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Le consentement des embryons humains

Voilà un peu plus de 21 ans que la Cour suprême du Canada a aboli les restrictions qu’imposait le Code criminel à l’avortement — le 28 janvier 1988 a été qualifié de « jeudi noir », par les pro-vie et à l’inverse, célébré par les pro-choix.

Concrètement, la Cour suprême avait déclaré inconstitutionnel l’article 251 du Code criminel qui rendait l’avortement illégal. Cette déclaration avait été surnommée « l’arrêt Morgentaler » et avait reçu, entre autre, l’appui des groupes féministes qui militaient pour le droit des femmes à contrôler leur reproduction.

C’est d’ailleurs en vertu du droit des femmes à disposer de leur corps et de leur droit à la liberté de conscience que la Cour suprême du Canada avait jugé illégale la criminalisation de l’avortement (jugement découlant du droit à la liberté garanti par l’article 7 de la Charte canadienne).

Le combat n’a jamais cessé, depuis, entre ceux qui veulent enchâsser les droits de l’embryon humain (le fÅ“tus) dans la loi canadienne et ceux qui, comme le Dr Henry Morgentaler, croient que les femmes doivent pouvoir choisir si elles veulent porter un enfant à terme, ou non.

Un an après le jugement Morgentaler, la Cour suprême, dans Tremblay c. Daigle, a de nouveau statué sur le droit à l’avortement en ne reconnaissant pas au père potentiel le droit d’empêcher l’avortement d’une femme dont il réclame la paternité de l’enfant à naître. La Cour s’est ainsi prononcée sur la nature du fÅ“tus comme n’étant pas un être humain au sens d’un enfant né vivant et viable.

Et c’est là que nous sommes rendus.

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper veut donner un statut juridique au fÅ“tus lorsqu’il est victime d’un acte criminel, comme lors du meurtre d’une mère enceinte. Les groupe féministes s’opposent à cette avancée juridique pour les pro-vie en prétextant que ça pourrait avoir des conséquences sur le droit des femmes à se faire avorter dans des clinique (ou des hôpitaux), comme c’est le cas maintenant.

Mais malgré toute cette controverse, les embryons humains n’ont toujours pas de droits.

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Alors qu’une personne plongée dans un coma depuis plusieurs années conserve le droit à la vie, un fÅ“tus de 8 mois et demi, lui, sera découpé en petits morceaux et aspiré directement depuis le ventre de sa mère (alors qu’il était bien vivant et en pleine santé) si cette dernière consent à l’intervention.

L’embryon humain, devenu fÅ“tus et presqu’enfant n’aura donc jamais eu son mot à dire.

Pire…

Il a été attaqué d’une manière tellement sauvage qu’il n’y a pas de mots justes pour décrire l’horreur qu’il a dû vivre, pendant une quinzaine de minutes, alors que l’avorteur l’assaillait à coups de scalpel pour lui découper ses petites jambes, ses bras, son corps et finalement, sa tête, pour l’aspirer… vivant.

Sérieusement, vous avez beau être féministe jusqu’aux oreilles, c’est carrément l’horreur.

Et un père qui se serait opposé à cette intervention n’aurait rien pu faire… rien.

Selon des estimés, il y aurait quelques 100,000 avortements annuellement, au Canada. En divisant ce chiffre par 365 jours, on obtient 274 enfants et si on divise par 24 heures, on obtient 11,4.

Ainsi, à chaque heure qui passe, il y aurait plus de 10 embryons et fÅ“tus (et bébés en pleine santé presque prêts à naitre) qui subiraient les assauts épouvantablement violents des avorteurs, avec le « consentement libre et éclairé » des mères qui, pour toutes sortes de raisons qu’il serait naïf de minimiser, acceptent que l’intervention ait lieu.

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Aujourd’hui, en 2009, moins de 20% des hôpitaux offrent la procédure d’avortement, en plus de 22 cliniques privées qui sont essentiellement situées dans les grandes villes. Il existe donc un grand nombre de responsables du milieu de la santé qui, à l’instar du Dr Morgentaler, ne sont pas interpelés par la nécessité de pratiquer des avortements, à part de rares cas d’exception.

Mais qu’importe la situation, la loi canadienne n’offre pas protection digne de ce nom à un fÅ“tus humain.

Ce qui devrait faire réfléchir davantage de personnes, c’est le fait que les espèces animales protégées (dans leur milieu naturel) profitent d’un cadre légal très strict qui assure leur pérénité alors que nos fÅ“tus humains ne bénéficient même pas de l’ombre de cette protection.

Tant qu’ils ne sont pas nés pour devenir une « personne à part entière », pleinement couverte par nos lois, le fÅ“tus demeure à la merci de sa mère (et non de son père car, dans les faits, il ne pourrait pas empêcher un avortement).

