Rêvez-vous d’un monde où nos personnes âgées pourraient vivre comme des demi-dieux dans des colonies de vacances paradisiaques?

Et bien, si c’est votre cas, pourquoi ne pas exiger du gouvernement canadien qu’il favorise l’établissement d’une politique de délocalisation volontaire de nos personnes âgées qui veulent obtenir un service-vieillesse de toute première qualité sans mettre de pression sur le système de santé d’ici?

Pensez-y, un peu…

Un “appartement” de 400 pieds carrés, avec visite quotidienne d’une infirmière, coûte actuellement quelques 2,800$ par mois (ça peut varier de 1,500$ à 4,000$, dans la plupart des cas “non-subventionnés”).

C’est un minuscule appartement avec une misérable visite d’une infirmière.

À ce prix-là, c’est un bel appartement mais c’est tellement cher que ça représente l’équivalent, en argent, d’un mois complet dans un “resort” de 4 ou 5 étoiles (selon le pays).

Imaginez si au lieu d’être coincés entre quatre murs, au Québec, nos personnes âgées étaient délocalisées dans divers pays du tiers-monde, à leur choix, où leur 2,800$ par mois (par exemple) pourrait leur acheter une vie de rêve.

Sérieusement, pensez-y!

Notre société sans vision a laissé délocaliser à peu près toutes les industries de base comme le textile et l’usinage alors pourquoi ne pas régler nos problèmes économiques actuels en “exportant” nos personnes âgées là où notre dollar achète une véritable “vie de riches”.

  1. Primo, nos problème de “pression sur le système de santé” s’estomperaient presqu’immédiatement.
  2. Secundo, nos personnes âgées n’auraient jamais aussi bien vécu! Ce n’est pas une farce. On troque leurs quatre murs pour une villa sur le bord de la mer avec une dizaine de “serviteurs” qui ne coûtent presque rien et qui ne seront JAMAIS syndiqués.
  3. Tertio, grâce à la facilité des virements bancaires internationaux, ce serait facile, pour le gouvernement canadien, d’envoyer les chèques de vieillesse à nos aînés, où qu’ils se trouvent, sur Terre (je sais, on le fait déjà pour nos “snowbirds”).

Y a-t-il une seule personne âgée qui se plaindrait de demeurer dans un paradis-terrestre au lieu d’un minuscule appartement qui sent le renfermé et les “pénules”? Évidemment que non, ce serait un succès retentissant.

Est-ce que le Québec perdrait quelque chose à exporter ainsi ses personnes âgées?

À part les tabagies qui vendent des “paparmanes avec des gratteux”, les Caisses populaires qui changent des chèques de vieillesse ou encore, à l’autre bout du spectre, de riches boomers qui se paient du luxe “fabriqué dans un autre pays”, ce n’est pas clair si nous perdrions beaucoup.

En fait, ne croyez pas qu’il s’agit d’une idée révolutionnaire parce que les riches le font déjà!

Regardez les vieilles personnes riches dans votre famille, elles sont continuellement parties ailleurs, dans le monde. Les Québécois les plus riches dépensent majoritairement leur argent un peu partout sauf ici. Ils ont compris, eux, que le dollar canadien achète beaucoup plus ailleurs qu’ici. Alors pourquoi ne pas suivre leur exemple?

Après tout, si on peut transformer nos “pauvres ti-vieux” en “riches globetrotters”, pourquoi pas?

Je puis vous assurer que nous aurions au moins une cinquantaine de pays qui seraient prêts à accueillir nos personnes âgées comme des princes, chez eux. Oubliez ça les niaiseries de “prendre un bain une fois par semaine” parce que là-bas, ce serait une trempette dans l’océan au moins une fois par jour suivi d’un bain aux arômes locaux avec un massage des tempes pour mieux relaxer.

Autant les boomers ont contribué à RUINER le Québec et le Canada, autant ils auraient la chance de donner un coup de pouce aux générations qui les suivent en se sauvant dans les “autres pays” où ils pourraient —enfin— régner en rois et maîtres sans faire ombrages aux générations qui, en ce moment, sont prises pour payer toutes leurs extravagances.

Bien sûr, il faudrait acheter un ordinateur portable à chaque personne âgée pour qu’elle puisse nous dire, via une webcam, à quel point la vie est belle et agréable, ailleurs. De notre côté, bien qu’on soit forcé de payer LEURS DETTES jusqu’à la fin de nos jours, nous n’aurions pas à supporter les dizaines de milliards de dollars par année que le Québec verse, à leur intention.

