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À votre avis, les Québécois comprennent-ils la valeur des ressources qui se trouvent sur le territoire et qui —en théorie— leur appartiennent?
La réponse est simple: non, les Québécois ne réalisent PAS la valeur de ce qui se trouve sous leur nez, ici-même, au Québec.
Après l’eau (qui appartient en quasi-exclusivité à des transnationales étrangères comme Pepsi, Danone, Perrier et Coke), les forêts (qui appartiennent, elles-aussi, à des transnationales étrangères comme AbitibiBowater et Boise Cascade) et les mines (avec des étrangers comme Mines Agnico-Eagle, ArcelorMittal Mines, BHP Billiton, CMAC-Thyssen, Corporation minière Inmet et des dizaines d’autres) qui appartiennent à des intérêts étrangers —sans que les Québécois ne s’en préoccupent— c’est clair que nous n’avons pas compris ce que « les autres », eux, ont très bien compris.
Et il serait temps qu’on se réveille.
Prenez l’eau, par exemple. Saviez-vous que sur plus de 400-quelques puits commerciaux, au Québec, aucun d’entre-eux n’appartient (à 100%) à des Québécois (non-financés par des intérêts étrangers)?
C’est dingue, non?
Comment se fait-il que les Québécois soient trop distraits pour se rendre compte que l’eau qui jaillit naturellement de centaines de sources naturelles, d’un bout à l’autre de la province, ait une valeur commerciale?
Alors que des millions de Québécois travaillent comme des chiens, tout près du salaire minimum, des transnationales étrangères viennent ici, achètent nos plus beaux puits d’eau de source et font de l’argent… comme de l’eau!
Hey!
C’est NOTRE coin du monde et nous ne sommes même pas capables d’en vivre!
Il faut que notre jeunesse aille travailler dans des Wal-Mart et des Home Depot parce que nos adultes d’hier et d’aujourd’hui étaient trop occupés à débattre de futilités pour [prendre le temps de] comprendre l’importance de conserver notre patrimoine.
Et là, on se demande pourquoi le Québec s’endette.
Ben quin…
C’est clair: on laisse les ÉTRANGERS contrôler NOS ressources.
Est-ce que ça va prendre un dessin pour que les Québécois comprennent que ce sont « les autres » qui s’enrichissent sur notre dos?
Ne comptez pas sur les « grands médias » pour révéler aux Québécois qu’ils vivent au beau milieu d’un Eldorado des ressources naturelles, ben non, c’est plus important de les laisser perdre leur temps à militer pour un nouveau Colisée, à Québec et pleurer sur le sort d’Halak, à Montréal. Sigh…
Et l’uranium, dans tout ça?
Vous avez suivi le combat des citoyens de Sept-Îles contre les géants de l’uranium qui veulent s’établir dans leur région pour y extraire de l’U3o8 (le fameux uranium « yellowcake ») et bien, c’est vrai qu’il s’agit d’un combat inégal.
D’un côté, vous avez des citoyens qui ne veulent pas devoir composer avec les déchets radioactifs —inévitables— qui accompagnent les activités minières et de l’autre, des compagnies comme Uracan qui arrivent, les poches pleines et l’intention ferme de transformer les quelques 1,000 km carrés qu’ils possèdent (pour l’exploration et ensuite, l’extraction) en machine à fric.
Elle est grosse comment, cette machine à fric?
Et bien, considérez ce qui suit.
Tout d’abord, le prix de l’uranium U3o8 se situe, en date du 18 juin 2010, à 40,75$:

Ensuite, Uracan a annoncé ce qui suit, le 10 mai 2010 (je sais, c’est un peu technique):
Vancouver, Canada – Uracan Resources Ltd. (la « compagnie ») a le plaisir d’annoncer qu’elle a terminé une nouvelle estimation de ressources présumées conforme à la Norme canadienne 43-101 sur la zone Double S de la propriété d’uranium de 1 000 km2 qu’elle détient au Québec.
À une teneur de coupure de 0,001 %, la zone minéralisée contient 81,464 millions de tonnes à une teneur moyenne de 0,013 % U3O8 renfermant 10,516 millions de kilogrammes (23,185 millions de livres) de U3O8.
Prenons maintenant le prix de l’uranium (passablement stable, merci) et multiplions-le par les fameuses 23,185 millions de livres qu’Uracan entend extraire du sous-sol, près de Sept-Îles.
Savez-vous combien ça donne?
Tenez-vous bien: 944,788,750$ — en clair: 944 millions de dollars ou tout près d’un MILLIARD de dollars.
Autre petit point important: ils n’ont exploré que 5,5% de la propriété (soit 55 km carrés).
