La location d’un logement peut s’avérer pratique pour un locateur qui souhaite n’y rester qu’un temps donné.

Mais pour quiconque souhaite “investir dans la valeur de sa propre maison”, le logement tombe à plat.

100% des “paiements de location (mensuels)” vont dans les poches… du locateur.

0% pour le locataire qui paie pour le bien, au fil du temps.

100 versus 0.

Les logements sont donc des outils de concentration de la richesse des locataires vers les goussets (toujours plus profonds) des locateurs, ces développeurs immobiliers bien en vue, dans nos localités, grandes et petites.

Mécanique financière subversive

Alors que le locataire paie une mensualité qui couvre théoriquement “tous les coûts associés au logement”, le locateur, lui, utilise ce revenu pour rembourser l’hypothèque.

Or, ce faisant, le locateur qui paie à tous les mois se trouve à transférer sa propre richesse, aussi petite et fragile soit-elle, vers la richesse, souvent colossale, du propriétaire du logement.

Après 10 ans de location, par exemple, si le locataire quitte son logement, il ne recevra pas un sou. Il ne devra rien non-plus.

Toujours avec cet exemple, le locateur qui voudrait se départir de son logement, lui, aura bénéficié du labeur du locataire pendant la dernière décennie pour réduire l’hypothèque (ou enrichir ses coffres) ce qui, dans les faits, constitue un enrichissement unilatéral très important.

Dans le cas où ce même locateur, souvent un développeur immobilier, veut vendre son logement, il encaissera une somme typiquement bien supérieure aux loyers collectés pendant les 10 dernières années.

Ainsi, au plan de la mécanique financière des logements, on a un locataire qui s’appauvrit pendant 10 ans et un locateur qui s’enrichit sans cesse avec un patrimoine qui ne cesse de prendre de la valeur… pendant 10 ans.

La belle affaire, pour le locateur.

Socialement, c’est contre-productif de fonctionner ainsi puisqu’on se trouve à enlever la possibilité aux membres des classes pauvres et moyennes de s’enrichir, avec l’argent qu’ils consacrent à leur logement.

Et on s’entend que le logement, pour presque tous les locataires, c’est ce qui coûte le plus cher!

La règle et ses exceptions

Même si cette mécanique financière a cours, il arrive qu’un locataire préférera payer un loyer mensuel plutôt que les nombreuses factures, incluant les imprévus, typiquement associés à la propriété.

Précisons que le locataire paiera à la fois pour toutes les factures quand même (taxes municipales, taxes scolaires, améliorations locatives et imprévus) mais de manière étalée sur des paiements mensuels.

Ainsi, pour diverses raisons, la location peut sembler attrayante pour certains locataires.

Il est important de le noter, comme quoi tout n’est pas entièrement noir, malgré l’éléphant dans la pièce (la concentration de la richesse entre les mains des propriétaires immobiliers) décrit plus haut.

Du côté des propriétaires, locateurs de logements, il y aura toujours des “épreuves” ça et là.

Parfois, c’est un locataire malveillant qui cause des ennuis. D’autres fois, c’est la toiture qui coule et qu’il faut refaire. Les aléas de la vie peuvent toucher tout le monde, incluant les propriétaires de logements.

Mais…

À l’heure de faire le bilan, qu’importe les avantages et désavantages ponctuels pour les locataires et les locateurs de logements, ce sont ces derniers (les locateurs) qui ressortent gagnants.

Alors que le locataire aura payé toute sa vie pour avoir le droit de loger à une adresse, il ne lui restera rien, au moment de quitter ce logement qui, pourtant, devrait être le sien, au moins en partie.

Le locateurs, souvent un richissime groupe de développement immobilier (les “cages à poules” ayant pour but d’empiler autant de locataires que possible pour maximiser leur “investissement immobilier”), regardera son patrimoine augmenter à chaque mois en plus de se prendre une généreuse marge bénéficiaire, en profit.

Les barons et les cerfs

Encore de nos jours, on observe la logique des barons de l’immobilier qui collectent les loyers aux cerfs (qui vivent dans la “servitude”) et la relative précarité.

Les barons ont un pouvoir démesuré sur les cerfs.

Qu’importe les droits des locataires, la plupart d’entre-eux n’ont pas les moyens logistiques et financiers (ni le “temps libre”) qu’ont les barons de l’immobilier pour arriver à leurs fins.

