Vous voulez former un couple? Vivre à deux? Dans la même demeure?

C’est encore possible mais joyeusement plus compliqué parce que les temps ont changé et aussi bien les hommes que les femmes ont une vie tellement riche en travail, en amis et en activités qu’investir sérieusement dans une relation tient presque de la science fiction.

Il faut en rire mais de plus en plus d’adultes divorcés, souvent avec des enfants qui essaient de refaire leur vie ont plutôt le goût de pleurer.

Pourquoi?

Parce qu’entre le rêve de vivre à deux et la réalité où les individus se créent une réalité de célibataire mur-à-mur, c’est la réalité qui l’emporte, trop souvent.

Le rêve d’une vie à deux, il faut se le dire, semble figé dans un imaginaire collectif passé.

Heureux

Même si une majorité d’adultes séparés ou divorcés, avec des enfants, disent être incapables de trouver le temps ou la force de se trouver une nouvelle flamme « pour du sérieux », ils sont quand même heureux.

C’est clair qu’en étant seul, avec ou sans enfants, ça ouvre des possibilités pour des modèles relationnels comme les semi-couples, où chacun a sa maison et sa vie mais où il y a des moments « en commun ». Pour d’autres, c’est un modèle d’amis, avec bénéfices. Avec ou sans exclusivité, ces couples « soft » se livrent l’un à l’autre lorsqu’ils se voient mais en général, s’oublient lorsqu’ils ne se voient pas.

Ce genre de relation peut inclure de l’amour authentique mais souvent, on remarque davantage la convenance pour palier aux besoins physiques.

Pour le reste de la vie, il y a le travail, les amis et les activités.

Asymétrique

Au Québec, les adultes sont assez riches pour faire ce qu’ils veulent.

Les hommes travaillent et les femmes aussi.

Le cash rentre à pleines portes, aux deux semaines.

Des voyages dans le Sud et de belles voitures. Aucun problème pour ces adultes qui, même s’ils rêvent parfois d’une relation à deux, avec une signature plus « traditionnelle », se laissent plutôt charmer par les avantages des relations asymétriques.

Pour un homme, ça peut être une relation plus régulière avec une copine de convenance qui ne pose pas trop de questions et la chasse aux femmes « ouvertes d’esprit », via les sites de rencontre.

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Et ça fait bien l’affaire des femmes qui rencontrent des hommes avenants qui ne trainent pas dans le lit après le feu d’artifice. Ça devient comme commander une pizza, à domicile. Mais là, c’est un homme pour la soirée.

Les femmes ont désormais une indépendance totale, au plan financier. Rares sont celles qui en arrachent assez pour se demander si une relation à deux ne serait pas mieux pour avoir un niveau de vie plus enviable. Elles ont déjà tout ce qu’elles veulent alors pourquoi s’embêteraient-elles d’un homme?

Et de toute façon, les maisons sont tellement petites (ou mal pensées, pour une grande famille) que l’arrivée d’un homme divorcé avec ses enfants (avec ou sans garde partagée régulière) forcera le déménagement dans une autre demeure et là, c’est tellement devenu une étape coûteuse et complexe que la relation est techniquement morte avant même d’avoir eu une chance sérieuse de s’épanouir.

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Ça rend les hommes et les femmes infiniment plus « stratégiques » dans leur sélection de leur douce moitié.

Qu’importe le scénario qu’un célibataire s’imagine, au plan amoureux, il y a toujours la logistique que ça implique.

Au-delà de l’amour et son très agréable coup de foudre, il y a tous ces autres facteurs qui viennent qualifier celui ou celle qui aurait, normalement, fait chavirer notre cœur, pour vrai.

  • L’argent (ou la différence de revenu)
  • La distance
  • Les disponibilités
  • Les intérêts
  • Le désir de s’impliquer, sérieusement

Tous ces facteurs ont un effet tout aussi important, dans la plupart des cas que l’amour qui est mutuellement ressenti.

Avec l’internet, les couples peuvent être initiés à distance mais quand la réalité se pointe le bout du nez, ça ne fonctionne plus. Ajoutez les autres facteurs qui ajoutent à la difficulté de former un couple et on comprend pourquoi les célibataires sont légion, au Québec.

