Chaque été, alors que l’école n’accueille plus les enfants, la majorité des parents québécois qui ont des enfants décident de confier ceux-ci à des camps.

Ces camps, opérés par les villes où des opérateurs privés, organisent des activités durant la journée ce qui permet aux enfants de se divertir, certes mais surtout —et par-dessus tout— aux parents de travailler.

Aucun de ces camps n’est gratuit, à part quelques exceptions ayant prévu des dérogations pour des raisons humanitaires.

Ainsi, les parents du Québec puisent dans leurs économies pour payer des tiers qui auront la charge de veiller au bien-être de leurs enfants durant l’été, dans des « camps de jour ». Voilà une situation que l’on ne retrouvait pas à l’époque des campagnes car il y a quelques décennies, les grands-parents s’occupaient des enfants pendant que les parents s’occupaient des affaires courantes, comme aller au champ ou opérer un commerce.

En 2010, la majorité de la population québécoise vit en ville.

Tout a changé mais est-ce un changement pour le mieux? Est-ce ça, le « progrès »? Des parents qui obéissent au doigt et à l’œil de la classe dirigeante pendant que les enfants sont confinés, de manière obligée, dans des camps?

Un enfant qui se rend au camp de jour permet à ses parents de « contribuer » à l’économie, via l’apport de la pleine mesure de son travail. Mais est-ce vraiment le modèle le plus sage, au plan social? À quoi nous sert de gagner plus d’argent si la plus-value monétaire obtenue sert de prétexte pour éloigner les membres des familles, les uns des autres? Sommes-nous sur Terre pour gagner plus d’argent ou pour veiller sur nos enfants? Un peu des deux, assurément mais si vous regardez autour de vous, vous constaterez que les enfants ne s’amusent plus dans vos rues, en journée car ils sont à peu près tous concentrés dans des… camps.

Ça devient presque surréaliste de voir les parents se dépêcher à aller porter leurs enfants, aussi tôt que possible, dans les camps de jour, pour se rendre au travail « à l’heure ». Qui gagne, dans ce « petit manège »? Les parents? Les enfants? Les employeurs? La société? Qui?

En plus de ces considérations passablement fondamentales, il faut se demander si nous ne sommes pas en train d’être domestiqués.

Oui, domestiqués.

Je m’explique.

Il fut une époque où ce qui comptait le plus, c’était la famille.

Aujourd’hui, ce qui compte le plus, c’est l’argent. Certains politiciens plus habiles avec les mots continuent à donner l’impression que la famille a de l’importance mais tout est fait, en société, pour briser les familles:

  • la domination du fameux « mode de vie épicurien » où la satisfaction de tous les caprices personnels doit être immédiate mais où le sacrifice et la vision à long terme pour favoriser le développement de ses proches (dans les familles rapprochées et élargies) sont dépeints comme « passés »;
  • les logements sont sans cesse plus petits;
  • les véhicules sont plus petits;
  • l’école à la maison n’est pas encouragée comme elle se doit (alors qu’elle devrait l’être);
  • le travail de « mère à la maison » (ou de père) n’est plus valorisé (c’est d’ailleurs souvent présenté comme un « épisode temporaire » avant de « revenir sur le marché du travail », ce qui est à la fois condescendant et suggestif);
  • le divertissement télévisuel célèbre les modes de vie alternatifs… « tout sauf une famille » et lorsque celle-ci est montrée, c’est généralement pour en exacerber les « problèmes »;
  • l’amour véritable, celui qui implique le don de soi et la solidarité mutuelle à vie, a été remplacé par la glorification des amourettes, des aventures et du libertinage à outrance ce qui entraîne des moments de bonheur à très court terme mais trop souvent, des troubles de vie (pour soi et les autres), à long terme;
  • la politique, pour sa part, se fait quasi-unilatéralement en fonction des « individus » et non des familles (à savoir, la promotion, aussi discrète que possible, de la disparition systématique des droits des familles).

Et ainsi de suite…

Les tables des restaurants qui peinent à accueillir des familles de cinq (5) personnes et plus, la diminution des espaces verts (où les enfants peuvent jouer, en toute sécurité) dans les milieux urbains et combien d’autres exemples: au moment où la famille traverse une période noire (peinturée de « rose-fake », par les « grands médias »), est-ce que le fait d’aller confier nos enfants à des tiers —aussi gentils soient-ils— ne constitue pas une sorte de domestication?

Comme pour du bétail, des pénalités (plus ou moins directes) existent pour les parents qui résistent à l’appel des « camps de jour » à savoir qu’en gardant avec eux leurs enfants, ils sont nécessairement moins productifs que ceux qui n’en ont pas, à leur charge, durant « les heures normales d’affaires ». Moins d’argent, en 2010, c’est une « punition » extrêmement sévère. Ça signifie de devoir éventuellement recourir à l’endettement (souvent, via des cartes de crédit) et donc, ça pousse le parent —et toute sa famille— vers la pauvreté ou même, l’indigence.

