On le constate à chaque fois qu’on s’y intéresse à savoir que la ville de Québec évolue.

Depuis son entrée en fonction, le maire Régis Labeaume n’a passé qu’un seul agenda de développement et il s’agit de la fameuse densification urbaine.

Oui, si vous avez un terrain , attendez-vous que le maire va vous appuyer pour le développer si vous y bâtissez quelque chose qui va faire augmenter votre compte de taxes. Plus grosse maison, petit ou gros commerce et même des bâtiments industriels, tout est génial, du moment que ça densifie la toile urbaine.

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Il y a une certaine logique à densifier. Ça augmente les perceptions de taxes municipales et ça justifie les services qui s’y trouvent, comme l’aqueduc, l’égout, la desserte électrique, les services de téléphone (surtout avec la fibre optique qui a une portée moins longue) ou de cable ainsi que l’autobus (parce qu’on a pas encore de métro mais une fois densifiés, on en aura peut-être un, ce qui serait fantastique, en hiver).

Alors Régis Labeaume a pris le flambeau et fait exactement ce qu’il a promis. Il a densifié. Et il l’a fait sans retenue. Et ça continue!

Les magnifiques boisés de Sillery? Exit! Ça nous prend du béton! Même chose pour l’immense terrain agricole des sœurs dans le secteur de la Canardière, à Beauport, plus de béton. Beauport, Ste-Foy, Québec et à peu près tous les quartiers de la ville ont goûté (ou sont en train de goûter) à la densification urbaine, à la saveur “Labeaume”.

En tant que maire, ça paraît bien parce que nécessairement, les revenus de la ville vont en augmentant. Tous ces dollars qui alimentent une lourde administration municipale qui voit d’un bon œil cette densification qui les enrichit et leur assure un emploi payant, pour longtemps.

On constate aussi qu’avec cette densification, il y a moins d’espaces de stationnement. L’idée du maire Labeaume est de forcer la main aux gens pour qu’ils se départissent de leur véhicule à la faveur du transport en commun, des taxis et des services de location d’automobiles. Il y a des segments de la population qui répondent bien à ce nouvel impératif, soit les étudiants des niveaux collégial et universitaire ainsi que les retraités autonomes. Pour les familles, ça prend une automobile, c’est non-négociable. D’où la forte présence de familles dans les banlieues où les automobiles sont encore les bienvenues.

Alors plus de béton, moins de stationnements.

Clairement, la formule pour faire entrer des rivières de “cash” à l’Hôtel de ville, via les taxes municipales et les “frais d’usage divers” fonctionne bien.

Mais…

Est-ce que la ville est en train de se transformer dans le sens d’empiler de l’argent dans les coffres de la ville de Québec ou pour servir les humains?

La question se pose parce que la ville de Québec approuve des projets principalement sur leur valeur financière et non sur ce qu’ils amènent aux humains qui vont soit y vivre ou soit vivre autour.

Rien de nouveau, c’est l’argent qui mène le monde mais dans le cas d’une administration municipale, on s’attendrait à ce qu’il y ait une plus grande préoccupation des élus et des administrateurs pour les humains qui habitent les nouveaux lieux qui sont annoncés avec enthousiasme, surtout pour célébrer tout l’argent qui en émane.

Personne n’est contre l’enrichissement mais on constate que désormais, les logis sont bien plus petits mais coûtent nettement plus cher.

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En fait, on n’aménage plus la ville de Québec pour des humains mais pour des consommateurs.

Les lieux sont petits pour envoyer un message clair que notre société ne veut plus de familles, ou de couples qui veulent des enfants. Pas question d’aider les gens à vivre ensemble car ça pourrait les aider à gagner une certaine indépendance alors que le plan-maître, c’est de rendre les gens faibles, vulnérables et dépendants du gouvernement. La société dit “non” aussi aux enfants!

À la grosse limite, sont admis un parent et un enfant mais plus que ça, c’est devenu prohibitivement cher de trouver un logis. Imaginez le parent qui doit élever ses deux ou trois ou pire, quatre enfants seul ou en garde partagée, où peut-il se loger, dans la “nouvelle” ville de Québec, densifiée et parsemée de tout petits logis à prix artificiellement gonflé?

Alors Québec tourne le dos à ses familles et aux enfants.

Comme on l’a vu, les humains avec tout ce qui les rend humains, comme la famille et les enfants, ne sont plus les bienvenus, à Québec, si l’on se fie à la petitesse des logis et leur réelle inaccessibilité, au plan financier.

