Les financiers ayant rendue possible la venue de Target au Canada n’auront finalement pas été patients, ce qui vient de provoquer la faillite de cette chaîne de magasins à grande-surface, au pays.

chien-bullseye-de-targetC’est donc avec surprise que les 17,600 employés travaillant dans les 133 succursales de Target ont appris que l’entreprise était en faillite et qu’elle cessait toutes ses opérations, au Canada.

Une aventure qui aura coûté quelques 7 milliards de dollars canadiens aux financiers américains, soit la maison-mère de Target, à Minneapolis, au Minnesota. Tout un fiasco qui aura commencé avec beaucoup d’enthousiasme pour se terminer en queue de poisson, à la mi-janvier 2015.

Les financiers trouveront sûrement un poste de profit pour appliquer cette “perte canadienne” et donc, ne perdront probablement rien, au final mais les employés qui s’étaient investis pour le succès de l’entreprise, au Canada, eux, se retrouvent le bec-à-l’eau. Souhaitons que ces derniers avaient un plan professionnel alternatif mais rien n’est moins, dans le commerce de détail, où les bons emplois sont parfois difficiles à dénicher. Il y avait de nombreux employés au salaire minimum qui pourront se replacer assez vite mais tous ceux qui gagnaient plus pourraient devoir accepter un salaire moindre, du moins, à court terme puisque les gros salaires existent dans le commerce de détail mais ce n’est pas généralisé.

Les 26 magasins Target de la province de Québec vont profiter des prochains mois pour liquider leur inventaire et fermer définitivement les succursales. Ce sera un peu le dernier tour de piste des employés avant le moment de “la clé dans la porte”. Que d’angoisse pour les employés qui ne savent pas où ils iront travailler quand ce moment arrivera.

Alors voilà, une autre bannière du commerce au détail qui ferme. Américaine et riche, la chaîne Target avait pourtant dit être capable de prendre son temps pour bien s’implanter au Canada. C’était faux. La rentabilité devait arriver vers 2021 mais c’était trop loin, pour les financiers qui ont décidé de retirer leurs billes maintenant pour limiter leurs pertes.

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L’implantation de Target est arrivée tellement vite qu’on se demande si les consommateurs ont réellement eu le temps de penser à changer leurs habitudes d’achat mais on se doute que le vrai problème avec Target, c’était un mélange de prix abusivement trop élevés pour des articles de qualité à peine supérieure à Walmart.

Target se battait contre deux géants. Walmart domine l’entrée de gamme, la variété et le tout-aller abordable alors que Costco passe la gratte, pour ainsi dire, pour les produits de consommation courante, incluant quelques produits de luxe. Comment Target pouvait-elle changer les habitudes des consommateurs qui se retrouvent dans ces deux magasins plutôt complémentaires?

On se doute que Target aurait pu faire mal à Walmart si les prix avaient été moins élevés mais à qualité égale, Walmart vendait moins cher… bien moins cher.

Ainsi, Target a perdu, sur toute la ligne, au Canada.

Ça envoie un message clair aux autres commerces de détail, à savoir que si le magasin est vide ou presque vide, les clients sont en train de s’habituer à consommer, ailleurs.

Que ce soit chez un concurrent qui vend moins cher, dans les annonces classées pour des items usagés à bas prix ou encore, via l’internet (qui accapare jusqu’à 30% des ventes, en électronique grand-consommateur, par exemple), un magasin comme Target avec une approche de prix trop “réguliers”, voir élevés, n’a aucune chance.

Parlant du web, le fait que Target Canada n’avait PAS de site web transactionnel a sûrement contribué à sa chute. L’e-commerce étant absolument prioritaire pour tout commerce de détail voulant rejoindre une partie “plus branchée” de sa clientèle qui achète comme tout le monde mais qui n’a plus le temps ou l’intérêt pour aller sur-place, dans une succursale.

Le problème de l’absence de commerce électronique ne touche pas que Target puisqu’au Québec, c’est 50% des commerçants qui n’ont même pas de site web. La proportion est encore plus grande pour ceux qui n’ont pas de site web d’e-commerce

Pendant ce temps, les sites web totalement transactionnels des grandes chaînes comme Walmart, Costco, Canadian Tire, Home Depot, Rona, La Baie, Sears, Old Navy, Children’s Place, GAP, Apple, FutureShop et Toysrus fonctionnent à plein régime.

En clair, les commerces qui négligent l’internet s’orientent vers un avenir plutôt difficile puisque le commerce électronique continue de croître.

Les consommateurs vont continuer à visiter les magasins mais ceux-ci devront voir à offrir une expérience de magasinage rehaussée sinon, les gens vont rester dans leurs petits châteaux et magasiner autant qu’il leur plaira, sur leur divan, un iPad dans les mains.

Avec cette faillite, c’est tout le marché du commerce au détail qui doit revoir ses stratégies pour éviter un sort semblable. Est-ce qu’une chaîne de magasins comme Sears va penser à revoir sa formule pour redevenir une “destination” prisée par les consommateurs? La question se pose aussi à La Baie où les allées sont remplies de beaux articles mais les clients, eux, ne sont plus nécessairement au rendez-vous. Est-ce que ça peut durer longtemps, comme ça?

Le summum de l’ironie, dans le cas de la faillite de Target, c’est qu’au cours des prochains mois, les affaires vont tourner rondement parce qu’ils vont faire ce qu’ils auraient dû faire depuis le premier jour, à savoir de baisser leurs prix!

Oui, les baisses de prix à venir vont ENFIN favoriser les clients fidèles à Target. Ce sera bref mais ça va forcer la concurrence à s’ajuster pour ne pas perdre trop de ventes.

À un tel point que les financiers vont peut-être en venir à se mordre les doigts en voyant les ÉNORMES chiffres de vente qu’ils vont générer au cours des prochains mois menant à la fermeture complète. Ils vont peut-être se dire qu’il aurait fallu baisser les prix AVANT d’en arriver là.

Enfin bref, il ne pas trop verser de larmes pour ces financiers américains qui sont capables de “perdre” 7 milliards de dollars sans même broncher!

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Nos pensées accompagnent les 17,600 employés de Target qui n’auront bientôt d’autre choix que de se trouver un nouvel emploi et bien entendu, on leur souhaite beaucoup de succès dans leurs démarches.

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