Depuis le 1er mai 2009, la Commission des normes du travail du Québec a fixé le salaire minimum à 9$/h (et 8$/h pour les salariés à pourboire) mais c’est microscopique lorsqu’on prend en compte les déductions “à la source” et les “couts” liés à l’occupation d’un emploi.

Par exemple, un individu qui travaille dans une boutique d’un centre commercial a généralement “droit”, pour son labeur, à une compensation qui avoisine le salaire minimum. Il peut arriver que l’employé ait droit à de petits bonis, des achats au (prétendu) coutant ou encore, quelques dollars de plus de l’heure mais bon, c’est quand même le proverbial “bas de l’échelle”.

À 37,5 heures par semaine, on parle de 337,50$ et aux deux (2) semaines, c’est un maigre 675$ auquel il faut enlever jusqu’à 15% (ou plus) soit 101,25$ pour un montant “dans les poches de quelques 573,75$.

Avec ces 500-quelques dollars, l’employé doit se nourrir pendant 2 semaines, s’habiller, se déplacer et se loger.

Wow!

La grosse vie, pas vrai?

Et pourtant, c’est la réalité pour des centaines de milliers de travailleurs québécois qui ont un emploi, certes mais qui vivotent au salaire minimal “permis” par la loi québécoise. En gros, une “job” au salaire minimum, c’est généralement une “job poche”.

Bien qu’il soit techniquement possible de boucler un budget de fortune avec le salaire minimum, il est singulièrement impossible d’en avoir assez pour élever un ou plusieurs enfants.

Le problème, c’est qu’à peu près tous les employeurs de type “transnationale” embauchent leurs employés au salaire minimum et les gardent à ce niveau ridicule de compensation pour aussi longtemps qu’ils le peuvent.

Puis, lorsque l’employé a vécu le calvaire d’un surcharge permanente de travail avec un compensation minime pour plusieurs mois ou années, l’employeur accorde un 25¢ de l’heure d’augmentation “à l’arrachée” mais augmente encore davantage les tâches, en échange.

Et ça dure comme ça pendant plusieurs années et ces employés complètement exploités finissent par se sentir “privilégiés” de gagner 11$ de l’heure, après quelques années d’ancienneté. Ces employés, pour bien paraitre devant la “direction” joueront le jeu et tenteront de convaincre les “nouvelles recrues” que leur employeur offre d’excellentes opportunités alors que, dans les faits, c’est une routine d’appauvrissement qui s’est installée si insidieusement que l’employé n’est plus capable de voir à quel point ses conditions de travail sont bien en-deçà de ce qu’il “mérite” pour le travail (de qualité) qu’il livre.

Il y a bien entendu des exception où des commissions sont éventuellement versées et où certains de ces emplois “sans issue” finissent, de temps à autre, par donner un salaire à la limite de la décence mais bon, ça demeure très marginal comme situation.

Est-ce que le salaire minimum devrait être haussé à 15$ de l’heure?

À vous de le dire parce qu’en ce moment, vous êtes tellement silencieux qu’on pourrait croire qu’en fin de compte, vous méritez vos 9$/h et pas un sou de plus.

Si vous ne vous faites pas entendre, vous allez continuer à “gagner” des salaires insultants.

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