C’est l’automne, il fait noir de bonne heure et pour couronner le tout, il commence à faire très froid.

Pour les 43% de Québécois qui gagnent moins de 20,000$ par année, c’est une période éprouvante où les dettes mènent généralement au manque de liquidité et pour un nombre encore trop grand de nos concitoyens, au suicide.

Le système bancaire canadien, bien que toujours sous la gouverne du ministre des Finances, est unilatéralement “fixé” pour favoriser les institutions financières qui prennent NOTRE argent à 0,25% (de la Banque du Canada) et nous le prêtent, ensuite, à 5, 10, 15, 20% ou plus.

Pas surprenant que tant de citoyens du Québec croulent sous les dettes et aient envie de se suicider tant notre société n’accorde aucun pardon aux “perdants” qui n’arrivent pas à “briller parmi les meilleurs” — notre société est conçue pour pousser les gens au suicide parce que notre système politique, censé protéger nos intérêts, protège les intérêts des institutions financières qui, elles, s’assurent de nous vider les poches aussi rapidement que possible.

Vous voulez vous appauvrir?

Essayez les cartes de crédit (à 19,4% d’intérêts), les frais bancaires qui n’en finissent plus ou les taux d’intérêts plus élevés pour quiconque n’a pas une cote de crédit “parfaite”.

Les institutions financières ne manquent pas d’imagination pour humilier les individus qui n’ont plus assez de 24h dans une journée pour boucler leur budget de misère.

Il y a, bien entendu, une tranche de la population qui s’en sort plutôt bien: familles bien nanties, réception d’héritages multiples, transmission de patrimoine et suppléments monétaires au moindre signe de stress financier viennent souvent s’ajouter à des emplois grassement payés dans la fonction publique ou dans des firmes privées où n’entrent que les “contacts privilégiés” et alors, on se ramasse avec un 25% qui ne comprend absolument RIEN à l’enfer-sur-Terre que vivent “les autres”.

Alors, est-ce que c’est une bonne idée de se suicider pour mettre fin au calvaire des dettes qui n’en finissent plus?

À voir la popularité croissante du suicide pour des raisons économiques, il semble que oui (selon ceux qui “passent aux actes”, du moins).

Le gouvernement a beau dire qu’il ne faut pas se suicider (!), la décision de mettre fin à sa vie est largement individuelle même si les conséquences, elles, sont en partie “sociales”. En clair, les autorités publique n’ont pas d’affaire à mettre leur nez dans les affaires personnelles des gens, même quand ça concerne le suicide.

En fait, si les autorités publiques s’occupaient de protéger le public comme il se doit, il n’y aurait pas de suicide pour des raisons économiques mais voilà, ils favorisent unilatéralement les transnationales étrangères, le duopole médico-pharmaceutique et bien sûr, les institutions financières alors sans grande surprise, les citoyens “pris à la gorge” se suicident de plus en plus souvent.

Regardez simplement le couple de Marc Laliberté et de Cathie Gauthier avec leurs trois enfants morts, au Saguenay. La maman n’a pas eu le courage d’aller jusqu’au bout mais le reste de sa famille a quitté ce bas-monde pour des raisons largement économiques. Au Saguenay, les mêmes “bien pensants” continuent de blâmer la seule survivante du pacte de suicide mais ils omettent de pointer le doigt vers eux, aussi.

Quelle société complètement ruinée, moralement, veillerait à maintenir une mère de famille de trois enfants au salaire minimum dans une boutique de vêtements? C’est une recette parfaite pour mener au suicide! Sérieusement, 360$ par semaine (moins les “déductions à la source”) pour faire vivre trois enfants — vous y arriveriez, vous?

Et la “madame” en charge de la fameuse boutique de vêtement où travaillait Cathie Gauthier qui disait que son employée avait l’air “triste”! Non, mais! Elle aurait l’air triste elle aussi s’il fallait qu’elle fasse vivre sa famille au complet avec un salaire de misère.

On pourra dire ce qu’on veut à propos de Marc Laliberté et le fait qu’il a fait de mauvais choix de carrière (car il s’est planté, c’est vrai), il n’en demeure pas moins que notre société nombriliste et compartimentée a tourné le dos à cet homme chaque fois qu’il a tenté de crier sa détresse.

À force de s’auto-humilier, les gens finissent par se dire qu’il n’y a plus de raisons de continuer à “creuser son trou” et voilà, ils commettent l’irréparable. Les dettes continuent d’exister mais les loups (des institutions financières) n’ont plus personne à tourmenter pour récupérer leurs “intérêts”, à perpétuité.

Le suicide, pour des raisons économiques, c’est le proverbial “pied de nez” ultime, au visage des “prêteurs” qui ont traité leur “client” comme un numéro et non comme un être humain.

Mais le message ne passe pas.

Les gouvernements ne font RIEN pour prévenir LES CAUSES du suicide.

Les institutions financières qui réclâment 19,4%, 28,8% et plus s’en lavent complètement les mains et osent dire qu’elles n’ont “rien à voir là-dedans”!

Autrement dit, le “racket” de l’endettement continue de plus belle, qu’importe l’explosion du nombre de suicides pour des raisons économiques.