Si cette mère doit composer avec des problèmes plus ou moins graves, elle peut décider de mettre fin à sa grossesse via un avortement (pour environ 200$, le reste étant payé par l’État) et elle pourra reprendre sa « vie normale » — les pro-choix veulent justement protéger ce droit de choisir d’avoir l’enfant ou non.

Mais si le fœtus voulais vivre, lui?

Si ce petit être dont le cÅ“ur bat, blotti dans l’utérus de sa mère, désirait venir au monde et faire de grandes choses? Qui protège son droit à la vie? Pourquoi est-il laissé à lui-même lorsque sa mère choisit de le faire tuer… ou « avorter » (le résultat final étant exactement identique)?

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Plusieurs médecins ont dit que si les mères voyaient, de leurs yeux, ce que les avorteurs font au fÅ“tus (qu’elle sont censées protéger) pendant ces quinze longues minutes, elles n’auraient jamais recours à cette intervention. Elles choisiraient plutôt de garder l’enfant ou de le donner en adoption à de bons parents qui, eux, sont prêts à en prendre soin, pour la vie.

Et c’est un peu là aussi, le drame.

Les jeunes mères désemparées voient l’avortement comme un acte médical banal, à la limite. Personne ne leur explique, techniquement, comment le bébé sera gardé vivant mais torturé à mort, pendant 10, 15, 20 ou même 30 minutes, dépendant s’il se débat beaucoup… ou non.

S’il fallait qu’un seul vétérinaire euthanasie un chien en le découpant en morceaux avec son scalpel pour ensuite le garder vivant sur une table d’opération et lui aspirer, un à un, ses membres nouvellement sectionnés, tous les citoyens hurleraient au scandale, descendraient dans les rues et feraient un très mauvais parti au vétérinaire qui s’adonnerait à ce genre de pratique, le sourire aux lèvres.

Si les gens savaient que c’est ce qui arrive à plus de 10 bébés non-nés, à chaque heure, que se passerait-il?

Rien.

Si l’on se fie à ce qui se passe, en ce moment.

Pathétique, pas vrai?

Afin de donner une voix —toute petite, via ce blogue— aux embryons, aux fÅ“tus et aux bébés en pleine santé qui sont presqu’arrivés à terme, concernant l’avortement, ces êtres humains n’ont jamais donné leur consentement et s’ils savaient l’horreur sans nom qui les attend une fois que leur mère a « signé les documents », là, ils ne donneraient leur consentement sous aucun, mais là aucun, prétexte.

Et pourtant, malgré cette opposition automatique contre l’avortement, de la part du petit être humain apparemment condamné d’avance, des dizaines de milliers de mères donnent préséance à d’autres « priorités » et vont de l’avant avec l’avortement.

Si vous pensez que la mère est la seule à avoir du sang sur les mains, détrompez-vous!

Certes, les mères qui ont une conscience et qui ont avorté s’en rappelleront toute leur vie et souvent, le regretteront amèrement, allant même jusqu’à en faire des cauchemards pendant de nombreuses années mais voilà, elles ne sont pas les seules qui ont, en fin de compte, terminé la vie d’un petit être humain (une « chose », selon la loi canadienne).

Il y a l’entourrage de cette mère, à commencer par le père, parfois absent, souvent très mal informé. Un père qui peine à boucler le budget familial pourra avoir si peur des responsabilités qui accompagnent la venue d’un enfant qu’il en viendra à considérer l’avortement comme une solution à ses éventuels problèmes d’argent. Cette « fausse solution » n’est habituellement comprise par le père qu’une fois l’avortement passé. Un père, comme une mère, n’oublie jamais un avortement. Ça reste gravé à vie. Sauf pour ceux qui sont totalement inconscients, bien sûr.

Et après le père, il y a la famille, souvent terrorisée à l’idée de voir le plan de carrière de la jeune mère ou les ambitions du jeune père, ruinés (d’une façon ou d’une autre) par l’arrivée du bébé et qui, par amour aveugle pour leurs « grands enfants » préfèrent sacrifier une vie à venir, via un avortement.

Dans la vie, tout se justifie, apparemment.

Mais en ce qui a trait aux avortements, il semble que trop de gens soient mal informés et que de ce fait, ils finissent par réfléchir comme la loi canadienne, en n’accordant aucun « droit » au bébé qui, au fil des jours, se développe dans le ventre de sa mère.

Puisqu’on sait que ces bébés non-nés voudraient tous vivre, pourquoi les tue-t-on en si grand nombre?

Rappelez-vous, plus de 10 fÅ“tus sont tués dans d’épouvantables conditions de torture à chaque heure. Et après avoir lu cet article, vous continuerez à vaquer à vos occupations comme si rien n’était. Comme ça. Pffft!

La raison pour laquelle cette question est si sensible, c’est parce qu’en fin de compte, c’est toute la société, égocentrique et victime d’une manque cruel d’informations, qui se fait complice de ces infanticides en série.

Et ça, c’est dur à avaler.