Ça semble raide comme texte mais bon, c’est écrit pour vous faire réagir (et rire, un peu).

On pourrait continuer à se mentir et penser que nos personnes âgées sont heureuses mais la vérité, c’est qu’on les “stationne” dans des hôpitaux, des CHSLD et des “résidences de vieux” qui n’ont rien à voir avec le luxe délirant qu’ils pourraient se payer, ailleurs dans le monde.

Comme les boomers ont tout fait pour TUER notre base industrielle en supportant la logique perverse du néolibéralisme (qui favorise les “traités” où des étrangers décident, pour nous), ce serait quand même assez comique de voir les jeunes générations les délocaliser, eux, afin d’en finir avec leur mentalité particulièrement égoïste.

Pourquoi prétendre, même implicitement, que plusieurs boomers sont des égoïstes?

Par exemple, regardez le demi-million de “snowbirds” québécois qui partent dans le Sud, en hiver — ils sont vraiment préoccupés par le bien-être de leurs enfants et de leurs petits-enfants, eux? Ils peuvent mentir autant qu’ils le veulent mais leurs choix de “se sauver au soleil” en dit long sur ce qu’ils pensent vraiment.

Sans dire qu’ils n’aiment pas leurs enfants (parce qu’ils les aiment, ça va de soi), c’est clair qu’entre investir 500,000$ dans un fonds pour les études des petits-enfants ou un condo à Pompano Beach, le “choix de boomer typique” ne semble pas très long à faire.

Parfois, il suffit de regarder ce que les gens font pour comprendre ce qu’ils pensent…

Évidemment, il y a des boomers absolument formidables.

À ceux-là, les jeunes générations disent MERCI pour tous les combats menés pour défendre nos acquis (qui valent la peine d’être protégés et passés aux générations futures).

Alors, est-ce que nous devrions envoyer nos personnes âgées vivre ailleurs, dans des palais de marbre entretenus par des hordes d’esclaves (ou “serviteurs”, selon votre sensibilité au terme employé) au moins dix fois moins payés que notre salaire minimum?

Avec l’incroyable problème de dette publique auquel nous faisons face et l’incapacité évidente de nos élus à contribuer à améliorer notre sort, c’est le genre d’alternative auquel il faudrait penser sur une base individuelle, jusqu’à ce que nos gouvernements réalisent, par eux-mêmes, que la délocalisation pourrait nous faire réaliser d’importantes économies.

S’il n’y avait que l’argent, dans la vie, probablement que le choix coulerait de source mais les Québécois sont des êtres sensibles et bons (pour la plupart) alors tant que nous aimerons nos aînés, de tout notre cœur, nous voudrons les avoir près de nous, dans un p’tit appartement.

Ce qu’il nous faut demander à nos aînés, c’est s’ils savent qu’avec tout l’argent qu’ils paient pour rester dans leur “400 pieds carrés”, ils pourraient se payer un palais de dix fois cette taille dans un endroit si beau qu’il défie l’imagination.

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6 Commentaires

  1. Bonjour M. Gélinas, excellent article ! Un ami m’a déjà parlé de cette idée. Il disait que certaines personnes le font déjà, elles vivent sur des bateaux de croisière toute l’année. Une croisière dans le sud, c’est pas si cher, c’est l’avion pour s’y rendre qui est dispendieux.

    Une fois rendu, ça vous coûte moins de 500% par semaine. Nourri, logé, et tout c’qui faut. La vie de rêve. On n’a besoin que d’une petite valise et d’un passeport.

    Perso, si c’était pas de ma santé, je partirais tout de suite. Ça vous ferait un boomer de moins à supporter.

    Pour ce qui est de mettre tout le blâme des finances publiques sur le dos de ceux-ci, j’y mettrais quelques bémols.

    Notre génération s’est fièrement battue pour que cessent l’injustice, le népotisme et les divers abus de pouvoir dont furent victimes les francophones de notre belle province, sous tutelle religieuse, politique et mafieuse.

    Le plus grand tort des boomers c’est d’avoir souhaité et voulu pour les générations suivantes, une meilleure vie. De sorte qu’ils ont fait de leurs enfants des enfants-rois, des ados arrogants et ensuite des adultes exigeants, chiâleux, incapables de se prendre en mains et toujours à se fier sur les autres pour régler leurs problèmes.