Comme personne ne veut en arriver là, plusieurs parents se disent qu’il vaut mieux « payer pour placer » les enfants dans des « camps de jour » plutôt que de risquer de voir le ménage sombrer, au plan financier… avec toutes les conséquences que ça suppose.

Ainsi, pour la plupart des Québécois, c’est…

  • papa à son travail (à un bout de la ville);
  • maman à son travail (à l’autre bout de la ville);
  • les grands-parents en CHSLD ou en résidences privées, d’autres types de « camps », bien plus immersifs, ceux-là (sous « surveillance » 24 heures par jour);
  • les enfants (durant l’été) en garderie ou dans des « camps de jour » ou bien, les reste de l’année, à l’école (un « camp » où la propagande a été pré-approuvée par une poignée de fonctionnaires aux intérêts nébuleux);
  • les personnes handicapées, physiquement ou intellectuellement (même légèrement), dans des « centres de soins de longue durée » ou des établissements hospitaliers.

Et vogue la galère.

Tout le monde dans son coin.

Isolés les uns des autres, on peut se demander comment on peut encore prétendre défendre un tissu social fort mais comme toute cette introduction graduelle de la logique des « camps » dans notre société a lieu sous le couvert favorable de la « solidarité sociale », ce serait difficile de s’en plaindre, non?

Au fond, nous payons pour que cette société de « camps », pour les uns et pour les autres, puisse s’établir et croître.

N’y aurait-il pas une autre façon de penser notre société où les parents pourraient —au moins— passer une saison par année, disons l’été, avec leurs enfants (ou très près d’eux, même durant le jour)?

Est-ce que la société québécoise s’avoue incapable de s’occuper de ses enfants dans un contexte authentiquement familial? Est-ce qu’il faut vraiment en arriver à… des « camps »?

Soyons réalistes.

Il y a de bonnes personnes partout autour de nous. Des adolescents qui font un travail génial dans les camps de jour et des enfants qui s’y amusent vraiment. Tout n’est pas noir mais il faut se poser la question sur la pertinence de la généralisation de ces « camps » parce que ce n’est pas rose, non-plus.

Le matin, le midi comme le soir, il y a des milliers d’enfants, parfois aussi jeunes que 5 ans, qui pleurent le fait que leurs parents ne sont pas là pour eux… qu’ils sont « au travail ». Ces enfants se demandent, à juste titre, pourquoi l’argent vaut plus, aux yeux de leurs parents, que le simple fait de passer du temps « de qualité », le jour, avec eux.

C’est très valable, comme question?

Sauriez-vous —vraiment— quoi répondre?

En tant que société, il faut prendre un moment pour se poser des questions parce que les parents veulent ce qu’il y a de mieux pour les enfants mais là, si les camps ne reflètent pas notre vision des choses, à qui ce cirque (qui a lieu jusqu’à 7 jours par semaine) profite-t-il?

Sérieusement, chers Amis, si vous avez déjà eu le cœur en morceaux en laissant vos enfants, le matin, dans des « camps de jour », vous savez qu’il existe une situation qui ne fonctionne peut-être pas à votre avantage, ni à celui de vos enfants mais bien pour quelqu’un d’autre, quelqu’un qui a avantage à vous garder dans un état émotionnel plus fragile qui facilite la domestication parce qu’après tout, aux yeux des riches et des puissants, si vous êtes prêts à payer pour vous débarrasser de vos enfants pour « gagner » un poignée de billets verts, vous êtes diablement plus faciles à manipuler que vous n’aimeriez le laisser croire.

Enfin bref, la vérité se trouve probablement à mi-chemin entre ce qui se fait de mieux dans ces « camps de jour » et les plus beaux segments de votre fibre morale mais en vous posant déjà la question sur la dynamique des camps, vous saurez peut-être mieux trouver les mots pour expliquer à vos enfants pourquoi vous les forcez à se séparer de vous, pour le plus clair de leur enfance.

Le gouvernement n’a RIEN fait pour véritablement aider les familles depuis les cinquante (50) dernières années alors il ne faudra surtout pas compter sur les « rouages du pouvoir » pour se sortir d’une situation « tout le monde dans son coin » qui, selon de nombreux parents, paraît ruineuse sur plusieurs plans.

Pour terminer ce billet, soulignons que les parents qui sont dignes de ce titre aiment leurs enfants plus que tout au monde et c’est la raison pour laquelle ils trouvent la force de remettre en question l’ordre établi, même lorsque l’État prétend que « tout va bien ».

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