Et que dire de la logistique sociale liée à ces nouveaux aménagements domiciliaires. De petits logis sans stationnement ou alors, de petites cases vendues à prix d’or, habituellement hors de prix pour quiconque vit seul ou avec des enfants. Alors comment organiser les trajets à la garderie, à l’école, à l’hôpital ou à l’épicerie? Ça se fait à pied ou en autobus mais c’est loin d’être pratique alors nécessairement, ces clientèles fuient la ville de Québec pour se réfugier dans les banlieues, loin du centre-ville avec ses emplois gouvernementaux payants mais où il reste encore de vieux logements où il y avait, à l’époque, une plus grande préoccupation pour la réalité des familles et donc, plus d’espace et des parcs, à proximité.

Ceux qui pensent que l’aménagement urbain change pour le mieux, à Québec, ont sans doute oublié que les routes nous coûtent de plus en plus cher mais sont de moins en moins larges, comme l’exemple du boulevard Champlain qui n’a plus d’un boulevard que le nom.

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Logis plus petits et plus chers, routes dispendieuses et moins larges couplé à une guerre ouverte aux familles et aux enfants.

Québec essaie de se donner bonne conscience en donnant l’impression de s’intéresser au sort des familles mais quand presque tous les permis de construction en vogue sont donnés pour des logis “X-SMALL” avec des prix hors d’atteinte pour 60% de la population dite “de classes moyenne ou pauvre” et bien, on comprend que la ville de Québec ne fait que décevoir ceux qui s’attendent à avoir une place “en ville” avec leur famille.

Heureusement, il y a encore des maisons de taille correcte pour les familles dans les banlieues de Québec. Signe des temps, les nouvelles maison assez grandes pour loger des familles sont d’abord réservées aux familles très riches, comme les médecins, les avocats, les professionnels et les entrepreneurs. Comme si, au fond, il n’y avait désormais qu’eux qui étaient “les bienvenus” d’avoir des enfants. Encore une fois, l’humain n’est pas le bienvenu mais l’argent, oui.

Désormais, la ville de Québec qui doit alimenter sa coûteuse administration municipale n’en a pas assez de densifier la ville, il faut siphonner les citoyens. Ainsi, les parcomètres sont partout et ailleurs, il y a des règles de stationnement si restrictives et complexes que ça donne le goût de rester chez soi et de ne plus risquer de se retrouver avec un constat d’infraction, via un “petit bonhomme bleu” trop zélé, dans sa surveillance des cases de stationnement.

À force de densifier tous les coins de la ville de Québec, on se retrouve avec des embouteillages partout parce que nos routes n’ont pas été prévues pour autant d’automobilistes. Tout le monde y perd. Perte de temps, perte d’argent et frustration assurée mais qu’importe, le maire Labeaume jubile dans les piscines d’argent qui entrent aux finances de la ville de Québec alors pour lui, c’est le meilleur des mondes. Des gens vulnérables qui peinent à se déplacer et une administration municipale qui peut entretenir sa médiocrité avec tout l’argent qu’elle veut. Oubliez le remboursement de la dette, il y a des fonctionnaires municipaux à engraisser, en même temps que la brochette d’élus “pro-Labeaume” qui, étonnamment, sont TOUJOURS à 100% d’accord, avec leur chef. Hmmm, quand même curieux que personne dans son équipe n’ait choisi d’exercer son droit à la pensée critique. À les regarder agir, ils n’ont peut-être juste plus le droit. Quand l’Empereur Labeaume parle, ses laquets se taisent. On peut le voir, à chaque séance du Conseil municipal. Et c’est toujours aussi triste.

Alors vogue la galère.

La ville de Québec ferme la porte aux humains qui ont des réflexes humains, comme ceux de constituer une famille et d’avoir des enfants.

Les très riches ne voient pas ça aller parce qu’ils sont tellement favorisés financièrement qu’ils arrivent à s’acheter de grandes maisons en disant des bêtises comme “wow, c’était tellement une aubaine à 875,000$” et là, on se rappelle qu’il s’agit d’un couple de médecins avec deux nounous, une femme de ménage et un abonnement à un service de concierge. Ok, là, on comprend pourquoi tout est tellement “abordable” et facile, pour eux. Ils n’auront pas vu leurs enfants grandir et devront vivre avec les conséquences plus tard mais qu’importe, leur Audi de l’année est très confortable et pour eux, c’est pas mal ça qui compte.

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Vous voulez mieux comprendre l’état d’esprit de Régis? Allez aux évènements lichés où est “invité” le maire, comme les bals tenus au Château Frontenac et vous verrez de qui Régis Labeaume aime s’entourer. Comme tous les bourgeois, il aime l’argent, pour l’argent. Lorsqu’on le voit, il discute avec des promoteurs immobiliers qui se collent à lui comme les prétendants à la Cour de Louis XIV, en France, à une autre époque mais les motivations sont les même, à savoir exercer une trafic d’influence efficace.