Au total, c’est probablement plus proche d’un montant de 20 MILLIARDS de dollars qui sera généré par l’extraction de l’uranium de la « North Shore Property » (ça ne parle pas de Sept-Îles… en fait, le nom fait référence à LEUR propriété et au diable les résidents de Sept-Îles qui habitent près de LEUR coffre aux trésors).
Imaginez-vous à quel point Uracan est spectaculairement bien financée pour DÉMOLIR toute opposition à son « projet », en sol Québécois. Pensez-vous, un seul instant, que les résidents de Sept-Îles ont une chance, devant un tel géant?
C’est Yvan Loubier, un ancien député du Bloc québécois rendu chez National qui doit rire dans sa barbe, en tant que lobbyiste pour Uracan — on ne peut présumer de sa fibre morale mais son association de circonstance avec une compagnie étrangère qui extrait de l’uranium en dit long sur ce qu’il pense des Québécois, en général. Seriez-vous à l’aise de « vendre » le plaisir d’habiter près d’une mine d’uranium sans éclater de rire au visage des imbéciles qui vous croient? Sérieusement…
Voici un court extrait de ce qu’Yvan Loubier a déclaré, le 17 juin 2010:
« [...] l’exploration uranifère en Minganie n’entraîne aucun risque pour la santé ou l’environnement [...]«
Est-ce que vous voyez comment c’est pervers?
Yvan Loubier parle d’exploration et non d’extraction.
C’est vraiment un bon lobbyiste mais quiconque a un cerveau voit au travers de ces entourloupettes verbales et comprends que l’exploration finira, un jour, pour faire place à la vraiment sale besogne: l’extraction.
Et là, ça va « teinter le discours » parce qu’il ne sera plus possible de jouer sur les mots. Il est d’ailleurs impossible d’extraire de l’uranium sans risquer de perdre le contrôle sur une partie plus ou moins importante de matériel radioactif (dans le sol, dans l’air et dans l’eau).
Souhaitons à Yvan Loubier de ne pas se trouver dans le secteur de Sept-Îles lorsque l’extraction va avoir lieu. On peut se douter qu’il se trouvera des « obligations » ailleurs — aussi loin que possible de cette source naturelle de radiations mortelles, à ciel ouvert.
Enfin bref, revenons à moutons: le fric.
Celui qu’Uracan a hâte de collecter, en vendant l’uranium U3O8 qui se trouve, apparemment, dans le sous-sol québécois, sur la Côte-Nord.
Pensez-y, un milliard de dollar —collectés par des administrateurs à Vancouver pour le profit de leurs actionnaires, probablement établis très loin de Sept-Îles. C’est clair qu’ils n’ont pas vraiment d’intérêt à dire au « locaux » ce qu’est vraiment un déchet radioactif et le fait qu’une fois que le proverbial génie est sorti de la bouteille, il est IMPOSSIBLE de l’y remettre.
Au fait, est-ce que vous savez, au moins, les noms de ceux qui comptent s’enrichir, chez Uracan, en « exploitant » les terres que notre « bon gouvernement » leur a alloué, à un jet de pierre de Sept-Îles?
Non?
Vous ne connaissez pas ces braves Britanno-Colombiens et bien, les voici:
Et tout ce beau monde fait appel à Gowling Lafleur Henderson LLP en tant que « Fondé de pouvoir », au Québec. Youppi!
On voit à quel point ce sont des gens « gentils comme petits nounours » avec les « gentils partenaires » qu’ils ont embauché, au Québec. Ça respire la bonne humeur, avec des « exécutants » pratiquant soit le droit commercial, soit le lobbyisme!
On s’imagine très bien le « gentil » Gordon Keep qui rassure les siens en leur disant qu’il a embauché Yvan Loubier pour jouer sur les mots, en son nom, au Québec. Et le pire, c’est que les Québécois sont tellement inconscients de ce qui se passe, sur leur propre territoire, qu’ils finiront sûrement par trouver ça « cool » qu’Uracan explore librement —notre— Côte-Nord afin de s’enrichir, unilatéralement, avec la pleine bénédiction de notre « bon gouvernement » québécois.
Ça n’a aucun sens de voir les Québécois s’à-plat-ventrir servilement de la sorte mais bon, il va apparemment falloir s’y habituer parce qu’entre une coupe du monde de soccer et la « p’tite frette sur le bord de la piscine », le Québécois-moyen n’a plus suffisamment de temps pour réfléchir à ce qui se passe, chez-lui, pendant qu’il ne surveille pas son arrière-cour.