    Je n’en vois pas beaucoup qui, une fois l’élan commencé, auraient su quand s’arrêter pour ne pas obtenir le problème contraire. L’état providence attire les industriels mafieux (et les «syndicaleux») qui eux savent très bien comment corrompre la belle jeunesse.

    Du nombre, combien sont capables de monter aux barricades et manifester pour obtenir que cessent la corruption dans les finances publiques ? Le Québec dort au gaz monsieur.

    Alors en complément de votre proposition, voici le mienne, pour les boomers qui N’ONT PAS LES MOYENS d’aller vivre dans un paradis quelconque à 2000$ par mois (et ils sont bien plus nombreux que vous ne le croyez, soit dit en passant), je propose ceci:

    Que les boomers restés ici foncent sur la Colline parlementaire munis de leurs vieux fusils de chasse et qu’ils décident de descendre eux-mêmes les plus corrompus !

    Ils obtiendraient en échange (en prison):

    – un toit pour vivre au chaud toute l’année dans d’excellentes conditions sanitaires
    – 3 bons repas par jour et des collations
    – l’assurance de la tranquillité d’esprit ainsi et qu’un sommeil paisible
    – l’assurance de soins de santé rapides et efficaces
    – des salles de lecture, d’exercice, de télévision, l’Internet, des aires de repos, un environnement sans fumée
    – et dans certains cas… un salaire pour de menus travaux

    Comparé à un CHSLD, c’est-y pas la belle vie ça ?

    Les boomers ont le choix: soit ils quittent le pays pour vous libérer, soit ils vont en prison… pour les mêmes raisons.

    Du moment qu’ils ont tort… n’est-ce pas ?

  2. Il est très agréable de vous lire, Mme Bissonnette et j’en profite d’ailleurs pour inviter mes lecteurs à consulter votre excellent blogue.

    Comme la plupart des lecteurs, vous avez compris que mon billet a été écrit pour susciter des réactions.

    Il y a de nombreuses évidences mais j’ai forcé la note sur certains points afin de faire réagir les lecteurs — ma plus grosse surprise, après des dizaines de milliers de consultations, c’est qu’aucun autre “boomer” n’ait pris le temps de me “remettre à ma place”!

    Je suis parfaitement conscient que le Québec ne serait pas ce qu’il est sans l’implication sociale des boomers mais il ne faut pas non-plus se mettre la tête dans le sable: tout n’est pas rose pour ceux qui doivent assumer un niveau d’endettement record.

    J’espère faire réfléchir mes lecteurs sur l’importance de nos personnes âgées en les confrontant à la perspective de “perdre” ceux-ci, s’ils devaient partir vers le tiers-monde où leur argent leur achèterait une vie royale. Dans le même ordre d’idées, j’espère faire aussi réfléchir les “boomers” qui se sauvent dans le Sud sans penser à aider financièrement leurs enfants et petits enfants… même lorsqu’ils se sont convaincus que là, c’est à “leur tour” d’avoir du fun.

    Enfin bref, on nage en pleine zone grise (sans jeux de mots) et c’est un sujet qui me semble intéressant à explorer.

    Merci, Mme Bissonnette, d’avoir contre-balancé mon billet afin de donner davantage de perspective aux lecteurs.

  3. «ma plus grosse surprise, après des dizaines de milliers de consultations, c’est qu’aucun autre “boomer” n’ait pris le temps de me “remettre à ma place”!»

    EXIT LA FIERTÉ.

    Ne soyez pas trop surpris M. Gélinas, LE QUÉBEC DORT AU GAZ. Je ne comprends pas trop pourquoi, mais je le constate tous les jours dans divers secteurs (la santé en particulier).

    Personne n’ose rien dire, rien faire, à moins d’être payé pour. On se laisse littéralement tondre et si la tondeuse nous passe entre les mains, on ne se gêne pas pour s’en servir contre le plus faible de nos semblables.

    Pour ce qui est de la réflexion sur l’importance des personnes âgées et les conséquences si (lorsque) vous les perdrez… (on va finir par mourir anyway) vous avez raison, le Québec n’a pas encore entrepris cette réflexion.

    Les postes laissés vacants par les boomers ouvriront les portes à tout citoyen intéressé à travailler. Combien y en aura-t-il ?