En tout temps, les barons de l’immobilier peuvent user de diverses stratégies pour mettre de la pression sur un locataire qui aurait manqué un paiement de loyer (souvent en raison d’un imprévu ou d’un quelconque “coup dur de la vie”) et ce, même si le locataire a bien payé pendant une décennie. Les barons n’hésitent jamais à imposer leur autorité, en toutes choses concernant ce qui fait partie de leur patrimoine.

Même en ces temps modernes, ce sont les riches barons qui vivent la belle vie et à l’autre bout de l’arc-en-ciel, les cerfs qui, bien que libres de faire usage de leur temps comme bon leur semble, doivent assurer le confort de leur baron, au premier jour du mois, en payant leur loyer.

Le paiement du loyer mensuel au baron, propriétaire des lieux, devient le transfert de fonds le plus significatif du mois pour une vaste majorité de locataires, tellement c’est devenu dispendieux de se loger.

Le baron, propriétaire des lieux, n’acceptera que les cerfs “en moyens”, dociles et ponctuels. Gare à quiconque voudrait déplaire, de quelque façon que ce soit, au baron de l’immobilier qui attend son chèque, au premier jour de chaque mois, en plus d’un comportement exemplaire, en regard de l’usage qui est fait du logement.

Le locateur est légalement “chez-lui” mais au fond, il sait très bien qu’il n’est pas vraiment chez-lui mais bien, cerf pour le bénéfice du baron.

Réparer l’injustice

De tout temps, rien ne nous a jamais été “donné”.

Il en a coulé des rivières de sang pour chacune de nos libertés, aujourd’hui.

En 2,000 ans d’histoire “moderne”, il y a eu plus de 4,500 guerres et conflits qualifiés de “significatifs” alors pour ce ceux qui croient en une réalité “rose bonbon” de gentilles petites “négociations” entre les cerfs et leurs barons, revenez à la réalité. Les barons ne céderont rien aux cerfs.

En fait, les barons profitent grassement de leur prise strangulatoire sur leurs cerfs.

Pourquoi tempérer ce vampirisme économique?

Après tout, les barons n’empêchent pas les cerfs de vivre, ils ne font que prendre l’essentiel de leur budget mensuel pour leur permettre d’avoir un toit jusqu’au mois suivant où un autre paiement sera attendu. Et ainsi de suite. Les barons prennent plaisir à savourer leur pouvoir. Les cerfs, eux, pour la plupart, ne comprennent pas pleinement la nature de leur servitude économique au bénéfice presqu’entièrement unilatéral, pour le bénéfice des barons de l’immobilier et c’est triste qu’il en soit ainsi.

D’ailleurs, il n’y a pas plus servile que le cerf qui ignore sa condition… de servitude.

Et les barons de se réjouir de ces fleuves de cerfs vulnérables qui n’ont d’autre choix que de vivre de chèque de paie en chèque de paie, incapables qu’ils sont d’économiser pour acheter leur propre logement.

Mais qui finance les barons?

L’argent mène le monde.

Vous le savez et le barons le savent aussi. Mais d’où vient l’argent qu’ils utilisent pour acheter tous ces logements? On ne parle pas du propriétaire de 1 ou 2 logements mais des développeurs immobiliers, souvent milliardaires qui puisent allègrement dans la nébuleuse des facilités de financement qui leur sont offertes (mais refusées aux cerfs).

Pourquoi les riches barons de l’immobilier ont-ils accès à tant d’argent pour financer leur “développement immobilier”? Tout simplement parce qu’ils comprennent les programmes gouvernementaux qui garantissent l’essentiel de leur “investissement dans l’économie, via l’immobilier” et aussi, ceux qui les paient pour “augmenter l’offre de logements (et ainsi, permettre aux citoyens de se loger… sans égard à leur meilleur intérêt, au final… juste du court-terme).

La classe politique gagne à maintenir ces privilèges systémiques aux barons.

L’argent parle.

La “grosse argent” parle plus fort.

Pour les cerfs, il semble y avoir un bénéfice parce qu’il y a des “logements” qui deviennent disponibles alors les “élus” sont félicités… par les cerfs. On comprend les cerfs d’être heureux de pouvoir se loger mais c’est au prix du maintien de leur servitude et ça, personne n’en parle.

Les institutions financières aussi préfèrent traiter avec un baron qui a un patrimoine qu’un cerf qui, en comparaison, n’a à peu près rien sauf sa volonté de gagner sa petite place au soleil.

