Les entreprises de type “transnationale” ne lésinent pas sur les superlatifs pour attirer leur personnel.

Dans les documents d’embauche, on voit des photos d’employés tirés aux quatre épingles qui semblent respirer le bonheur. Ils semblent si heureux dans leur travail, en fait, que ça semble un peu suspect.

Pour la recrue qui ne sait pas encore négocier un salaire ni monnayer sa propre “valeur professionnelle”, l’imposition quasi-automatique du salaire minimum (à 9$/h) pour “les nouveaux” semble aller de soi mais évidemment, c’est le début d’une longue séquence d’exploitation de la part de l’employeur.

Les transnationales n’ont, au Québec, que de banales succursales.

N’ayant que des “points de service”, il ne faut pas s’étonner que ces employeurs-venus-d’ailleurs n’aient “pour nos jeunes” que des emplois plus ou moins minables avec des salaires de crève-la-faim qui ne contribuent qu’à appauvrir ceux qui les reçoivent.

Vous avez beau retourner votre salaire minimum dans tous les sens, ça ne donne que 1,350$ par mois. Enlever les déductions à la source et tenez compte des frais liés à l’emploi et vous verrez qu’il ne reste même pas le strict minimum pour vivre!

Si deux travailleurs au salaire minimum vivent ensemble, couplant leur salaire mensuel de 1,350$, ils obtiennent 2,700$ ce qui suffit pour un petit logement et un rythme de vie spartiate. On parle annuellement de 32,400$ alors oubliez ça pour les économies, les REÉR et autres “placements”.

Si le loyer coûte 700$ par mois (8,400$/an), que l’auto coute 400$ par mois (4,800$/an) et que l’épicerie coute 300$ par mois (3,600$/an), on parle de 16,800$ par année. C’est la moitié de la compensation annuelle de deux employés au salaire minimum.

Il faut ensuite ajoute Bell Express-Vu ou Vidéotron à 75$ par mois, le téléphone à 40$ par mois, l’assurance-auto à 70$ par mois, l’assurance-habitation à 25$ par mois (pour un appartement) et quelques 250$ par mois de vêtements. Ça enlève encore 5,520$ et il ne reste alors que 11,280$. Ouch!

Si notre couple de travailleurs au salaire minimum a le malheur de s’endetter à crédit, la situation finira inévitablement par devenir insoutenable tant il n’y a presque pas de marge d’erreur une fois toutes les autres dépenses prises en compte, comme l’essence, les taxes (12,875% sur tous les achats), les impôts et les frais divers (souvent obligatoires, comme le permis de conduire et les assurances sur la vie et collectives).

Avec le prix des produits qui n’en finit plus de grimper, nos salariés étouffent parce que leur salaire n’augmente pas au même rythme.

En bossant à 9$ de l’heure, la plupart des travailleurs se disent que ça va finir par s’améliorer, au fil du temps, que c’est une sorte de passage obligé mais pour un nombre grandissant d’entre-eux, ce n’est absolument pas le cas. Certaines personnes acceptent de travailler au salaire minimum en pensant qu’il n’y a rien d’autre mais c’est souvent parce qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’évaluer de bons emplois, généralement offerts par des employeurs locaux et non des succursales de transnationales.

Que ce soit dans la restauration, dans le commerce de détail ou “les services”, le salaire minimum fait des ravages.

La société Québécoise s’en va “dans le mur” avec un salaire minimum aussi bas, hélas…

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