Labeaume prépare un déficit démocratique sans précédent

L’actuel maire Régis Labeaume n’a toujours aucune concurrence digne de ce titre en vue des élections municipales du 1er novembre 2009, à Québec.

C’est dommage parce qu’il prépare depuis son entrée un poste une réorganisation en profondeur de la carte électorale municipale couplée à des mesures inédites qui paveront la voie à un déficit démocratique sans précédent pour les résidents de Québec.

Parmi les stratégies hostiles aux citoyens, on retient…

  • la réduction du nombre de conseillers municipaux de 37 à 27, ce qui donne d’autant plus de poids aux décisions du maire, au détriment de la diversité et de la représentation des intérêts de tous citoyens;
  • la possibilité pour ces 27 conseillers municipaux d’occuper leur emploi régulier à demi-temps (mais leur salaire de conseiller sera coupé de moitié);
    • un bémol sur ce point, le salaire de base d’un conseiller avant la “réforme Labeaume” est de 50,621$ et après [l’élection de novembre 2009], il sera de 72,521$ (incluant une allocation non-imposable de l’ordre de 14,584$) alors si le salaire d’un conseiller “demi-temps” est coupé de moitié, ça revient à 36,260$, soit 14,360$ de moins, seulement que l’actuel salaire;
    • autrement dit, si un conseiller peut se trouver un emploi qui paie plus de 36,260$ par année, il a un intérêt pécuniaire à ne travailler que la moitié de son temps, en tant que conseiller municipal.
    • alors, non-seulement il y aura 10 conseillers municipaux de moins mais en plus, ceux qui resteront seront probablement tous tentés d’occuper leur poste à “demi-temps” — il s’agit d’une très mauvaise nouvelle pour les citoyens;
      • remarquez que c’est tout aussi inacceptable que des conseillers municipaux encaissent leur plein salaire de conseiller en même temps qu’ils occupent un autre emploi (et c’est ce qui se passe, en ce moment, pour 4 membres du conseil). Régis Labeaume a raison de ne pas être à l’aise avec cette situation;
  • le passage du salaire de tous les conseillers municipaux (le 27 restants, après la “réforme-Labeaume”) à 72,521$, soit 21,900$ de plus que l’actuel salaire de base de 50,621$ (auquel il faut ajouter l’allocation non-imposable d’environ 14,584$), représente une augmentation de salaire de 30,2%, du jour au lendemain;
    • aucun dirigeant, du public ou du privé, ne devrait recevoir une telle augmentation de son salaire en période de récession (au Canada);
    • même si les postes rémunérés (qui donnent des revenus supplémentaires aux conseillers municipaux) doivent passer de 67 à 18 (comme au RTC, à ExpoCité ou à la CMQ), c’est inacceptable que le salaire de tous les conseillers soit augmenté de plus de 30% et ce, sans aucune mesure du mérite pour justifier cette spectaculaire hausse;
  • le maire, lui, continuera de gagner 162,676$ (incluant l’allocation non-imposable [dont on ignore l’ampleur]);
    • en plus de conserver son salaire princier, Régis Labeaume va arracher ce qu’il reste de démocratie en demandant au MAM de modifier la charte de la ville pour attribuer au maire le pouvoir, en début de mandat, de désigner un maire suppléant (lors du décès d’Andrée Boucher, c’était l’opposition qui avait choisi Jacques Joli-Cœur pour lui succéder — son passage a été mouvementé, pour dire le moins);
    • autrement dit, M. Labeaume enlève un autre pouvoir qui appartient actuellement au conseil municipal;
  • les deux (2) vice-présidents du comité exécutif de la ville gagneront 118,324$, chacun — M. Labeaume ménage ses “collaborateurs”;
  • les autres membres du comité exécutif, de même que les présidents de conseils d’arrondissements et le chef de l’opposition (s’il y en a un, après l’élection de novembre 2009) gagneront 103,056$, chacun;
  • le président du conseil municipal, le maire suppléant, le président de la commission d’urbanisme ainsi que les conseillers associés au CE gageront 87,769$.

En fin de compte, on voit que personne ne crie famine, à l’Hôtel de ville de Québec.

Ça “roule carosse” assez rondement — on ne sent pas du tout les effets de la récession dans les rangs des élus municipaux. À tel point que ça laisse songeur, surtout après les hausses de taxes répétées du maire Labeaume qui, lors des élections, avait dit qu’il ne les hausserait pas.

La masse salariale des élus de la ville de Québec passera donc, après les élections de novembre de 3,1M$ à 2,6M$ mais les citoyens, eux, auront perdu 10 conseillers qui auraient pu veiller à protéger leurs intérêts.

Là, avec l’élection “sans opposition” de Régis Labeaume et de son “équipe”, on risque de se ramasser avec 27 conseillers municipaux qui votent selon la même “ligne de parti” ce qui revient à dire que le maire aura un pouvoir dictatorial, sur la ville.

Ainsi, en l’absence d’une opposition crédible, la domination-Labeaume à l’Hôtel de ville annonce des jours plus sombres pour quiconque n’aurait pas la même vision que lui, pour le développement de notre ville.

Pour toutes ces raisons, Régis Labeaume a bien manœuvré pour s’assurer du pouvoir absolu sur toutes les décisions (et directions) de la ville de Québec mais il faut bien admettre que ça le sert mieux, lui, que les citoyens.

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Claude Gélinashttps://videos.claude.ca/
Passionné des communications numériques, du développement web, de l'infographie et des avancées technologiques, au sens large.

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