Ceux qui ont tenté de contracter un prêt bancaire depuis les dernières décennies ont pu constater de première main que seul “le patrimoine en garantie du prêt” arrivera à “convaincre” un banquier d’accorder le prêt.

Et moins le patrimoine est important, plus le prêt est qualifié de “risqué” alors plus il coûtera cher, en intérêts et en “conditions”.

Le cerf lambda n’a aucune chance.

Aucune.

À moins d’avoir un oncle plus riche qui se présente comme “garant” du prêt, auprès du banquier. Sans cet oncle (qui n’existe pas pour tous les cerfs), rien n’est possible, pour un cerf sans patrimoine.

Alors ça nous ramène à la question de savoir qui finance les barons de l’immobilier?

Il faut d’abord comprendre que l’immobilier, c’est comme un jardin, ça pousse mieux avec des “conditions gagnantes”.

Les barons savent bien qu’une bonne entente avec la classe politique favorisera l’émergence de solutions “publiques” (lire: dont le financement est “publique”) comme une matrice plus efficace de transport en commun, des routes bien entretenues, des services de traitement des eaux, d’aqueducs et même des parcs “publics” (même s’ils sont destinés à enjoliver l’intérêt pour des biens immobiliers à proximité, presqu’exclusivement).

Enfin bref, les barons savent que leurs “investissements dans l’immobilier locatif” seront encore plus rentables avec une “infrastructure publique” enviable.

Alors les barons font ce qu’ils ont toujours fait. Il financent les souverains. Aujourd’hui, ça passe par des caisses électorales, des fondations et même des comptes anonymisés qui ont été ouverts dans divers paradis fiscaux.

Pour les barons, l’objectif est simple: concentrer les profits (dans leur patrimoine) et socialiser les “pertes” (on parle de toutes les “dépenses sociales”… que les barons et les cerfs paient, ensemble… mais où les barons, via la fiscalité créative, n’hésitent jamais à payer aussi peu que possible et où les cerfs, eux, n’ayant généralement pas accès aux services de fiscalistes, paient une proportion indécente de leurs maigres budgets pour “entretenir leur milieu de vie”).

Et les barons sont absolument ravis de cet état de fait.

Comme les barons l’ont toujours fait, ils n’ont aucun complexe à s’enrichir sans fin, qu’importe la vie misérable que ça implique pour une grande proportion de leurs cerfs.

Et le pire dans tout ça, c’est que les cerfs n’y voient que du feu.

On pourrait croire que les cerfs exigeraient d’obtenir une part (ou la totalité) des mensualités qu’ils paient pour appliquer sur un achat éventuel de leur logement ou qu’ils demanderaient une division plus juste de l’important bénéfice obtenu lors de l’éventuelle vente du logement pour lequel ils ont payé mais non, les cerfs ne disent rien. Ils paient. Alors pourquoi les barons leur feraient-ils quelque concession que soit?

Les choses vont-elles s’améliorer pour les cerfs?

Tel qu’expliqué plus haut, les gains historiques de nos “libertés” se sont gagnés par le sang. Beaucoup de sang. Et ce sera exactement la même chose avec cet état des lieux lamentable des barons de l’immobilier et des cerfs qui s’appauvrissent, à chaque mois.

Ceci dit, tant que les cerfs sont divertis et maintenus dans leur niveau de vie, au sens large, il y a peu d’espoir de voir la situation évoluer en leur faveur.

Les barons, de connivence avec la classe politique, auront une réponse à leurs “tourments du moment” et le grand jeu de la dépossession des cerfs continuera de plus belle.

À moins que les cerfs ne comprennent que ce proverbial dîner de cons (où ils sont les cons) a assez duré et qu’il est temps de répartir de manière plus juste le droit de propriété du logement où chacun des cerfs canalise l’essentiel de ses forces vives, au plan financier.

Alors que les cerfs ont déjà toutes les raisons d’exiger le respect de l’effort qu’ils produisent pour assumer les coûts de leur logement sans jamais bénéficier d’un quelconque droit de propriété, les barons ont bien compris le jeu et puisqu’ils contrôlent le narratif de “pauvre propriétaires d’immeubles, victimes qu’ils sont des aléas de la vie immobilière”, ils vont continuer à rayonner en tant que barons, dans leur domaine d’affaires.

Les cerfs, c’est vous, vous amis, vos voisins.

Les barons ne sont que quelques milliers alors que les cerfs sont des millions, au Québec.

Et malgré l’importance en nombre des cerfs québécois, on constate que ce sont les barons qui gagnent au grand jeu du logement.

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