C’est aujourd’hui que se termine l’Édition 2014 du Salon international du livre de Québec (SILQ) et pour les organisateurs, c’est assurément un succès.

La popularité du livre ne se dément pas et nombreux sont ceux qui aiment se rendre à ce salon pour avoir une idée des tendances et de la variété des livres offerts.

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Il y avait quelques livres en anglais mais pour l’essentiel, c’est une grande opération de relations publiques pour le livre francophone. Encore cette année, on y a retrouvé des auteurs québécois mais aussi, des offres de livres provenant d’ailleurs, dans la francophonie, comme du Sénégal qui avait son propre kiosque avec des livres inédits qui ouvrent une fenêtre sur la réalité de cette région du monde.

Pour ceux qui souhaitent rencontrer des auteurs, c’est assez facile. Il faut idéalement (mais pas forcément) acheter un de leurs livres pour ensuite faire la file afin de rencontrer l’auteur, le temps qu’il signe votre beau livre, tout neuf. Pour certains visiteurs, ça semble être un moment très agréable, même s’il ne dure généralement que quelques secondes (ou minutes, lorsqu’il y a moins de monde).

En plus des auteurs, il y a quelques ateliers ou discussions thématiques qui ont lieu, au fil de la journée. Il y en a pour tous les goûts mais avec le bruit, le flot de personnes qui veulent se frayer un chemin et le manque évident de places avec “vue sur la scène”, ça peut devenir un peu compliqué de bien suivre le déroulement de ces présentations.

Les exposants étaient principalement des maisons d’édition de livres qui avaient clairement pour objectif de vendre leurs livres. Qui pourrait les blâmer? Ils paient pour un kiosque alors ils peuvent bien y faire ce qu’ils veulent.

Le hic, c’est que le Salon est présenté comme un lieu qui valorise le livre mais ça a tellement l’air d’un gros magasin de vente de livres qu’on se demande si c’est vraiment comme ça qu’on insuffle le goût de la lecture. Donc, beaucoup d’emphase sur la vente des livres et très peu sur l’essence-même des livres en tant qu’outils de transmission de connaissances, de divertissement ou même, de fascination.

La vente de livres, on s’y attend et on s’en accommode mais ce qui nous prend un peu par surprise, ce sont les prix bien plus élevés qu’ailleurs. Par exemple, une bande dessiné des populaires personnages des “Nombrils” se vendait 17,95$ alors que chez Costco, le même livre se vend 11,99$, une différence de 5,96$. C’est une différence qui s’explique mal puisque ce livre était vendu au kiosque du distributeur autorisé alors c’est clair que c’est celui-ci qui empoche le profit. Rien de mal à faire de l’argent mais dans un contexte de salon dédié aux livres, ne devrait-il pas y avoir un effort collectif pour offrir ces livres aux meilleurs prix possibles?

D’autres livres étaient carrément hors de prix parce qu’offerts à ce qui ressemblait à un “prix de détail suggéré” mais bon, l’antidote à ces prix “boostés pour le salon”, c’est de ne pas en acheter, tout simplement.

Et c’est justement là que ce salon déçoit, à savoir qu’il force les gens à payer un prix d’entrée (raisonnable mais il faut payer 4$, quand même) pour avoir accès à une grosse quantité de livres systématiquement offerts PLUS CHER (ou parfois à prix égal, rarement moins cher) qu’ailleurs, comme chez Costco ou Wal-Mart, là où la culture québécoise est offerte à prix abordable.

Quand on sait que ce sont principalement des fonds provenant du trésor publique qui financent abondamment cet évènement pour le profit quasi-unilatéral d’éditeurs privés, ça laisse une drôle d’impression. Une sorte de “B.S. des organisateurs de salons pour le livre”? Dans un contexte de financement publique si important, ces éditeurs-exposants n’auraient-il pas envie de “donner un break” aux lecteurs qui les encouragent en leur consentant de meilleurs prix que ceux de Costco?

Il semblerait que non et les visiteurs, s’ils ont déjà vu les prix de Costco et de Wal-Mart, continueront de fréquenter ces magasins qui —ironiquement— font plus pour promouvoir le livre québécois que n’importe quel salon du livre! Mêmes livres… bien moins chers.

Ainsi, il y a un peu d’intéressement au livre (au SILQ) mais lorsqu’on voit les prix, on déchante. Ou enfin, quiconque doit surveiller son budget, déchante… et attend d’aller faire un tour chez Costco ou Wal-Mart.

Ceux qui cherchent les petits auteurs indépendants peuvent en trouver, au SILQ.

Campés dans leurs jolis petits kiosques, ces auteurs carburent à la passion et en les écoutant, on se rend compte de leur talent à raconter des histoires, à les illustrer ou à les contextualiser au point où on a hâte de les lire, dans le confort de notre foyer.

Ce serait bien amusant de pouvoir lire des livres, au SILQ mais…

  1. Il y a beaucoup trop de monde (ça pousse et ça bouscule); et
  2. Il faut retourner au parcomètre avant de se faire coller un constat d’infraction.

C’est clair qu’en organisant ce genre de salon grand-public au Centre des congrès de Québec, c’était écrit dans le ciel que le stationnement (sous le Centre, exploité par Vinci Park) serait plein (et fermé) avant 11h alors tous les parcomètres à 2 kilomètres à la ronde se sont remplis… tout comme les autres stationnements du secteur. Pas surprenant que SPAQ soit un commanditaire de l’évènement. Ca$hing.

Quand même surprenant que Vinci Park (opérateur du stationnement sous le Centre) ne contribue pas au SILQ, à titre de partenaire.

On félicite tous les auteurs qui ont pris le temps de participer au salon pour y présenter leurs œuvres mais en même temps, on se demande s’il ne serait pas temps de réévaluer la formule pour la moderniser et la rapprocher des attentes des visiteurs… plutôt que de servir de vitrine commerciale pour une poignée d’éditeurs qui y vont pour faire sonner leur caisse enregistreuse.

Mais bon…

Si les uns paient pour y exposer et que les autres paient pour aller y faire un tour… et que ça fonctionne, pourquoi changer quoique ce soit? Pas vrai?

Alors bravo à tous ceux qui rendent cet évènement possible (principalement les citoyens, par leurs impôts et taxes) et aux organisateurs qui font du SILQ ce qu’il est, année après année.

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