L’an 2025, c’est encore loin.

Dans un peu moins de 16 ans, pour être exact.

Au colloque Affaires Vision 2025, les membres en règle de la petite clique qui gravite autour des trois chambres de commerce de la région (Québec, Jeune Chambre et Lévis) sont venus se présenter comme des visionnaires qui savaient, eux, ce dont a besoin Québec pour se réinventer.

Selon eux, l’évènement est un succès. C’est sûrement vrai.

Ça ressemblait plus à une “grosse séance de lobbying affaires-politiques” mais bon, assumons, pour un instant, que ce n’était pas le cas et qu’il s’agissait d’un rassemblement “naïvement créatif” ayant à cœur les véritables besoins des citoyens et non ceux des “visionnaires” qui cherchent, directement ou non, à obtenir des subsides publiques (études de faisabilité et autres).

Ce qui ressort des travaux de cette élite économique auto-proclâmée ressemble à un “trip de pelleteux de nuages” qui préfèrent ne PAS s’embarrasser du COÛT de leurs projets. Il y avait évidemment de bonne idées, dans le lot mais gare aux pauvres citoyens qui devraient, advenant leur confirmation, essuyer les factures pour les réaliser.

Parmi les projets discutés, voici ceux dont on a le plus parlé…

  • Un train électrique aérien entre les deux rives
    • Il s’agirait d’un réseau intégré de tramways et de train électrique aérien qui relierait les deux rives. Préparez-vous à endetter les générations futures pour l’éternité tellement un projet de cette envergure nous coûterait cher.Qui plus est, dans 16 ans, on en sera rendus aux hologrammes informatisés et aux univers virtuels immersifs alors on peut penser que plusieurs travailleurs demeureront à domicile pour leur travail ou encore, une partie de leur travail, ce qui modifiera considérablement les besoins en matière de transport urbain.En plus, les résidences seront probablement munies de systèmes de production d’énergie qui alimenteront des véhicules électriques pour les déplacements de proximité (genre Segway) et des véhicules plus spacieux pour les déplacements métropolitains ou inter-villes.On peut aussi penser qu’en 2025, les véhicules se conduiront, dans une large mesure, par eux-mêmes. Si les autobus fonctionnent de manière autonome (bien que monitorés à distance) et que leur alimentation est électrique (avec des systèmes d’alimentation plus sophistiqués qu’aujourd’hui), quelle sera l’utilité d’un train électrique aérien, inflexible et limité, comparé aux autobus “automatisés”?

      Et le tramway, on s’entend que ça fait un bail que la Chambre de commerce de Québec rivalise d’ingéniosité pour nous le faire avaler… même si on dit NON à chaque fois.

  • Les Jeux olympiques pour 2022
    • Ça, c’est apparemment un des rêves de Jean Charest. Il vient de perdre 40MM$ avec la Caisse de dépôt et déjà, il s’empresse de nous enligner sur une autre catastrophe financière quasi-assurée.Notre PM a dit “Moi, je pense que la ville de Québec est LA ville au monde pour recevoir les Jeux olympiques d’hiver et mon souhait est qu’on se mobilise pour aller chercher les Jeux” — il demeure cependant conscient que ça pourrait être un échec, comme en 2002. Une chance qu’il lui reste une once de lucidité!Avec son “rêve” de Jeux olympiques, Jean Charest fait penser au radotage péquiste sur la tenue d’une quantité illimitée de référendums sur la souveraineté, lorsqu’il dit “Peut-être que ça ne se réalisera pas au prochain essai mais on y arrivera éventuellement”. C’est ce genre de paroles creuses qui mine la crédibilité de nos politiciens. “On y arrivera éventuellement”… non, mais! Est-ce qu’on peut mettre nos efforts ailleurs, question de réussir ce qu’on entreprend?Et les Olympiques, en 2022, ce sera tellement DISPENDIEUX que les niveaux d’endettements d’Athènes ou de Vancouver nous sembleront être du “pocket change” comparé à la dette astronomique qu’on ajoutera sur le dos de NOS ENFANTS pour “accueillir le monde” dans notre ville.