Gardes partagées

On a un peu parlé des enfants mais dans la vie, c’est un gigantesque casse-tête parce que dans le cas des gardes partagées, les enfants doivent fréquenter la même école, qu’ils soient avec papa ou maman ce qui force les « ex » à rester près, les uns des autres.

Même chose avec l’ex # 1 et l’ex # 2.

Si ces deux « ex » veulent se fréquenter mais habitent deux villes différentes, ça devient logistiquement impossible.

Si l’ex # 1 déménage sur le territoire de l’ex # 2, il peut envoyer ses enfants à l’école sur ce nouveau territoire mais ça ne fera généralement pas l’affaire de l’ex de l’ex # 1. Vous me suivez?

Ainsi, les séparations et divorces avec enfants expliquent, en bonne partie, pourquoi les Québécois n’ont plus la bougeotte, le 1er juillet. C’est devenu vraiment difficile de « bouger ».

Mais bon, les enfants, c’est absolument merveilleux. Il faut le dire. C’est juste que d’imaginer refaire sa vie, avec des enfants et un ou une « ex », c’est de la haute voltige, pour ainsi dire!

L’avenir

Ce qui devrait préoccuper à peu près tous les adultes, incluant ceux qui sont en couples, c’est que les couples, socialement, c’est « out« .

Plus on se connecte électroniquement, plus on s’éloigne, en vrai.

Ce n’est pas rare qu’un homme va chatter avec sa conjointe, via Facebook, lorsqu’ils sont dans la même maison. C’est une sorte de walkie-talkie moderne mais en même temps, ça montre qu’entre les gens, il y a de plus en plus « un écran », avec un océan d’opportunités pour « connecter » avec d’autres personnes qui peuvent constituer une menace pour le couple.

Vous me voyez venir?

Monsieur a sa petite relation secrète « on the side » après ses matches de hockey, derrière l’aréna, avant de revenir à la maison et madame qui se dit épuisée, se paie une semaine à Cuba pour aller y rejoindre un collègue de travail d’une autre ville pour une « semaine de rêve », ni vu, ni connu.

Certes, les menteurs et les manipulateurs se méritent mais les humains sont si habiles dans ces disciplines qu’ils se créent des vies alternatives même si leur vie principale est censée les combler de bonheur.

Alors au-delà de ceux et celles qui se séparent et se divorcent et qui n’arrivent plus à se reconstruire une « vie à deux », il y a tous ces Québécois qui jouent discrètement dans des « réalités alternatives » toxiques pour leur couple.

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Demandez à n’importe quelle (belle) femme qui s’est inscrite dans un site de rencontre et elle vous le confirmera, environ 90% des hommes qui veulent lui parler sont en couples. C’est juste dingue. Certains hommes prétendent être dans une « relation ouverte », « basée sur le respect » mais en grattant un peu, les femmes courtisées découvrent vite qu’elle ne sont que « la saveur du jour » pour ces hommes. Mais devinez quoi? Les femmes finissent souvent par dire « oui » à ces avances. Faute d’amour, les femmes se contentent de sensations fortes. Et pourquoi pas? Si ça les rend heureuses!

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État des lieux

On en est là, avec une société québécoise…

  • Individualiste
  • Hédoniste
  • Égoïste
  • Isolée (souvent, de plein gré)
  • Sans réelle volonté de vivre à deux

Alors ça donne ce qu’on observe, sur le terrain.

Sans dire que le modèle traditionnel n’a que des avantages, il a permis de faciliter la fondation de familles qui, dans la plupart des cas, offrent un cadre de développement plutôt enviable, pour les enfants.

Amour, argent, complicité et plans communs alimentent les histoire à succès des couples mais quand les adultes québécois ont le portefeuille qui déborde et des contacts faciles, à la dernière seconde, via des sites web de rencontres, pourquoi faire l’effort de vivre à deux?

Il ne faut évidemment pas trop s’en faire.

La nature ayant horreur du vide, les hommes et les femmes vont probablement se tanner de cette grande vacuité émotionnelle.

On peut s’imaginer que les adultes qui ont fait le tour de la cour verront la plus value de la vie à deux et se rangeront pour vivre pleinement cette expérience qui sera peut-être, un peu, réinventée, au fil du temps.

Et vous, croyez-vous que les couples durables, dévoués et fidèles sont plus faciles à former, aujourd’hui, pour des adultes séparés ou divorcés?