Depuis la création d’Opération Enfant Soleil (OES), en 1988, un peu plus de 114M$ ont été remis au Québec, grâce à la générosité des donateurs, incluant bien sûr le grand public.

Lorsqu’il est question d’offrir des soins médicaux de qualité aux enfants, les Québéois délient facilement les cordons de leurs bourses. Le téléthon annuel d’OES, tenu cette année au pavillon de la Jeunesse sur le site d’ExpoCité, à Québec et diffusé intégralement sur le réseau TVA permet de canaliser cette générosité vers l’organisme.

Pour une 2e année, Annie Brocoli et Joël Legendre sont les animateurs principaux. Ils sont entourés d’une équipe d’animateurs connus comme Alain Dumas, Isabelle Cyr, Sophie Chiasson, Anick Dumontet, Philippe Fehmiu, Mélanie Gagné, Louis-Georges Girard, Josée Lavigueur, Jasmin Roy, Alex Perron et Clodine Prévost. De plus, une variété d’artistes participent au téléthon pour égayer les cœurs des petits et des grands.

Cette année encore, le téléthon devrait être un succès et une fois cet évènement terminé, la vie suivra son cours.

Alors, pourquoi est-ce qu’on sent qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas avec le principe même d’avoir à tenir un téléthon pour que nos enfants soient traités comme il se doit?

Pour le budget provincial 2007-2008 , c’est 23,8MM$ (44,3% du budget total) qui a été alloué à la santé.

23,8 milliards de dollars, du gouvernement.

Est-ce qu’un peu plus de 5M$ par année, provenant d’OES, devrait vraiment faire “toute la différence”? Après tout, ça représente à peine 0,021% du budget de la santé.

L’existence même d’OES force les citoyens à se poser de grosses questions, comme:

  • Comment se fait-il qu’avec un budget milliardaire, les soins médicaux prodigués aux enfants soient à ce point mauvais qu’il faille les suppléer de quelques 5M$ par année pour “faire une différence”?
  • Les professionnels en place sont-ils carrément incompétents pour s’occuper si mal des enfants, en l’absence d’OES?
  • Que font les professionnels de la santé avec la pluie de milliards que les citoyens leurs donnent afin qu’ils s’occupent convenablement de nos enfants?

À quelque part, il faut se demander comment il se fait que les soins pédiatriques québécois sont apparemment incapables de bien s’occuper des enfants malgré les milliards de dollars qui leurs sont remis, chaque année par tous les citoyens et soudainement, ô miracle, quand OES remet quelques 5M$, tout le monde est content.

Vous trouvez pas que ça sonne faux, tout ça?

Si c’est vraiment 5M$ par année qui manquent pour nos professionnels des soins médicaux prodigués aux enfants prennent leur métier suffisamment à cœur pour accompagner des enfants qui en ont besoin, alors qu’on augmente le budget gouvernemental de 5M$ et qu’on en finisse.

Des histoires de téléthons qui reviennent à chaque année pour nous faire pleurer en “mettant à contribution” les histoires d’horreurs qu’ont dû vivre des enfants, ça finit par devenir pénible.

Qu’importe l’angle sous lequel ont l’analyse, le téléthon d’OES prouve que l’administration de la santé, au Québec, fonctionne très mal et gère l’argent de manière irresponsable.

Pourquoi?

Parce que si des citoyens vous donnaient des milliards de dollars pour vous occuper des enfants, vous trouveriez sûrement le moyen de bien faire les choses sans avoir à demander la charité à hauteur de 5M$ par année, pas vrai?

Et bien il semble que nos fonctionnaires et nos médecins-pédiatres soient incapables d’une telle “efficacité”.

C’est triste.

Vous savez, c’est très difficile, socialement, de questionner l’existence d’OES. Avec le temps, c’est devenu une entreprise comme une autre. Une entreprise rentable, en fait. Plus les Québécois pleurent sur le sort réservé à nos enfants malades, plus ils paient pour qu’OES, avec ses quelques 5M$ par année, vienne sauver le réseau de la santé milliardaire qui est apparemment trop empêtré pour s’en sortir seul.

En tant que société, il faut (évidemment) saluer et célébrer ceux qui consacrent de leur temps pour aider nos enfants.

Que ce soit en tant que bénévole ou via un travail rémunéré, l’aide aux enfants revêt un caractère très noble.

À cet égard et ce, tout spécialement, l’OES a beaucoup de mérite.

Ce qui fatigue, cependant, c’est cette impression très claire que les enfants vont “retomber” dans la médiocrité absolue des soins de santé publique si OES devait ne pas collecter assez d’argent, notamment durant son téléthon, pour leur venir en aide. C’est fou de penser comme ça, surtout que le réseau de la santé a déjà la plus grosse part du budget québécois à sa disposition!

L’Opération Enfant Soleil peut continuer à offrir ses services, celà va de soi mais en tant que société, il faut se prendre en main.

Tout ce qui est nécessaire pour bien s’occuper des enfants doit être pris en charge par l’État. Point final. Des histoires d’attendre après des organismes à but non-lucratif pour obtenir des appareils médicaux, c’est inacceptable.

En tant que société, nous sommes assez riches pour se payer les équipements médicaux dont nous avons besoin.

Autrement dit, si un enfant a besoin de soins, au Québec, il ne devrait pas avoir à demander, directement ou non, la charité à un organisme à but non-lucratif pour les obtenir. S’il n’y a pas assez d’argent au gouvernement pour payer les soins médicaux aux enfants, c’est au gouvernement qu’il faut “faire un grand ménage” et y congédier toute cette suite d’incompétents, syndiqués jusqu’aux oreilles et qui, à l’évidence, sont incapables de gérer convenablement les milliards qui leurs arrivent déjà.

S’il faut qu’à l’avenir, notre secteur de la santé trouve toujours une béquille comme OES pour se tenir debout, notre société s’en va directement dans un mur.

En 2006, la population du Québec s’établissait à 7,631,552 personnes. Sur un budget annuel de 23,800,000,000$, ça signifie que chaque Québécois a contribué l’équivalent de 3,118.63$ — ça comprend les bébés-naissants, les petits enfants et tous les citoyens, qu’importe leur statut ou leur état de santé. Évidemment, le gros de cette somme provient d’emprunts qui ont été portés à la dette alors ce seront nos enfants qui vont être pris pour payer ces sommes astronomiques.

En gros, les Québécois donnent déjà —qu’ils le sachent ou non— plsu de 3,000$ par année pour la santé.

Est-ce que de donner un autre 10$ à OES va vraiment changer les choses?

Nos professionnels de la santé sont-ils à ce point incompétents qu’avec nos 3,000$, ils sont incapables d’offrir un service convenable et que, soudainement, avec un petit 10$ de plus ils vont ENFIN être en mesure de bien s’occuper des enfants malades?

S’il est une chose, il faut remercier le téléthon d’OES qui nous fait prendre conscience, à chaque année depuis 1988, que la gestion des milliards de dollars alloués à la pédiatrie, au Québec, est spectaculairement mal gérée et s’appuie, en fin de compte, sur un petit 5M$ de secours, alloué selon les préférences d’une organisation externe.

En remettant les chiffres dans leur contexte, on finit par voir plus clair qu’en écoutant Annie Broccoli…

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