Les automobilistes qui circulent sur les autoroutes de Québec doivent désormais partir plus tôt pour arriver à temps à leur destination parce qu’un simple accrochage peut dégénérer en méga-bouchon de circulation.

Il faut dire qu’avec la montée importante du flot de circulation sur les autoroutes de Québec, les accidents arrivent plus souvent.

Les milliers d’automobiles qui accélèrent, qui freinent et qui font des chassés-croisés aux entrées et sorties d’autoroutes veulent éviter les accidents mais quand la circulation est trop dense, l’inévitable finit par arriver… plus souvent.

Et quand un accident se produit, ça bloque une ou plusieurs voies et même si le flot de circulation se redirige sur la ou les voies restantes, ça circule très lentement. Tout le monde aime comprendre ce qui s’est passé alors en passant doucement à côté de l’accident, ça donne le temps de voir, de première main, l’accident qui a eu lieu.

Ainsi, avant qu’une intervention de la police puisse avoir lieu pour avertir et diriger le flot de circulation, le bouchon a amplement de temps pour se former, souvent sur plusieurs kilomètres… avec les problèmes que ça engendre pour des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes!

Le problème n’ira qu’en empirant. Notre réseau routier n’est pas sur le point d’être amélioré et la circulation ne fait qu’augmenter. Il nous faut penser à des solutions.

Est-ce que ça prendra davantage de dépanneuses? Comme rien de significatif ne sera amélioré au niveau du réseau routier, devra-t-on simplement s’en remettre à un service de dépanneuses amélioré? C’est comme appliquer un pansement sur la plaie au lieu de guérir le mal, à la base de la proverbiale hémorragie mais c’est peut-être la seule « solution » qu’on peut collectivement se payer, faute d’améliorer la « performance » de nos routes, prises d’assaut par des flots sans fin de véhicules, surtout aux heures de pointe.

On aurait beau avoir plus de surveillance policière, ça prend surtout des dépanneuses pour dégager —aussi rapidement que possible— les voies de circulation. Dans les cas plus lourds, ça prend évidemment des ambulanciers et des pompiers mais à la base, tant que la voie n’est pas dégagée, à l’aide d’une dépanneuse, le flot de circulation demeure sévèrement perturbé.

Combien d’automobilistes quittent la maison pour se rendre au travail, chaque matin de semaine, en se gardant un bon tampon de 15 ou 20 minutes supplémentaires et arrivent quand même en retard? Dans une ville de la taille de Québec, ce genre de situation ne devrait pas se produire aussi fréquemment. Personne ne veut faire d’accident mais ça arrive et ça affecte les accidentés, dans un premier temps et tous les automobilistes qui souhaitent emprunter le même chemin, à ce moment.

Avant, on disait que la circulation était facile à Québec alors qu’à Montréal, par exemple, c’était bien pire. Aujourd’hui, la circulation à Québec n’est clairement plus aussi facile alors si on ajoute les risques accrus d’accidents, on comprend pourquoi les problèmes de circulation dans la région ne sont pas sur le point de disparaître.

Individuellement, on doit constamment être plus vigilants pour éviter un accrochage, au milieu de flots presque sans fin de véhicules mais collectivement, nous devons voir à rappeler à nos gouvernements qu’en acceptant de densifier nos villes et villages, il faut demeurer cohérent en élargissant nos routes et en améliorant la configuration du réseau.

On retrouve le même genre de problème de croissance de réseau dans les aqueducs, les égouts, le réseau électrique, la desserte de fibre optique et dans tous les cas, la mise-à-niveau des infrastructures ne suit absolument pas la demande. C’est lorsqu’un problème survient qu’on se rend compte du laisser-aller et c’est la même chose avec le réseau routier, lorsque survienne ces accidents qui étranglent les flots de circulation.

La ville de Québec pourrait explorer des solutions comme le recours massif au télétravail ou des heures plus variées de début et de fin de journée de travail pour davantage de travailleurs. Le recours au co-voiturage aussi pourrait aider mais c’est plus difficile en raison des parcours parfois compliqués des parents qui doivent passer à l’école avant et après leur travail, en plus d’aller faire les courses et parer aux imprévus familiaux.

Le mieux serait encore d’améliorer le réseau routier pour répondre aux flots plus importants de circulation de véhicules mais comme ça coûterait (apparemment) trop cher, on endure notre réseau inadéquat en célébrant de petites mises-à-niveau, ça et là. Ça ne permet pas d’aller plus vite mais c’est présenté comme une « amélioration ». Pas plus vite mais plus beau!

Devant l’évidence des importants besoins en matière de circulation automobile, à Québec et dans ses environs, il faut se demander si, pour l’avenir de notre réseau routier, nous avons les moyens de nous ambitions.

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