Gaétan Gagné, le Président et chef de la direction d’Aéroport de Québec inc., depuis février 2010, doit être vraiment heureux de savoir qu’il aura son centre de prédédouanement.

On ne sait pas encore quand mais on peut penser que ça pourra s’inscrire dans les travaux qui ont cours, en ce moment, dans le contexte du projet YQB 2018.

Il faut rappeler qu’Aéroport de Québec, inc. est la compagnie qui opère l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec depuis sa privatisation en 2000.

Ainsi, ça fait une quinzaine d’années que le centre de prédédouanement américain est anticipé, pour favoriser la croissance de l’aéroport et surtout, pour faciliter la vie des voyageurs qui embarquent à destination des États-Unis puisqu’ayant été prédédouanés ici, il n’auront pas à faire la file, souvent pendant des heures, une fois arrivés, aux États-Unis.

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Pour ceux qui voyagent en avion, c’est connu que les douanes peuvent être vraiment longues à passer. Même si les avions qui arrivent de Québec sont plutôt poids plume, ceux qui arrivent de Dubai, de Paris ou de Londres, eux, sont gigantesques et débarquent des centaines de passagers. Si vous ne sortez pas assez vite de votre avion, ils sont devant vous dans la file et eux, contrairement aux Canadiens pour lesquels il y a un bon roulement, doivent satisfaire à critères d’admission plus stricts, de la part des douaniers américains. C’est comme ça que ça finit par prendre des heures pour passer aux douanes.

Les aéroports américains préfèrent évidemment des avions de passagers pré-dédouanés puisque ça enlève énormément de pression sur leurs propres douaniers, surtout dans les grandes villes de connexion, comme New York, Philadelphie, Newark et Chicago.

Quand?

Le problème est un peu là.

Même si depuis Washington, Justin Trudeau a profité de sa visite officielle à la Maison Blanche pour confirmer qu’il avait conclu un accord avec le président Barack Obama pour que les frontières entre les deux pays soient plus ouvertes et plus sécuritaires, il n’a pas mentionné de dates.

Québec fait partie d’une liste assez courte de villes retenues pour un centre de prédédouanement américain et ça pourrait contribuer à attirer plus de compagnies aériennes qui offriraient des liaisons vers les États-Unis.

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Peut-être qu’avec un centre de prédédouanement américain ici, à Québec, il y aura plus de voyageurs intéressés à aller aux États-Unis, aussi. Un peu comme à Montréal, depuis plusieurs années, prédédouaner au Québec veut dire qu’un voyage aux États-Unis devient aussi simple qu’un vol intérieur, au Canada.

Les détails

Avec un coût estimé à 35M$, le centre de prédédouanement américain sera vraisemblablement annexé à la nouvelle zone internationale actuellement en construction et pourrait devenir opérationnel dans 18 mois, selon ce qu’a déclaré le président d’Aéroport de Québec inc., Gaëtan Gagné.

Une hausse du trafic est anticipée, vers les États-Unis, à hauteur de 200 000 passagers de plus par année (pour un total de 600 000), à partir de Québec. Les  retombées annuelles, quant à elles, seraient évaluées à 75M$.

Pas surprenant que la communauté d’affaires de Québec reçoive avec enthousiasme cette nouvelle annonce qui était espérée, depuis longtemps.

Un élément rarement évoqué est que les avions en partance de Québec ne seront plus obligés d’atterrir dans les grands aéroports américains où il y a des services de douane. Ils pourront atterrir où ils veulent parce que les passagers auront déjà été dédouanés. Ça signifie que l’offre de vols en partance de Québec pourrait non-seulement être plus abondante mais bien plus variée, aussi.

Effet sur le prix des vols?

Il y a encore bien des questions qui n’ont pas été répondues à propos des frais qu’engendrent des installations de prédédouanement, à Québec.

On sait que les salaires des employés américains qui s’occupent du prédédouanement sont aux frais du gouvernement fédéral (Canada) et donc, il serait logique que ces nouveaux frais soient ajoutés aux frais que doivent payer les passagers.

Puisque la construction et l’opération des centres de prédédouanement sont à la charge du pays hôte, il faut comprendre que c’est un peu le Canada qui fait un cadeau aux États-Unis et non l’inverse.

En prédédouanant nos propres passagers à Québec, à nos frais, on désengorge leurs aéroports, aux États-Unis, en suivant toutes leurs règles de sécurité.

Il faut avouer que c’est quand même particulier de payer ici mais au final, si ça améliore le service pour les passagers, on y retrouve une certaine logique.

Au plan strictement économique, on constate que l’austérité n’a pas vraiment d’impact sur cette annonce. Le gouvernement fédéral de Justin Trudeau a ouvert les vannes du financement, quitte à ajouter ça au déficit qu’il avait promis, pour se faire élire, il y a quelques mois.

Au moment de publier ce billet, il y a 3 vols réguliers vers les États-Unis, soit deux CRJ 700/900 et un Embraer 145. Donc, au plus 200 personnes dans la journée, au complet. On ne parle pas encore de ras-de-marée de voyageurs mais bon, ça constitue une base qui pourrait augmenter, avec le temps.

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Bravo aux bâtisseurs qui ont voulu ce projet et aux citoyens qui se sont fait entendre pour que l’argent vienne à Québec, au lieu d’aller à Vancouver.

Pour une fois que l’argent qu’on envoie au fédéral revienne à Québec pour un projet structurant, aussi bien en profiter.

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