C’est aujourd’hui, le jeudi 22 octobre 2015 que notre ministre libéral de l’Agriculture, Pierre Paradis a fait savoir aux Québécois qu’il voulait lutter contre l’usage des pesticides, dans nos champs.

On s’entend, la saison des récoltes est passée et c’est assurément un effort pour éviter que la saison des semis 2016 ne soit aussi « polluée de pesticides » que 2015 mais c’est une très grosse annonce parce que Pierre Paradis a désigné, par son nom, le proverbial éléphant dans la pièce, à savoir Monsanto, sur les ondes de la radio privée 98,5 (à l’émission de Paul Arcand): « Ils sont encore plus puissants que le gouvernement du Québec« , a-t-il dit, en parlant des compagnies de pesticides comme « Monsanto et les autres de ce genre » (il parlait surement de Cargill, Bunge et DuPont, pour ne nommer que les « gros joueurs »).

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Toute l’entrevue radiophonique est intéressante mais le segment sur Monsanto donne une proportion importante à l’affaire parce que Pierre Paradis vient de nommer clairement un des grands responsables du recours aux pesticides dans notre agriculture québécoise.

Il va de soi que le Québec ne peut plus permettre qu’une compagnie toute-puissante, comme Monsanto, contrôle la nourriture qui pousse dans nos champs en imposant ses semences aux agriculteurs et en polluant, au passage, notre environnement avec ses pesticides (en l’occurrence, le glyphosate, dans environ 50% de nos cultures). Monsanto contrôle tellement ses marchés qu’il en est rendu à breveter des aliments!

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Nous sommes tous des victimes de ce recours croissant aux pesticides, autant au niveau des prix qui sont fortement influencés par Monsanto qu’au chapitre de la santé des agriculteurs, au premier chef et de toute la population qui consomme des aliments —souvent transgéniques (OGM)— ayant été aspergés de pesticides.

Le plus ironique, c’est que lors de l’épandage des pesticides sur les champs où auront lieu les récoltes, des directives strictes doivent être observées pour les agriculteurs qui doivent porter des combinaisons spéciales pour ne pas être exposés aux pesticides mais plus tard, ces mêmes pesticides persistent jusque dans nos assiettes et là, à part le fait de laver les aliments (ce qui ne fonctionne pas toujours si bien que ça), nous n’avons plus de protection.

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard ne peut plus laisser aller cette inquiétante situation où le recours aux pesticides est devenu « la nouvelle normale », en agriculture et si Pierre Paradis part en guerre contre l’hégémonie de Monsanto, des millions de Québécois allumés et craintifs des effets de ces pesticides l’appuieront dans sa lutte.

Il était vraiment temps qu’un ministre de l’agriculture s’attaque, de front, à l’énorme problème des pesticides.

D’autres ont essayé de manière différente, avant lui mais on connait l’intellect et la fougue de Pierre Paradis, suffisamment pour se douter qu’il va mener sa lutte, jusqu’au bout, pour le plus grand bénéfice des Québécois.

Les agriculteurs font face à une énorme pression, provenant notamment de nos accords et traités alors ça prend le gouvernement pour combattre la montée en force des pesticides, dans nos champs.

Essentiellement, le Québec doit miser sur l’agriculture biologique, l’achat local et de saison pour réduire sa dépendance malsaine aux pesticides. Il semble que Pierre Paradis ait compris ce paradigme dans lequel il faut s’inclure mais il y a aussi son collègue à l’environnement, David Heurtel, qui est invité à cesser d’être permissif avec Monsanto. Le temps où Monsanto pouvait régner en roi et maître sur notre agriculture aurait-il sonné?

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Pour l’instant, on a du rattrapage à faire sur l’Ontario alors Pierre Paradis va aller rencontrer son homologue, dans cette province, afin de mieux combattre la montée du recours aux pesticides, au Québec.

Un des outils à la disposition de Pierre Paradis est le recours à un étiquetage clair où le consommateur pourra choisir son produit, en toute connaissance de cause. Par exemple, les consommateurs qui verraient qu’un produit est un organisme génétiquement modifié (OGM), pourraient décider de ne pas l’acheter, principalement pour protéger leur santé.

Le Québec n’a pas avancé depuis des années, même si on est (pour la plupart) conscients des dangers des pesticides.

Il est grand temps de s’opposer à cette folie agricole de toujours épandre plus de pesticides dont les effets sur l’environnement sont bien réels (par exemple, avec les néonicotinoïdes sur nos populations d’abeilles).

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Souhaitons que cette lutte sera menée de manière transparente afin que les Québécois puissent suivre la saga qui s’annonce.

Monsanto ne se laissera pas déloger de sa position dominante dans le marché des pesticides mais au Québec, nous devons envoyer le message, très clair, que notre santé n’a pas de prix et que leurs pesticides ne sont pas sans conséquences, sur celle-ci.

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