C’est aujourd’hui, le 19 août 2009, que les 15 installations de radars-photo du Québec entrent pleinement en fonction, incluant les 4 qui sont dispersés sur la rive-sud de Québec.

Désormais, de véritables amendes seront expédiées aux propriétaires des véhicules qui auront été photographiés lors d’une infraction au Code de la sécurité routière.

Que ce soit pour un excès de vitesse sur l’autoroute 20, direction ouest, tout près des bretelles pour accéder au pont Pierre-Laporte ou pour un feu rouge grillé à l’intersection Président-Kennedy et Louis-H.-Lafontaine, à Lévis, ce sera un policier confortablement installé au Centre de traitement des infractions, à Montréal, qui aura à déterminer s’il y a véritablement eu une infraction.

Même si Julie Boulet, ministre des Transports du Québec, décrit la situation en d’autres termes, il reste que désormais, ce sont des robots-automates qui vont surveiller les automobilistes québécois et ce, en continu.

Déjà, des rumeurs circulent à l’effet que le gouvernement du Québec veut taxer massivement les automobilistes dans l’espoir de ramener quelques centaines de millions de dollars par année, ce qui expliquerait (en partie) le fait qu’aucun point de démérite ne soit lié aux infractions constatées par les radars-photo et que le coût des amendes ait récemment été fixé à des sommets inédits.

Ainsi, les conducteurs délinquants pourront continuer à rouler de manière aussi dangereuse qu’ils le désirent, du moment qu’ils paient leurs amendes.

Julie Boulet revient continuellement sur le thème de la sécurité routière mais son “système” de radars-photo risque justement d’augmenter le danger sur nos routes parce qu’un contrevenant au Code de la route qui a les moyens de payer sa contravention —et il y en a plusieurs— commettra son infraction (en sachant qu’il recevra une amende) le sourire aux lèvres… qu’importe qu’il mette la vie des autres automobilistes en danger!

Les points de démérite ont été mis en place pour une raison: retirer temporairement de la route les automobilistes parmi les plus dangereux. Or, les radars-photo vont aller à 180 degrés à l’encontre de cette logique.

Les radars-photo du ministère des Transports seront des machines à imprimer l’argent (pris à même les poches des automobilistes commettant des infractions) mais ils n’amélioreront PAS notre sécurité ou sinon, ils auront un effet minime aux endroits très précis où se trouvent les installations actuelles.

Et c’est justement en se basant sur cette logique perverse que la ministre Julie Boulet risque de revenir à la charge pour polluer les abords de toutes les routes québécoises avec ces coûteuses installations.

Dans sa livraison du 17 août 2009 du Journal de Québec, la ministre Julie Boulet a réagi aux critiques voulant que les radars-photo ne servent qu’à remplir les coffres de l’État en rappelant que “l’argent des amendes et des frais accumulé grâce aux nouveaux appareils sera versé au Fonds de la sécurité routière, exclusivement consacré à financer des programmes de sécurité routière ou d’aide aux victimes de la route.” — Ha! Souhaitons que les Québécois ne se laisseront pas endormir par ça!

Parlons-en du “Fonds de la sécurité routière” — il n’a même pas de site web pour qu’on puisse connaître exactement ce qu’il advient des montagnes d’argent-facile qui vont commencer à “entrer dedans”, dès aujourd’hui!

La seule fois où il a été formellement question de ce fonds, c’est en 2007 dans l’épouvantable document répressif de Julie Boulet, présenté à l’Assemblée nationale et intitulé “Loi modifiant le Code de la sécurité routière et le Règlement sur les points d’inaptitude” (le projet de loi 42) au point 69 où il est écrit “1.1° le ‘Fonds de la sécurité routière‘ affecté au financement de mesures ou de programmes de sécurité routière et d’aide aux victimes de la route” — c’est clair ça, les amis! Ça s’applique à peu près à… n’importe quoi. La ministre Julie Boulet va donc pouvoir faire à peu près TOUT CE QU’ELLE VEUT avec l’argent qu’elle va percevoir, de force, des automobilistes. Mais ça, elle évitera soigneusement de le dire…

Mais ce n’est pas tout…

La ministre Julie Boulet en remet en disant qu’afin de “[…] garantir les droits des citoyens, le gouvernement du Québec s’est donné des obligations très strictes” (bien sûr, comme les “exceptions” n’existaient pas) et elle en profite pour rappeler que pour “éviter de piéger les usagers de la route, des panneaux de signalisation ont été placés aux endroits où se trouvent des radars photo.” — tant mieux si elle ne veut piéger personne mais dans les faits, ce sera différent.

Et votre vie privée, dans tout ça?

Julie Boulet déclare: “Afin de protéger la vie privée, il ne sera pas possible d’identifier les occupants du véhicule sur les photos transmises aux propriétaires des véhicules” alors voilà, c’est clair. La police pourra admirer votre binette et celle des occupants de votre véhicule, grâce à au moins deux (2) photos de l’avant de votre véhicule “en infraction” mais vous ne le saurez JAMAIS. Vous aurez l’impression que le système protège votre véritable identité mais détrompez-vous, l’agent de la Sûreté du Québec ne se gênera pas pour “analyser toute la preuve” qui se trouve devant lui, sur un écran d’ordinateur.

Alors pour la vie privée, on repassera!

