Des ministres libéraux profitables

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À l’émission Enquête du jeudi 11 mars 2010, alors que l’animateur Alain Gravel parlait des “excès” de la FTQ et de leurs complices, une information très intéressante a été mentionnée.

Il s’agit d’une obligation pour chaque ministre libéral, sous les ordre de Jean Charest, de “ramener” 100,000$ par année au Parti libéral!

100,000$.

Chaque année.

Par ministre.

Wow.

À l’heure actuelle, 28 ministres font partie du “Conseil des ministres (libéraux)” ce qui signifie que “le parti” doit —en théorie— recevoir AU MOINS 2,800,000$.

Au cours d’un mandat de quatre (4) ans, ça signifie 11,200,000$ — ayoye!

Pas surprenant que le premier ministre du Québec puisse recevoir un salaire de son propre parti EN PLUS de son généreux salaire de “souverain de l’État”.

Dans le reportage de l’émission Enquête, il était question d’un 5 à 7 organisé par l’influente ministre (et vice-première ministre”) où quelques 80 “invités payants” avaient déboursé 500$ chacun pour “côtoyer” cette “grande dame de la politique provinciale” afin d’enrichir son parti d’un autre 40,000$.

Ça signifie que la “bonne madame Normandeau” a “ramené” quelques 40% de son “quota annuel au parti” en une (1) seule soirée!

En fait, ça donne à penser qu’elle “ramène” bien plus qu’un simple “petit” 100,000$ à “son” parti, par année.

Imaginez, un instant, si tous ses collègues ministres “ramenaient”, eux aussi, une somme dépassant le 100,000$ requis pour faire parti des députés “ministrables”… ça voudrait dire que le Parti Libéral du Québec s’en mettrait énormément dans les poches et s’enrichirait éhontément sur le bras des lobbys d’intérêts privés.

On s’entend, sur les 80 “participants payants” à la “soirée-financement” de Nathalie Normandeau, il n’y en avait assurément AUCUN qui revendiquait des améliorations à notre société en faillite — ces “entrepreneurs de l’ombre” qui préfèrent ne pas être identifiés s’y sont rendu dans l’espoir d’en avoir plus, pour eux: des permis de garderie, des autoroutes à péages en PPP, des contrats de travaux routiers et nombre d’autres “retours d’ascenseur” pour lesquels la ministre Normandeau a pris des notes (un peu comme des “I OWE YOU” [ou “je te dois”, en français]).

L’émission Enquête a exposé la FTQ, dans son reportage mais c’est ce 100,000$-minimum que doivent “ramener” les ministres libéraux de Jean Charest qui frappait le plus l’imaginaire.

Évidemment, ce n’est que la pointe du proverbial iceberg.

On peut penser que tous les autres partis politiques ont, eux aussi, leurs règles de “rendement” pour avoir droit aux faveurs “du boss du parti” et ainsi, accéder aux postes d’influence. Entre ça et la corruption rampante, vous serez libres d’essayer de faire la différence.

Notre classe politique désormais exposée au grand jour, avec ses “quotas” à “ramener” à son parti perd le peu de confiance que certains citoyens leurs accordaient encore.

Ce qui est le plus grotesques, dans tout ça, c’est que le peuple québécois tout entier donne PLUS à chaque ministre que tous ces contributeurs de l’ombre réunis, en SALAIRES à ces mêmes députés!

Et pourtant, les citoyens passent inévitablement en deuxième après les “demandes” plus ou moins formelles des contributeurs politiques passés ou présents (ou même, futures). Sérieusement, les ministres libéraux auront beau tenter de jouer à la vierge offensée en prétextant que ces “obligations de rendement envers le parti” n’affectent pas leur “jugement” mais personne (de sensé) ne les croira.

Amis québécois, qu’est-ce qui nous arrive de tolérer de tels comportements?

Avons-nous peur de heurter les égos de ces “bêtes politiques” qui nous plongent en déficit tout en enrichissant leur parti politique? Ce ne serait pas plus légitime de faire profiter l’un et l’autre, au lieu de ruiner l’État en favorisant —illégalement ou non— les contributeurs du parti?

Où est le sens moral des ministres libéraux?

Dans le fond d’une poubelle, si l’on se fie à leur propension à multiplier les “p’tites soirées privés” qui ont lieu derrière des portes closes avec des gardes (payés par l’État?) qui empêchent les citoyens “ordinaires” d’aller serrer la main de leur ministre, sous prétexte qu’ils n’ont pas PAYÉ pour une telle rencontre.

C’est hallucinant!

Bien sûr, entre ça et accepter —en plus— de belles enveloppes brunes, derrières des portes closes, il n’y a qu’un pas.

Qui peut nous dire si Nathalie Normandeau n’a pas accepté 100$, 1,000$, 10,000$ ou plus dans un enveloppe brune, de la part d’un de ses généreux contributeurs afin qu’il obtienne une faveur, à un moment bien précis? Personne parce que la soirée a lieu dans le plus grand secret, sous la protection de gardes ayant des ordres strictes d’empêcher toute personne “n’ayant pas payé (et n’ayant pas été approuvé)” d’entrer.

C’est fou comme le parti libéral fonctionne comme un mafia, lorsqu’il est question d’argent!

Tags: parti libéral, corruption politique, intérêts privés, lobbys, montréal, laval, québec, entrepreneurs, ftq, construction, autoroutes, politique, ministres libéraux, jean charest, quotas, redevances, obligation de rendement, assemblée nationale, émission enquête

Claude Gélinashttps://videos.claude.ca/
Passionné des communications numériques, du développement web, de l'infographie et des avancées technologiques, au sens large.

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