      Tant mieux pour ceux qui veulent que leur compte de taxes double, pour payer pour les Jeux. Grand bien leur en fasse. Ça leur fera un gros “party” d’une semaine, aux frais des générations futures.

      C’est quand même dingue, le même PM qui a coupé dans la fréquence (et la durée) des cours d’éducation physique pour nos jeunes (à raison de quelques misérables minutes par semaine) veut se faire valoir comme un amant des sports d’élite. Ça en dit long sur le personnage…

      Et Marcel Aubut, le gars qui a décidé de vendre les Nordiques —symbole de notre fierté régionale, à l’époque— pour s’enrichir rapidement et qui dirige désormais le Comité olympique canadien, on en parlera même pas!

  • La porte de l’entrée de l’Europe, en 2025
    • Ça aussi, c’est un rêve de Jean Charest, comme quoi il a le temps (et les moyens) de rêver, lui!Selon Charest, en 2025, la fonction publique sera toujours une base solide de la structure économique régionale mais il sera également possible de compter sur la recherche et les services.Remarquez, au passage, que Charest ne parle pas du secteur manufacturier ou des bureaux-chefs qui devraient pourtant, en théorie, faire partie de chacun de ses discours. Enfin bref…Toujours selon notre PM, Québec sert actuellement d’exemple partout dans le monde puisque tout lui réussit et se réalise. Pardon? Le maire Labeaume vient d’empêcher la construction d’une tour de 20 étages (il l’a ramené, de force, à 17) pour ne pas compromettre le développement de SON projet-chouchou, la NeuroCité dans le secteur d’Estimauville, à l’autre extrémité de la ville — c’est que le monde entier veut émuler. Voyons donc! Encore de belles paroles.

      Que nous soyons une porte d’entrée pour l’Europe, pourquoi pas? Ce qu’il faut éviter, c’est de servir de proverbial tapis d’entrée où les succursales se multiplient mais où les bureaux-chefs ne s’installent jamais. Il faut que la richesse reste ici. Il faut éviter de n’être qu’une banale plaque tournante.

      Dans l’enchevêtrement de rêves de notre PM, ce n’est pas clair ce qu’il entrevoit comme avantage concret pour Québec de devenir une porte d’entrée de l’Europe, à part des vols plus fréquents à l’aéroport.

Parmi les autres idées, il y avait l’implantation d’une cité éducative, un quartier St-Roch (chouchou du maire Labeaume et de son mentor, le maire Lallier) plus habité, très animé et décloisonné (afin d’unifier les volets affaires, culture et éducation de la région).

Il y a eu aussi l’idée d’un système multilingue “souple” qui viendrait également favoriser l’expansion de la Capitale-nationale et un retour sur l’idée d’installer un terminal intermodal, au Port de Québec.

Via le web, on retrouve beaucoup d’idées vagues mais très peu de détails.

Qu’importe, le fruit de ces réflexions sera soumis aux autorités et aux décideurs. Comme si 200 quelques personnes supposément rangés derrière une douzaine de “visionnaires” pouvaient dicter la voie de l’avenir à une population dépassant largement le demi-million (et probablement aux alentours du million, en 2025).

Sans grande surprise, une “table de concertation” a été formée pour faire valoir ces propositions auprès des organismes concernés. En tant que citoyen qui devra payer pour ces lubies, ça ressemble à du lobbying, en bonne et due forme.

Sérieusement, on voudrait tous se réjouir de voir que des visionnaires veulent améliorer Québec mais force est d’admettre que c’est passablement faible, côté créativité. Et pour le prix de tous ces “plus” à notre ville, les idéateurs n’en parlent pas.

Pour éviter des crises de cœur aux citoyens de la région, souvent étouffés par leur compte de taxes haussier, c’est probablement mieux ainsi.

En terminant, un beau BRAVO à tous ceux qui se donnent la peine de “réinventer” notre ville mais de grâce, pensez à des choses réalistes et en lien avec les VRAIS BESOINS des gens.

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