Il y a du bon à ce que Régis Labeaume parle aux riches promoteurs mais on voit que la finalité de ces échanges, formels ou non, c’est la densification urbaine où les humains n’ont plus de place, à la faveur d’unités humanoïdes de consommation. Des consommateurs qui enrichissent sans fin les promoteurs, de connivence avec la ville, qui ont soigneusement tissé leur matrice de pièges pour les consommateurs. Épiceries fines où tout est mignon mais hors de prix, absence de stationnement et donc, la fin des liens avec le reste de la famille qui refuse de payer “un petit 18$ de stationnement” pour aller voir maman, au centre-ville et ainsi de suite. Fini les gratuités, les frais sont partout.

C’est normal puisque le but n’est plus de respecter les besoins étendus de l’humain mais plutôt de frustrer les consommateurs qui doivent continuellement compenser leurs limitations par encore plus de consommation.

Voilà donc le piège parfait pour tuer notre belle société qui n’a plus d’enfants (sauf les réfugiés et nouveaux arrivants qui, eux, ont compris qu’ici, c’est payant d’avoir des enfants et eux, font remonter les statistiques pendant que les “locaux”, eux, n’ont plus les moyens d’avoir d’enfants). Ce n’est pas mieux pour les vieux qui sont isolés dans leurs “studios pour retraités” à 2800$ par mois, 2 repas par jour et 1 visite d’infirmière compris. Encore là, le but n’est pas de service les besoins de l’humain mais de “parker” des gens d’âge vénérable dans l’équivalent technique d’une “cage à poules, pour humain”. En attendant de mourir, en quelque sorte.

La ville de Québec fait preuve d’une grande arrogance lorsqu’elle laisse disparaître d’immenses zones vertes pour laisser pousser des océans de béton. Surtout que ces logis seront hostiles à la venue de familles. Pas le droit de faire du bruit car ça doit être des environnements calmes et relaxants. En fait, si une famille en vient à être tolérée, c’est parce qu’elle ne fait que passer et qu’elle sera rapidement repartie dans sa lointaine banlieue, là où les humains ont encore le droit de se comportement “normalement”.

On peut s’attendre à ce que les riches n’aient RIEN compris à ce billet parce que leur vie se passe dans un univers parallèle où tout est si facilement accessible qu’ils sont sous l’impression que c’est la même chose pour tout le monde (des phrases où l’on reste perplexe comme “Ben voyons, t’as pas encore été à Disney avec tes enfants? Comment ça?”… vous pouvez imaginer la réponse bafouillée par le parent qui en arrache pour élever, souvent seul, ses enfants avec un salaire “moyen”). Pour leurs amis (les amis des riches), c’est possible de tout avoir, rubis sur l’ongle mais pas pour tout le monde. En fait, pour de moins en moins de monde car si les riches s’enrichissent, les pauvres, eux, s’appauvrissent et ils sont accompagnés de la classe moyenne qui s’enlise, elle aussi. Divorces, pertes d’emplois, inflation et inégalités flagrantes des chances font leur œuvre.

Est-ce que Québec fait quelque chose pour ralentir ces tendances lourdes?

Hélas, non.

La ville de Québec a décidé de se coller aux riches et de desservir leurs quatre caprices. Ces riches veulent la grosse paix alors le prix de tout augmente, à commencer par les loyers et les prix des logis alors les moins fortunés sont forcés de travailler plus fort et plus longtemps, juste pour arriver à garder la tête hors de l’eau! Un pauvre qui n’arrive pas à boucler son budget, ça ne fait pas de bruit et ça file doux. Ça ne se rebelle pas et ça demeure vulnérable. C’est comme ça que les riches aiment leurs “voisins”: pauvres et vulnérables. Ça les fait sentir encore plus fort et dans la plupart des cas, vous les verrez pas les riches agir pour le bien des humains, ils sont trop occupés à créer les prochains pièges à “consommateurs”.

On les comprend. Régis et ses privilégiés ont la belle vie.

