d’ici qui réinvestissent tous leurs revenus dans l’économie locale et qu’en plus, ils investissent continuellement dans leur réseau pour le rendre sans cesse plus engageant, ce serait un autre histoire.

    Mais ce n’est pas le cas.

    Certains experts de la publicité disent que ces pubs sont efficaces. C’est probablement vrai mais à force d’abuser de la tolérance de ceux qui endurent ces structures, les propriétaires étrangers ont tiré trop fort sur l’élastique et leur médiocrité leur a pété au visage, pour faire image.

    Et là, ils chialent… mais on ne les voit ni favoriser systématiquement l’affichage local ni améliorer (de manière significative) leur réseau pour en faire un « plus » pour un secteur et non, comme c’est le cas en ce moment, un coin perdu avec une grosse pancarte dessus.

    Plusieurs citoyens de Québec ont décidé que c’était le temps de reprendre le contrôle du paysage visuel de notre ville.

    C’est une initiative qui en vaut une autre.

    Reste à voir si une certaine ouverture à des formes d’affichages intéressantes et innovantes sera possible, afin d’éviter d’étouffer la créativité. Surtout s’il s’agit d’entreprises locales.

    Ce n’est pas parce qu’on a pas vu 20 panneaux avec des annonces de McDonald’s, de Rogers et du Club Med qu’on va avoir de la difficulté à dormir, le soir. Au contraire, on sera probablement plus serein et on aura moins l’impression d’être assaillis par des « messages punch » qui, au fond, n’ajoutent rien à la richesse de notre société.


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