Au fond, nos médecins n’ont pas vraiment le droit de s’exprimer —surtout lorsqu’ils rompent avec la belle chorale du Collège des médecins du Québec— mais ils ne sont pas les seuls, les citoyens, non-plus, n’ont pas le droit de refuser la venue de mines d’uranium près de chez-eux… parlez-en à Yvan Loubier, il va vous faire voir « le bon côté » de l’uranium!
Économiquement parlant, l’uranium, c’est payant.
À tous les autres points de vue, c’est absolument épouvantable.
Gordon Keep a beau être un millionnaire ambitieux, Gowling Lafleur Henderson a beau avoir, dans ses rangs, certains des plus brilliants avocats du Québec et Yvan Loubier a beau être un sympathique personnage, à un moment donné, il faut se regarder dans le miroir et se demander ce qu’on est en train de faire: extraire de l’uranium U3O8 (« yellowcake« ).
Il faut y penser deux fois plutôt qu’une avant de relâcher, dans notre environnement, un potentiel radioactif tel qu’il pourrait modifier, pour le pire, le monde dans lequel nous vivons.
S’il y a un « problème » de la magnitude du déversement (qui est à plus de 70 jours consécutifs) dans le Golfe du Mexique, par BP, est-ce que les Gowling Lafleur Henderson et les Yvan Loubier vont être capables de contribuer à « dédommager » le Québec, en entier, après s’être enrichis grâce à la « business » de l’extraction d’uranium? Pourront-ils ramener les morts, irradiés, à la vie? Il faut se poser la question maintenant parce que ces gens vont faire beaucoup d’argent à nous faire croire que l’uranium n’est pas si méchant que ça et qu’au fond, c’est tellement bon pour l’économie (?) qu’il serait bête de s’en passer (même si ce n’est vraiment payant que pour les gens de Vancouver).
Mais bon, il faut se dire que tout le monde veut ce qu’il y a de mieux.
C’est la prémisse de base.
Le problème, c’est qu’au moindre problème avec les épouvantables radiations de l’uranium U3O8, le party est TER-MI-NÉ.
Un fois que les radiations se sont infiltrées dans l’environnement ou dans la population humaine, les dommages vont se poursuivre sur des milliers, voire des millions d’années (selon le niveau de radioactivité du l’uranium).
La vérité, c’est que tous les avocats du monde, aussi méchants et mesquins puissent-ils être, mourront d’une surexposition à des particules radioactives qui auraient eu la mauvaise idée de fausser compagnie aux éventuels joyeux travailleurs d’Uracan.
La vérité, c’est qu’un million de lobbyistes grassement payés tomberaient comme des mouches advenant une catastrophe comme une explosion de dynamite dans une mine où le minerais est déjà hautement radioactif (BP nous a prouvé que même l’impensable peut se produire alors il faut arrêter de penser que les catastrophes n’arrivent pas).
La vérité, c’est que le BAPE va TOUT approuver pour Uracan parce que les citoyens de Sept-Îles ne pèsent pas assez lourd dans la balance.
Le mieux, ce serait de déménager Outrement ou Westmount à Sept-Îles pour que nos riches industrialistes et politiciens québécois aient les retombées radioactives dans leur salon et là, il y aurait une « volonté politique » pour modifier le cours des choses mais comme c’est parti, c’est clair que le combat des citoyens contre Uracan rappelle celui de David contre Goliath.
Pourquoi cette histoire de mine d’uranium concerne-t-elle les gens de Québec?
Parce que la radioactivité, ça voyage.
Et oui, pas besoin de passeport pour traverser les frontières lorsqu’on est une particule radioactive. Il suffit de se laisser porter par les sols liquéfiés sur les berges puis, par l’eau ou l’air. Et grâce aux courants et aux vents, les particules radioactives peuvent prendre toutes sortes de directions.
Si ça finit par toucher Québec, n’attendez pas des « gentils avocats » qu’il aillent ramasser les particules radioactives pour nous éviter de se faire bousiller l’ADN, gratis (même pas besoin de radiothérapie).
Est-ce exagéré, cette façon de présenter les choses?
Oui.
Un peu.
Mais pas tant que ça.
Que les minières étrangères exploitent l’or et les diamants du sous-sol québécois, c’est une chose. Au moins, on ne risque pas d’en mourir, directement (à moins de déguster un cocktail de cyanure) mais pour l’uranium, c’est totalement différent.
Heureusement que les gens de Sept-Îles refusent de se faire endormir par les propos sirupeux d’Yvan Loubier.
Le Québec au complet doit prendre acte de ce que fait Uracan, sur le territoire québécois. Si ça fait notre affaire, tant mieux. Si non, il faudrait y voir, maintenant.
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