Certes, il serait plus noble de dire qu’il faut “se battre” et trouver le moyen de repayer ses dettes pour se sortir de sa misérable existence mais lorsque les loups (les “prêteurs”) mettent de la pression pour recevoir leur dû, plusieurs êtres humains considèrent que le suicide est leur seule porte de sortie honorable, via laquelle ils échappent à la méchanceté inhérente de notre “système social”.

Le Québec est pauvre.

Nous sommes comparativement pauvres.

Faites-vous à l’idée.

Nos employeurs sont des junkies du salaire minimum et nos travailleurs n’ont d’autre choix que d’afficher un large sourire en se faisant entuber à moins de 360$ par semaine avec la promesse de se faire “mettre à la porte” au premier “faux pas”.

Alors voilà, habituez-vous aux suicides parce qu’il va y en avoir de plus en plus.

C’est triste mais au moins, c’est réaliste.

Les gens étouffent sous les dettes et même ceux qui n’en ont pas sont frappés par un barrage d’impôts, de taxes et de “frais” divers qui les appauvrissent continuellement.

Ce qui est le plus triste, c’est de savoir qu’il y a plein d’enfants qui tombent victimes des mauvais choix de leurs parents mais qui, au fond, sont des victimes d’une société qui se dit “généreuse” mais qui, au fond, n’a aucun intérêt à enrichir son voisin.

Y a-t-il une solution aux suicides qui ont lieu pour des raisons économiques?

Bien sûr!

Les solutions, en fait, sont nombreuses: redistribution plus juste de la richesse, garantie d’occuper un emploi permettant de vivre dignement, assurance de manger trois repas sains, délicieux et nutritifs, à tous les jours et ainsi de suite. Contrairement aux idées “de droite” des médias “pro institutions financières (qui profitent de la misère des gens)”, ce serait facile d’y parvenir mais tant que la mobilisation du plus grand nombre n’aura pas lieu, ça ne s’améliorera pas.

On aura beau dire ce qu’on veut, entre donner un chèque de 25,000$ à une jeune famille qui croule sous des dettes oppressives et les laisser se suicider dans la plus grande indifférence, le Québec a fait son choix.

Chaque suicide est une preuve tangible de la faillite du “système québécois”, qu’on le veuille ou non.

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4 Commentaires

  1. […] Si la pauvreté ne paralysait pas autant, ce serait plus facile de s’en sortir mais quelle personne pauvre prendra la chance de laisser son boulot de misère qui assure le strict minimum pour survivre pour tenter sa chance avec un autre emploi plus payant mais aussi, plus risqué? Lorsque le prochain repas quotidien repose dans la balance de chaque décision, les choix se font dans la peur de sombrer dans la pauvreté absolue et souvent, dans la mort (oui, au Québec, des gens meurent de la pauvreté et parmi eux, il y a de nombreux enfants). […]

  2. 100% en accord…

    Je fais parti des candidats potentiel. 2 choses m’empêchent présentement d’en finir: mes 3 garçons et mon manque de courage.

    Je m’accroche encore et de semaine en semaine, mes états financier ne cessent de se détériorer. Il semble que de travailler à temps plein ne suffise pas à remonter la pente. La seule alternative qu’il me reste, c’est d’attendre la décision de ma banque concernant ma demande de ré-hypothéquer ma maison.

    J’ai énormément de haine mais personne d’autre que moi à blâmer.

    Le stress est extrême et cela me fais plutôt peur… je n’ose pas compter mes connaissances qui se sont suicidé, plus de 20. Il me semble que c’est alarmant mais tout ça, c’est tabou et il ne faut surtout pas mentionner les cas de suicide aux médias… belle société… nous nous sommes fait laver le cerveau, nous n’avons plus aucune vraie valeur de la vie. Tout est centré sur l’économie et l’argent.

    Où allons nous? …à notre perte et cela arrivera bientôt. La vie, comme nous la connaissons, changera radicalement, bientôt. Nos gouvernements ont très bien travaillé et grâce à ce système, je suis persuadé que la fin de cette époque est proche.

    La vrai détresse humaine est à venir.

    Essayons de rester positif en attendent que le ciel nous tombe sur la tête.

  3. J’ai été mal conseillé et je n’ai pas été assez à mon affaire, je l’assume. J’ai travaillé à l’étranger pour des services de sécurité de sites humanitaires en Afrique et au Moyen-Orient. On m’a dit que comme je travaillais pour une firme étrangère (non-canadienne) dans un pays étranger, je ne devais pas payer d’impôt. Je suis revenu au pays récemment après 9 ans, on m’a diagnostiqué un syndrôme de stress post-traumatique et dépression sévère, c’est vrai que j’ai vu beaucoup d’horreurs toutes ces années.

    Le gouvernement me dit que je lui dois 84 000$, 3 fois ce que j’ai pu mettre de côté. J’ai tout perdu. Je n’ai ni conjointe ni enfant. Pas vraiment d’ami non plus et vu mon état psychique délabré ça ne risque pas de s’améliorer sur ce front-là.

    J’ai donc mis mes choses dans des boîtes et donné mes quelques trucs de valeur à des charités. La seule chose qui me reste à faire avant de ne plus avoir de quoi me payer un café ou à manger, c’est d’aller m’acheter une bonne corde, un bon crochet, des tie-wraps pour mes mains, 6 grammes d’héroïne et me pendre dans ma baignoire.

    Bonne chance à ceux et celles qui auront eu plus de courage que moi.

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