Partout au Québec, l’Affaire Sam Hamad fait réagir et Agnès Maltais, lors de la séance du mardi 5 avril 2016, en a profité pour tirer, à boulets rouges, sur le député de Louis-Hébert, Sam Hamad qui, incidemment, n’était même pas présent, en Chambre, pour répondre à la députée péquiste.

C’est principalement le chien de garde libéral, Jean-Marc Fournier, député de St-Laurent et leader parlementaire libéral qui a répondu aux attaques d’Agnès Maltais mais ce n’était vraiment pas convaincant.

Où était Sam Hamad?

Il était en Floride! À Naples, à son luxueux condo, juste à côté d’un riche club de golf.

Et oui, on voudrait inventer ce scénario pour un film qu’on penserait que c’est exagéré mais pour Sam Hamad, c’est juste une autre journée en tant que ministre qui se sauve dans le Sud, avec son plein salaire!

Voici un extrait de l’échange qui a eu lieu entre Agnés Maltais du PQ et Jean-Marc Fournier du PLQ, à l’Assemblée nationale, deux jours avant “le retour” de Sam Hamad qui a dû recevoir un appel joyeusement musclé du bureau du premier ministre, Philippe Couillard.

 

«Les Québécois et les Québécoises se sentent insultés, leur tolérance est à -15 sous zéro pendant que leur ministre se prélasse dans le sud.»

Posté par Agnès Maltais sur 5 avril 2016

Absence temporaire du député de Louis-Hébert

Mme Agnès Maltais

Mme Maltais : M. le Président, on connaît le Club Med des fonctionnaires, mais maintenant le premier ministre a inventé le Club Med des ministres libéraux. Alors, le ministre de Louis-Hébert a zéro responsabilité ministérielle, mais le premier ministre lui conserve, en plus de son salaire de député, son bonus de 68 800 $, chauffeur inclus. Alors, ce n’est pas lui qui va payer son gaz, qui va faire changer ses pneus d’hiver, le pauvre homme, ce sera aux frais des contribuables. Le bout du bout : au lieu de faire son travail de député, il s’en va en vacances en Floride.

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Le Commissaire à l’éthique a déclenché une enquête sur un ministre, et ce ministre s’en va jouer au golf en Floride. Il aurait dû se rendre entièrement disponible pour répondre aux questions du commissaire à la minute où l’enquête a été déclenchée. Fuir en Floride, c’est rire des Québécois. Seule l’immense grogne populaire, à l’évidence, le fait revenir jeudi.

Pourquoi le premier ministre a-t-il accepté que son ministre de Louis-Hébert parte dans le Sud alors que de graves allégations pesaient contre lui? Pourquoi a-t-il pris cette décision, accepté ce geste?

Le Président : M. le leader du gouvernement.

M. Jean-Marc Fournier

M. Fournier : Il est vrai qu’il y a des allégations. Par contre, de la part de l’opposition, c’est une déclaration de culpabilité à laquelle on assiste aujourd’hui, M. le Président. C’est deux choses différentes. À l’égard des allégations, il était là vendredi dernier, il a répondu aux médias sur ces questions-là. Il sera de retour cette semaine pour répondre aux médias et être en mesure de participer à l’ensemble des enquêtes que le Commissaire à l’éthique doit tenir. Et, si d’aventure, demain matin, le Commissaire à l’éthique le demandait, il y serait. Il a lui-même indiqué au Commissaire à l’éthique qu’il voulait pouvoir offrir sa version des faits dans le cadre de notre code d’éthique. 

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Alors, une fois qu’on regarde les faits de cette façon-là, on est obligés de se remettre à ce que je disais tantôt aux journalistes, à savoir que, derrière tout ça, quand vous avez une personne qui a beau faire de la politique, mais qui est une personne humaine, qui considère que les allégations et les déclarations de culpabilité à laquelle on assiste viennent directement le blesser alors qu’il sait, dans son for intérieur — c’est ce qu’il dit — qu’il n’a pas cette culpabilité, il est bien possible qu’il soit effectivement blessé, qu’il ait besoin d’un peu de temps pour se remettre. Il ne fuit rien, il sera ici cette semaine, il était là vendredi dernier, M. le Président.

Le Président : En terminant.

M. Fournier : On pourrait avoir un peu de respect pour les personnes aussi.

Le Président : Première complémentaire, Mme la députée de Taschereau.

Mme Agnès Maltais

Mme Maltais : Le leader défend l’indéfendable. Si un chômeur s’en va dans le Sud, on lui coupe ses prestations. Mais un ministre libéral sous enquête qui se prélasse en Floride, il garde son salaire, il n’y a pas de problème. Il y a quelques minutes, le premier ministre a même parlé de dévouement. Du dévouement, aller se prélasser dans le Sud, jouer au golf, pendant qu’on est sous enquête du Commissaire à l’éthique, du DGE et… rajoutons-en, c’est le premier ministre qui a autorisé ça.

Pourquoi est-ce que le premier ministre n’a-t-il pas rappelé immédiatement son ministre quand il a appris qu’il était en Floride?

Le Président : M. le leader du gouvernement.

M. Jean-Marc Fournier

M. Fournier : Il était ici vendredi dernier, il sera ici cette semaine, M. le Président. Il a lui-même demandé de pouvoir avoir cette affaire étudiée par le Commissaire à l’éthique. Il est entièrement disponible pour le Commissaire à l’éthique. Je ne vois pas vraiment ce que je peux rajouter d’autre, M. le Président.

Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taschereau.

Mme Agnès Maltais

Mme Maltais : Écoutez, M. le Président, il y a 125 députés ici aujourd’hui ou à peu près. L’Assemblée siège. Pendant ce temps-là, il y a un ministre avec responsabilité de rien qui garde son salaire et sa limousine, et on dit : Il est député, il n’est pas à l’aise, alors il ne se présente pas ici. Il y a de nouvelles règles du jeu sous le gouvernement libéral actuel, à ce que je sache. Écoutez, les Québécois voient ça, ils se sentent insultés. Leur tolérance, elle est à moins 15 sous zéro pendant que leur ministre se prélasse dans le Sud.

Pourquoi est-ce que le premier ministre a autorisé qu’il s’en aille dans le Sud et pourquoi il ne l’a pas rappelé immédiatement quand il l’a appris…

Le Président : M. le leader du gouvernement.

M. Jean-Marc Fournier

M. Fournier : Il était ici vendredi dernier, il a répondu aux questions, M. le Président. Il sera ici cette semaine. Jeudi, il sera là pour pouvoir répondre. Pour le reste, chacun fait son jugement. Vous faites le vôtre, nous faisons le nôtre, les Québécois feront le leur, M. le Président. Derrière tout ça, il reste une personne qui considère qu’elle ne mérite pas les accusations de culpabilité que vous lui adressez et qui, conséquemment, prend une ou deux journées pour s’en remettre, M. le Président, qui sera debout devant tout le monde pour offrir les réponses.

Il y a autant de sous-entendus et de deuxièmes degrés dans les propos d’Agnès Maltais que dans ceux de Jean-Marc Fournier.

Au PQ, on tire sur Sam Hamad qui semble avoir pris absolument toutes les mauvaises décision, en ce circonstances particulièrement préoccupantes et du côté des Libéraux, on voit que Jean-Marc Fournier qui répond à la place de Philippe Couillard tente de laisser autant de distance que possible entre lui et son collègue Sam Hamad qui est devenu toxique pour les autres membres de son parti.

En effet, aucun Libéral ne voudra désormais risquer sa carrière politique pour “se coller” au “bon rouge foncé” Sam Hamad qui, même s’il devait survivre à l’enquête du Commissaire à l’éthique a déjà perdu à peu près tout ce qu’il lui restait de plumes dans l’opinion publique.

Retour

Le jeudi 7 avril 2016, Sam Hamad est revenu, la queue entre les deux jambes, pour faire image, de sa chaude Floride.

Ça paraissait que c’était à contre-cœur qu’il est venu livrer une conférence de presse pour étayer sa position, en regard des allégations qui ont été dévoilées, contre lui, à l’émission Enquête de Radio-Canada (le jeudi de la semaine précédente, donc, tout récemment… c’est après ça qu’il a décidé de se sauver, en pleine nuit, sans le dire à personne, en Floride).

Sam Hamad est enquêté pour une affaire de trafic d’influence où il aurait enfreint des règles pourtant élémentaires.

Sam Hamad, selon les faits présentés par Radio-Canada, aurait utilisé son pouvoir pour accorder d’importants subsides (des dizaines de millions de dollars) à Premier Tech de Rivière-du-Loup, de connivence avec Marc-Yvan Côté, son “bon ami” libéral, en vue de recevoir d’importantes contributions politiques.

Un mécanisme de retour d’ascenseur, sur le dos des contribuables québécois.

Pas surprenant qu’il ait perdu des plumes.

Les Québécois ne veulent rien savoir de ce genre de comportement, surtout de la part d’un député qui verse trop souvent dans l’arrogance et l’obsession contre les plus pauvres de la société.

Si le Commissaire à l’éthique devait le reconnaître coupable d’avoir enfreint des règles, ça pourrait vraisemblablement sonner le glas de sa carrière politique car le Parti libéral n’a absolument pas besoin d’un fraudeur dans ses rangs.

Retraite

S’il devait quitter la vie politique, Sam Hamad qui a les poches pleines pourrait aller passer autant de temps qu’il veut, en Floride.

Même reconnu coupable, Sam Hamad recevrait alors sa pleine pension de l’Assemblée nationale, jusqu’à la fin de ses jours.

Il pourrait ainsi vivre au crochet de la société québécoise en tant “poule de luxe”, pour ainsi dire.

Ce qu’il reproche aux plus pauvres et aux plus vulnérables de la société, Sam Hamad ferait immensément pire, en profitant d’un luxueuse retraite, sur le dos des travailleurs québécois, incluant sur le dos des gagne-petits, qu’il semble tellement détester, au point de vouloir couper DE MOITIÉ le maigre 623$ par moi auquel ils ont normalement droit.

Regardez cette vidéo pour voir ce que pense Sam Hamad des gens pris dans l’enfer de l’aide sociale:

Agnès Maltais a eu bien raison de s’en prendre à Sam Hamad et aux Libéraux qui ont le front de le protéger.

En espérant que le Commissaire à l’éthique soit capable de rendre une décision rapide, dans cette situation extrêmement gênante pour le PLQ et bien entendu, pour Sam Hamad qui là, n’a plus aucune leçon à donner à qui que ce soit.

À part aller se cacher dans son trou de luxe, en Floride, Sam Hamad a prouvé qu’il n’a pas le jugement pour diriger quelque aspect que ce soit du gouvernement du Québec.

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