    Dans une quinzaine d’années la courbe démographique québécoise sera dramatiquement basse. Il y aura une société à rebâtir sur d’autres bases. Le Québec vivra une époque charnière de son histoire.

    Et si les nouveaux venus (immigration) s’avèrent moins endormis que leurs hôtes ? Qui aura la volonté et la fierté de passer à l’action pour bâtir une société à son gôut ?

    Les leaders d’aujourd’hui, en couche-culotte, vous les regretterez.

  4. Et les soins?

    Vous comparez des personnes âgés vraisemblablement en perte d’autonomie (pour devoir attendre leur bain hebdomadaire) et ensuite vous dites qu’ils pourraient profiter des activités du sud comme la baignade en mer???

    Et vos serviteurs non syndiqués sont-ils infirmiers ou préposé aux bénéficiaires?

    Du journalisme moderne… des comparaisons douteuses pour “soutenir” une argumentation.

  5. Merci pour votre commentaire, Ben!

    Bien que les “vieux riches” quittent à peu près tous le Québec pour aller vivre leur retraite à l’étranger, les “vieux pauvres” la passent à peu près tous ici, à être empilés comme des sardines dans des CHSLD qui n’ont pas les fonds nécessaires pour offrir tous les “services” que nos aînés sont en droit de recevoir.

    C’est en partant de ce constat que je me suis amusé à imaginer une “alternative” aux problèmes actuels que vivent nos aînés, au Québec.

    On pourrait commencer par délocaliser les vieux qui sont encore assez riches pour se payer leur propre appartement dans des complexes pour personnes âgées car leur loyer mensuel s’élève souvent à plusieurs milliers de dollars.

    Même si ces “vieux plus riches que les pauvres” ne sont pas assez riches pour aller passer leur retraite à l’étranger, il y aurait peut-être moyen de maximiser leur loyer en l’offrant à des cohortes de travailleurs étrangers (des esclaves, disons-le) qui pourraient s’occuper d’eux, dans un autre pays (au Tiers-monde). Ces esclaves ne seraient peut-être pas diplômés de nos écoles supérieures mais ils auraient un gros incitatif financier à maintenir nos personnes âgées en vie et bien portantes. Via des approches probablement surprenantes, vu de la lorgnette de l’establishment médico-pharmaceutique, nos aînés ainsi transférés dans des pays exotiques pourraient profiter de l’expertise des shamans locaux et même, des services de guérisseurs.

    Ce n’est pas aussi “standard” qu’une chimiothérapie, qu’une radiothérapie ou encore qu’un chirurgie mais bon, vu le taux réel de succès de ces approches, ça vaudrait peut-être la peine d’essayer autre chose. Sans tomber dans l’obscurantisme, force est d’admettre que la pharmacologie moderne empoisonne à peu près autant qu’elle soulage alors, pour faire image, il ne faudrait pas mettre tous nos œufs dans le panier de la “médecine moderne”.

    Pour faire une longue histoire courte, je préfère laisser l’idée faire son chemin afin de n’intéresser que les “vieux qui en ont les moyens” et qui se sentent à l’aise avec ce genre d’aventure.

    Ce ne sont pas tous les vieux qui veulent leur vie, seuls et malpropres, dans une chambre de CHSLD… mes comparaisons ont beau être jugées douteuses par certains, elles ont le mérite de frapper l’imaginaire.

    L’ironie sous-jacente à mon texte a d’ailleurs tout à voir avec le recours massif des “boomers” à la délocalisation de notre base industrielle, ce qui a largement contribué à nous ruiner, nous endetter et assurer une vie de servitude aux générations montantes. Si ces mêmes générations montantes utilisaient ces mêmes principes de délocalisation pour diminuer les frais que la vieillesse des “boomers” engendre, ce serait comme la quintessence de l’opportunisme économique court-termiste qui viendrait mordre les “vieux” dans les fesses alors qu’ils croyaient s’en tirer en remettant l’essentiel de l’énorme dette qu’ils ont engendré sur les frêles épaules de leurs enfants.

    Trève de cynisme, il existe de graves problèmes avec notre approche actuelle, en ce qui a trait à la retraite ainsi qu’à la fin de vie de nos personnes âgées.

    En publiant mon billet, je souhaite forcer une réflexion sur la manière dont nous utilisons nos fonds publics et privés pour égayer la vie de nos aînés.

    J’attends vos commentaires…

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