On croyait avoir tout vu dans l’affaire de Sam Hamad et Premier Tech mais voici un rebondissement qui démontre, encore une fois, toute l’arrogance de la classe politique libérale, envers les contribuables.

Voilà que Sam Hamad se retire de ses fonctions de ministre, le temps que le commissaire à l’éthique fasse son enquête (juste un petit détail, c’est un commissaire sans pouvoir, c’est important de le préciser).

Et vous voulez la meilleure?

Sam Hamad se retire, en pleine controverse qui le place au centre d’un scandale de trafic d’influence, en lien avec l’entreprise Premier Tech, de Rivière-du-Loup, avec sa PLEINE COMPENSATION SALARIALE.

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Ça fait penser à un banal congé de maladie, aux frais des contribuables, évidemment.

Voici ce qu’en pense Bernard Drainville, du Parti québécois:

Retrait de Sam Hamad: un congé de maladie, toutes dépenses payées!

Pour Philippe Couillard, le retrait du conseil des ministres de Sam Hamad s’apparente à un congé maladie!

Et ce aux frais des contribuables québécois.

Car Sam Hamad conserve tous ses privilèges et sa rémunération de ministre!

La limousine et la paye de ministre… sans faire là job de ministre!!!

En somme, des vacances toutes dépenses payées!!

Quant à nous, on n’a pas changé d’idée: Sam Hamad doit non seulement être écarté du conseil des ministres mais également du caucus du Parti libéral du Québec.

Et vu la gravité des faits et l’apparence de trafic d’influence, nous du Parti Québécois, souhaitons également que l’UPAC se saisisse de l’affaire.

Tandis que Sam Hamad a décidé d’aller se reposer, aux frais des contribuables, ce serait peut-être le bon moment pour l’UPAC d’investiguer ses liens avec EBR Informatique, non?

Pourquoi se limiter à Premier Tech?

Pourquoi ne pas profiter de ce « retrait avec pleine compensation » pour explorer tous les liens que Sam Hamad a entretenu avec des entreprises qui gravitaient dans son écosystème politique.

Tant qu’à faire…

Mais bon, on comprend qu’à ce moment-ci, l’enquête du commissaire à l’éthique va se limiter aux allégations de trafic d’influence, avec Premier Tech qui a reçu des largesses financières exceptionnelles, à l’époque où Sam Hamad dit n’avoir rien à se reprocher, réfutant (encore) tout lien avec les faits divulgués à l’émission Enquête, à Radio-Canada.

Par communiqué, Sam Hamad a déclaré « Je ne peux accepter que ce genre de reportage, fondé sur des amalgames non vérifiés, entache ma réputation et remette en question l’honnêteté avec laquelle j’exerce mes fonctions depuis toujours« , utilisant, une fois de plus le mot favori du PLQ, soit le mot « amalgame » que les contribuables sont pas mal tannés de voir.

Pour Sam Hamad, toute cette histoire ne serait qu’une affaire d’amalgames.

Et ces amalgames ne seraient pas vérifiés.

Ça avait l’air solide à l’émission Enquête mais s’il a une lecture différente de la situation, qu’il arrête de se cacher (avec son gros salaire, à ne rien faire) et qu’il s’explique convenablement aux contribuables québécois.

Mais il ne le fera pas.

Rappelons que le commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale a annoncé vendredi qu’il se pencherait sur les révélations de l’émission Enquête au sujet de M. Hamad, montrant l’accès privilégié dont a bénéficié Marc-Yvan Côté auprès de lui alors qu’il était ministre au sein du gouvernement de Jean Charest.

Spin médiatique libéral

On voit déjà la grosse machine à spin médiatique du PLQ qui tente de préfère tout nier que de demander à Sam Hamad de se mettre à table pour livrer la pleine mesure de sa version des faits.

Même Philippe Couillard a cru bon ajouter « J’ai confiance en Sam Hamad. Ma confiance en lui n’est pas diminuée par les évènements des derniers jours » ce qui donne l’impression qu’il compense pour la relative vacuité des propos du ministre Hamad qui, rappelons-le, a travaillé à son investiture comme chef du PLQ, en 2013 et 2014.