Lorsque le doigt accusateur ne pointe plus seulement vers la mère, le père, la famille, l’avorteur et ses « aidants » mais bien vers nous tous, là, c’est plus « raide » et moins impersonnel, comme « problème ».

Il faut pourtant qu’il en soit ainsi pour que cesse la boucherie de nos bébés devant naitre.

Quelle société moderne, digne de ce nom, bien sûr, laisserait tomber ses mères enceintes? La nôtre, apparemment.

Alors qu’on vient de donner un « chèque de complaisance » de 3,3MM$ à GM et à Chrysler pour qu’ils continuent à faire des automobiles en Ontario, il n’existe même pas un fonds de quelques centaines de millions, au Canada, qui offrirait une aide monétaire directe aux jeunes mères enceintes qui en auraient besoin.

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Si un tel fonds existait, le nombre d’avortements, sur une base annuelle, pourrait diminuer à moins de 1,000 ou peut-être 2,000, au pays. Ce ne serait pas encore parfait mais on serait sur la bonne voie.

Imaginez, si un mère enceinte n’arrive plus, on lui dépose immédiatement 25,000$ dans son compte de banque et un autre 25,000$ quelques mois après la naissance du bébé, le tout, discrètement.

Les comptables seront heureux de se faire rappeler que le gros de ces subsides (imposables) reviendront presqu’entièrement dans les coffres de l’État en quelques années alors au final, il ne nous en couterait que des « peanuts » pour opérer ce programme.

Mais ce programme n’existe pas.

Et le support de la population en faveur des bébés non-nés ne semble pas encore assez fort.

Qui plus est, les jeunes mères qui n’arrivent plus à voir le bout de leurs problèmes (souvent financiers) ne voient plus clair et prennent les décisions qu’elles croient bonnes pour « tenter » de s’en sortir.

Alors, voilà.

C’est tout ça et juste ça.

Que vous soyez pour ou contre l’avortement, vous devriez prendre le temps de réfléchir au fait qu’une classe d’être humains, ceux qui ne sont pas encore nés, peuvent être torturés à mort sans aucune conséquence légale.

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Mine de rien, vous ne seriez peut-être pas là si, à l’époque où vous êtes né, votre mère avait pu aussi facilement avorter de vous. Et rien que pour ça, vous auriez intérêt à réfléchir au sort que vous réservez, en partie par votre indifférence, aux fÅ“tus qui, eux, ne donneraient jamais leur consentement aux avortements.

Pour que les bébés non-nés puissent naitre dignement.

Pour que les mères soient prises sous notre aile collective, concrètement et de manière décisive.

Pour que les pères fassent parti de toutes les décisions et qu’ils puissent assumer dignement leur rôle de père.

Pour une société qui s’assume et qui s’engage à protéger la vie humaine plus que tout.

Si vous êtes pour tout ça, allez chauffer les oreilles de vos députés parce qu’eux, ils n’ont aucune idée que c’est ce que vous pensez et leurs actions « Ã  la pièce », par leur inefficacité ronflante, continuent d’encourager les recours aux avortements — et ça, c’est inacceptable.

Merci d’avoir eu le courage de lire cet article, surtout pour ceux qui ont avorté d’un enfant. Nous avons l’occasion de faire mieux, pour l’avenir. Alors, faisons-le.

Pour l’amour de nos enfants.

Et des autres qui auraient pu l’être, n’eurent été des « circonstances »…

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2 réponses à “Le consentement des embryons humains”

  1. Marielle dit :

    Bonjour,

    J’ai trouvé votre article intéressant et véridique.

    Ayant connu l’avortement moi-même, je connais ses séquelles. Elles sont émotionnelles, physiques et ou médicales. Suite à cet avortement, il y a bien longtemps, je n’ai pas pu avoir d’enfant. Voilà une des séquelles et il y a toujours, je vous dis toujours, les séquelles émotionnelles.

    Si une personne vous dit qu’elle ne regrette pas son avortement c’est qu’elle le renie, ses émotions vont faire surface un jour, c’est garanti. Quelque chose va déclencher le souvenir et croyez-moi, la femme ou la jeune fille en souffre toujours.

    Si vous n’avez pas eu de commentaires ou de réponses à votre article, c’est que les femmes qui n’ont pas été guéries de l’avortement ne parleront pas, ça fait trop mal et la plupart le regrettent. Elles ont honte et se sentent coupables.

    Merci pour votre article.

  2. Ankou dit :

    Bonjour.

    Excusez moi mais je ne connais pas les lois en vigueur au Canada, mais en France le délais légal pour l’avortement est de 12 semaines de grossesse. Or à ce stade l’embryon fait 2.5cm, on est loin du foetus de 8 mois et demie découpé au scalpel…

    De plus en France toujours, une anesthésie est effectuée, sur la mère ET sur le foetus, donc même si celui-ci est tué vivant, il est anesthésié pendant l’opération.

    Mais encore une fois, j’ignore les lois en vigueur au Canada. Je n’ai pas trouvé d’information concernant des délais légaux.


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