Ils se façonnent une ville à leur image. Pas d’enfants dans les jambes, plein d’argent dans le compte de banque, ils ont décidé d’abandonner les jeunes familles québécoises à leur sort. Ils vont pleurer de grosses larmes de crocodiles pour des réfugiés syriens qui vont recevoir bien au-delà de 28000$ par année, sans avoir à faire quoique ce soit en retour mais si un homme avec ses deux enfants devait avoir mélangé ses comptes avec Revenu Québec, il sera poursuivi avec toute la furie du système. Les riches qui placent “légalement” leur fortune dans les paradis fiscaux ne seront évidemment jamais embêtés par les fonctionnaires du revenu (ils sont bien avertis de ne pas embêter les riches) mais les gagne-petits, eux, sont continuellement persécutés. C’est comme ça que les dizaines de milliers de fonctionnaires au Revenu se garantissent un emploi, en se donnant l’impression qu’ils livrent le bon combat alors qu’ils ne font que surfer sur la même idéologie empoisonnée de nos élus, comme Régis Labeaume qui livre, à toutes fins utiles, une guerre aux humains et les blâmant de ne pas adopter ses directives devenues inhumaines parce que savamment conçues pour “servir” les consommateurs, au détriment de tout ce qu’une vie normale et épanouie voulait dire, pour nos parents.

Ouf! Ça en fait des mots…

Ce serait si simple de favoriser l’établissement et l’épanouissement des familles, dans des logements de taille correcte pour eux, avec des stationnements abondants et gratuits pour faciliter leurs déplacements. Avec des services de proximité accessibles et administrés afin de les maximiser, pour les familles et leurs enfants (dans le cas des écoles, pour les familles et non pour les caprices des conventions collectives syndicales à 32 heures par semaine et après, on barre les portes).

Enfin bref, des milieux de vie ou clairement, les familles et les enfants sont les bienvenus. Des points d’eau abondants, accueillants et gratuits. Des toilette publiques bien entretenues. Des arbres, des bancs confortables, de l’éclairage adéquat. Une police qui fait défend les citoyens au lieu d’essayer de les attraper sur une lumière jaune en se cachant dans une rue avoisinante, les lumières fermées. Des hôpitaux plus petits et plus humains où la prévention passe avant tout. Des commerces où les enfants sont les bienvenus et non comme dans plusieurs boutiques de Place Ste-Foy, où les employés semblent agacés par leur présence, là encore, c’est la recherche des consommateurs, pas des humains.

Il y a une logique à toute chose, ça va de soi mais la logique-Labeaume de densification, comme vous le voyez, cache un proverbial iceberg de mauvaises nouvelles pour les humains qui voudraient continuer de vivre, comme des… humains.

Si les humains de Québec refusent de se transformer en consommateurs qui disent “Oh! Quel bonheur d’être coincé dans mon 3 et demi à 350000$ sans stationnement et en proie à l’énorme pollution urbaine, avec mes deux enfants” et bien, ils n’auront qu’à aller longer l’extrémité des banlieues pour ensuite se faire accuser d’alimenter le trop-plein d’automobiles qui veulent accéder au centre-ville ou en sortir, aux heures de pointe. Le genre d’accusation qui alimente le cynisme des citoyens contre leurs élus et administrateurs publiques mais souvent, quand on est pris dans l’auto et qu’on se fait balancer ça sur les ondes de la radio (que les automobilistes sont LE problème) c’est tellement frustrant qu’on oublie d’en parler, dans le web, en revenant à la maison. Et la frustration augmente, à chaque boutade de cette nature où l’on comprend, assez clairement, qu’une guerre est livrée contre l’humain au lieu d’essayer de l’aider en le soulageant réellement des stress qui nuisent à son plein épanouissement personnel, professionnel et social.

Encore là, trop de mots mais bon, ça prenait des mots pour dire tout ça dans le contexte où cette nouvelle idéologie de densification nous est livrée.

On le sens que l’humain est évacuée des grandes décisions, à la ville de Québec. Ou encore que lorsque des besoins humains font l’objet de propositions, c’est parce que ne pas les régler pourrait nuire, d’une façon ou d’une autre, à la consommation. L’argent. Toujours l’argent.

Il y a peut-être aussi ce vacuum des valeurs, à Québec (et au Québec) qui fait que les élus n’arrivent plus à reconnaître la valeur d’une famille, en société.

Pour les élus modernes, adeptes de densification urbaine et tout ce qui s’y rattache en matière d’exclusion sociale des humains moins fortunés, peut-être qu’il n’y a tout simplement plus de respect pour l’institution de la famille et ça expliquerait pourquoi chaque “succès” est en fait un pas de plus vers la déshumanisation de notre ville.

À chacun sa vision sur le phénomène de la densification et bravo à ceux qui s’enrichissent sur la transformation de notre ville en suite de cages à célibataires, le long des artères polluées de Québec.

Même si certains humains trouvent leur compte avec la densification urbaines, clairement, ils ne sont pas si nombreux que ça à voir l’exode qui se poursuit, vers les banlieues où l’administration Labeaume n’a pas encore gâché la vie… aux humains.

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