Avec le dépôt des conclusions de l’étude de faisabilité par le professeur de l’École polytechnique de Montréal, Bruno Massicotte, le mardi 13 septembre 2016, tout le monde parle du troisième lien entre la rive-nord et la rive-sud.

Cette étude avait été commandée au professeur Massicotte à l’automne dernier (2015) par le ministère des Transports. Conclusion? La construction d’un tunnel reliant Québec et Lévis dans le secteur de la pointe ouest de l’île d’Orléans serait « faisable techniquement » mais attention, les coûts de construction s’élèveraient à 4MM$.

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Les automobilistes de la grande région de Québec ont de quoi être surpris d’une évaluation si élevée mais il se trouve déjà des experts pour rappeler que la construction pourrait ne pas pouvoir commencer avant une quinzaine d’années et en ce sens, la facture en dollars de 2030 pourrait être salée, ne serait-ce que par le jeu « normal » de l’inflation, d’ici là.

Ainsi, tout le monde s’entend sur l’importance d’un troisième lien parce que le réseau routier aux abords des pont est complètement débordé, aux heures de pointe du matin et du retour à la maison (et à bien d’autres moments, en raison de l’effet de concentration de la circulation nord-sud). Malgré ce consensus évalué à plus de 90% pour la construction d’un troisième lien —probablement un tunnel, si l’on se fie à l’étude du professeur Massicotte— on comprend qu’il va falloir trouver d’autres solutions pour désengorger notre réseau routier parce que le troisième lien risque d’arriver tellement tard qu’avec la croissance actuelle de la région de Québec, il faudra probablement un quatrième lien, rendu en 2030.

En mode solution

Nous avons un réseau autoroutier qui pourrait être bonifié, pas nécessairement en élargissant les voies mais en ajoutant des sorties, des entrées et des viaducs pour éviter que des points de congestion ne se forment.

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Au lieu de mettre des limites de vitesses ridiculement basses partout, il faut plutôt viser à augmenter la fluidité des courses, notamment en permettant aux véhicules de dépasser de 30% les limites actuelles afin de « suivre le trafic ».

Dans le même ordre d’idée, il faut cesser de pénaliser les automobilistes qui vont un peu trop vite et commencer à pénaliser (au moins tout autant) ceux qui ne vont pas assez vite et qui forcent les véhicules derrière eux à les dépasser, multipliant les situations dangereuses ou encore, qui forcent des ralentissements graduels, derrière eux. Dans les deux scénarios, ces « lambins au volant » mettent leur vie et celle des autres en danger, sans jamais se faire embêter par la police. Il faut que ça change.

Imaginez des autoroutes avec des accès plus nombreux, permettant de vider plus rapidement les zones de congestion et répartir plus d’automobiles dans les routes périphériques aux autoroutes. Ajoutez une directive claire de fluidité de la circulation et des pénalités pour les lambins et on vient d’améliorer le portrait routier de Québec et de Lévis.

Le génie au travail

Mais pourquoi s’arrêter là?

Au fond, le problème de nos réseaux routiers, c’est qu’ils sont incapables de soutenir les heures de pointe.

Réglons le problème en variant les heures de travail.

Les horaires devraient être aménagés avec toute la flexibilité nécessaire pour que ceux qui le veuillent puissent —sans aucune pénalité— commencer plus tôt ou plus tard.

S’il faut modifier les horaires d’ouvertures des magasins ou des écoles, qu’on le fasse. La formule actuelle ne fonctionne pas et frustre tout le monde.

À cette mesure de flexibilité des horaires, il faudrait ajouter un virage massif de télétravail. Vous avez bien lu. Si le travail a lieu devant un ordinateur, tous les efforts doivent être déployés pour garder l’employé à la maison.

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Au besoin, les télétravailleurs peuvent passer « au bureau » en journée mais comme il n’y aura pas beaucoup de circulation à l’heure où ils s’y rendront, il y aura bien moins de perte de temps.

En jouant avec les horaires des centaines de milliers de travailleurs, ainsi qu’avec leur lieu de travail, on désengorge la totalité du réseau routier.

Sauver des milliards de dollars

Il y a moyen de régler presque tous nos problèmes de circulation, à Québec et à Lévis et si on utilise un peu notre cocologie et qu’on y met de la bonne volonté, ça fonctionnera pour tout le monde et on épargnera des milliards de dollars.

Au Québec, on se saigne à blanc, pour les routes. Elles ne durent pas et elles sont continuellement surchargées. Il faut changer notre formule et penser autrement.

Pour ça, il faut envoyer un signal clair aux élus que la situation actuelle ne peut plus durer et qu’ils doivent utiliser leur pouvoir législatif pour favoriser un usage plus intelligent de nos « ressources routières » en commençant par analyser les problématiques, autrement.

Nous pouvons y arriver sans se vider les poches dans un troisième lien mais pour ça, il faut avoir le courage de se mobiliser pour autre chose que l’enrichissement unilatéral du lobby de la construction routière.