Philippe Couillard serait-il en train de faire de l’aveuglement volontaire, en ce qui a trait à Sam Hamad?

Comme on l’a souvent entendu à propos des liens qui unissent les Libéraux et leurs collaborateurs, « un chum c’est un chum »!

Et là, Sam Hamad qui a été « un bon Libéral » et bien, c’est un « chum ».

La suite

Selon Philippe Couillard, il n’y aura pas de remaniement ministériel. Le chef libéral devrait toutefois annoncer, sous peu, à qui les responsabilités du (toujours) ministre Hamad seront transférées.

On comprend que Sam Hamad gardera son PLEIN SALAIRE et que ça forcera les contribuables à payer quelqu’un d’autre, en double, pour le travail qu’il ne fera pas. Encore une fois, Sam Hamad s’en lave les mains et remet le fardeau de son salaire sur les épaules des contribuables québécois.

Méchante belle situation, quand même!

Qui a une job aussi payante que la sienne où il garderait son plein salaire advenant de sérieuses allégations de trafic d’influence?

Surement pas vous! En fait, presque personne n’a ce genre de sécurité d’emploi. Pour un travailleur commun, ce serait une mise-à-pied rapide, sans compensation. Mais pour un « chum » comme Sam Hamad, là, c’est bien différent. Surtout que ce sont les contribuables qui paient, pourquoi pas se gâter?

Conflit d’intérêt?

En tant que président du Conseil du trésor, Sam Hamad doit, en théorie, s’attaquer à la corruption, notamment celle qui aurait eu cours dans le contexte d’un trafic d’influence.

Pour rappeler le contexte, selon l’émission Enquête, des courriels démontrent que Sam Hamad était « une source d’information stratégique » et qu’il faisait avancer, au gouvernement libéral de Jean Charest, les dossiers de Marc-Yvan Côté, alors vice-président du C. A. de Premier Tech, une entreprise en quête de subventions. Quant à Marc-Yvan Côté, il s’activait pour récolter du financement politique.

Vous voyez le portrait?

Malgré le sérieux de ces allégations, Philippe Couillard a précisé que Sam Hamad conserverait son statut parce qu’il n’a pas été reconnu coupable, à savoir que, selon lui « C’est un peu comme la situation d’un ministre qui serait absent pour maladie, comme Mme (Lise) Thériault récemment » alors en gros, pour le premier ministre, la maladie et l’intégrité, c’est pas mal apparenté. Bernard Drainville ne voit évidemment les choses aussi « rose bonbon ».

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M. Drainville va plus loin et croit, quant à lui, que l’UPAC doit se saisir du dossier. « Depuis quand le premier ministre était-il au courant? Le bureau du premier ministre sait-il des choses qu’on ne sait pas? » et sérieusement, ce sont d’excellentes questions.

On veut des réponses.

Ça presse!

On est en train de payer le train de vie luxueux de Sam Hamad pendant qu’il parle d’amalgames prétendument non vérifiés. Ce mot que les Québécois aiment tant…

Qui dit vrai?

Difficile à dire.

C’est l’UPAC qui aurait le pouvoir de nous en dire plus mais il y a comme un mur invisible qui semble les empêcher de faire toute la lumière sur cette affaire de trafic d’influence.

Philippe Couillard aurait-il secrètement pris entente avec l’UPAC pour qu’elle évite d’enquêter sur cette affaire? Disons que ce n’est pas normal que l’UPAC soit si silencieuse au moment-même où elle devrait se manifester, pour enquêter.

Alors on en est là, avec Sam Hamad qui va pouvoir s’amuser pendant ses « vacances payées » et vous qui devrez travailler pour l’entretenir, dans sa vie de privilégié (le même gars qui essaie de coincer les plus pauvres de notre société qui, lui, vit très bien avec ses indécents privilèges de ministre).

Avouons que ce spectaculaire traitement de faveur pour Sam Hamad envoie un très mauvais message aux contribuables, à propos de la classe politique libérale.

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