Et en passant, lorsque celui qui reçoit la contravention n’est pas le conducteur en faute, il doit obligatoirement désigner le conducteur en infraction afin que le constat lui soit remis mais ça, c’est de la délation. Oui! Le Québec se transforme tranquillement en société où la délation est rendue obligatoire. Si vous trouvez ça confortable comme situation, tant mieux pour vous.

Mais l’argument suprême de Julie Boulet, c’est sa phrase fétiche: “On va sauver des vies“… nous sommes tous pour la vertu mais ses 15 radars-photo surveillent 15 endroits très spécifiques du gigantesque réseau routier québécois alors, pour être plus précise, la ministre Boulet devrait dire: “Nous espérons sauver des vies aux 15 endroits où les radars-photo sont en opération” et là, ce serait plus conforme à la réalité “sur le terrain”.

Et comme si les propos de Julie Boulet n’étaient pas assez révélateurs, il y a ceux de Jean-Marie De Koninck qui dit: “Le projet pilote n’est pas en place pour voir si les gens vont ralentir, c’est évident que ça va arriver. Nous faisons les tests d’abord pour s’approprier le système.” — alors comme ça, il connaissait DÉJÀ les conclusions AVANT de faire le projet pilote alors, sans le réaliser, il confirme que le “projet pilote” n’est qu’un vaste écran de fumée dont les conclusions, connues d’avance, ne changeront RIEN pour la suite des choses.

Et que veut dire M. De Koninck quand il dit “s’approprier le système”?

Ça veut dire quoi ça?

Qu’il faut le “comprendre… tout simplement” ou encore, ce qui est plus probable, apprendre comment mieux TAXER les automobilistes? Ça veut peut-être dire autre chose mais dans la mesure où la Sûreté du Québec refuse catégoriquement de montrer son Centre de traitement des infractions à la presse, ils peuvent “s’approprier le système” comme ils le souhaitent, loin de yeux du public.

Quand la police se cache pour faire sa besogne, il y a généralement des raisons de s’en préoccuper…

Et bien entendu, M. De Koninck a ajouté qu’à “chaque fois qu’on réduit la vitesse moyenne d’un km/h, on améliore le bilan routier de 3%”. Si l’on applique cette logique aux 600 décès annuels sur les routes du Québec, ça signifie que quelques 18 vies par année seraient sauvées, en principe, avec la réduction d’un seul kilomètre/heure. Et toujours selon JMDC, c’est une règle linéaire qui ne change pas. Ce que M. De Koninck ne dit cependant pas, c’est que les radars-photo ne réduiront pas la vitesse d’un (1) km/h sur l’ensemble du réseau routier québécois mais bien à 15 endroit très précis!

La logique a donc beau être “implacable” —ce qui mériterait d’être approfondi, en passant— mais force est d’admettre qu’elle ne s’applique sûrement pas aux 600 victimes annuelles, sur nos routes.

On pourrait parler des radars-photo toute la journée tellement ils soulèvent la controverse —malgré les entrevues-éclair archi-complaisantes qu’on peut voir dans les bulletins télévisés— mais ce n’est pas que dans des blogues comme celui-ci qu’il faut dénoncer la montée des robots de surveillance de la population, ce sont les citoyens qui doivent faire connaître leur position aux élus qui, par la suite, doivent (en théorie) refléter leurs préoccupations dans leurs décisions.

Julie Boulet et Jean-Marie De Koninck veulent sûrement sauver des vies.

Ça tombe sous le sens commun que toute personne normalement constituée souhaite préserver la vie.

Mais…

Ce qui est en jeu, ici, dépasse le simple vœu de sauver quelques vies, il s’agit de l’établissement d’un nouveau mode de surveillance qui aura comme fonction de contribuer à taxer davantage les automobilistes et ce, à des endroits très précis et sans qu’une présence policière physique n’ait à s’y trouver.

Notre société connaît actuellement des changements mais il va falloir se demander si ces changements sont vraiment à notre avantage, en tant que citoyens et en tant qu’usagers du réseau routier où encore, si ce ne serait pas un grosse mise en scène visant à introduire des mécanismes répressifs inédits qui pourraient nous empoisonner la vie, aussi bien à l’heure actuelle que dans l’avenir.

Les Québécois qui rêvaient d’être surveillés par des robots, 24 heures par jour et 7 jours par semaine, beau temps, mauvais temps, sont servis parce qu’à 15 endroits très précis du réseau routier, c’est le cas. Et c’est avec notre trésor public que le gouvernement a acheté ces machines à taxer et maintenant, ils tentent pas tous les moyens de nous convaincre que c’est pour “notre sécurité”.

Ils ont peut être raison mais pour l’heure, rien n’est encore joué et il va falloir continuer à les surveiller parce qu’eux, ils ne se gênent pas le faire!

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3 Commentaires

  1. Après avoir été photographié par un radar-photo j’ai reçu une contravention. Je suis certaine que je vais être obligée de payer.

    Je voulais vous dire qu’il y a vraiment 2 justices: J’ai été victime d’un vol, j’ai noté la couleur du véhicule, la description de l’individu ainsi que sa plaque d’immatriculation et quand j’ai averti les policiers ils m’ont dit que même si un jour ça passait en cour, je n’aurais aucune chance de gagner.

    Le radar capte ton numéro de licence et là parce que c’est eux, ils gagnent……

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