Au moment où un tribunal spécial est réclamé pour juger la fraude de Bernard Madoff, évaluée à quelques 50MM$US, les Québécois sont en train de se laisser endormir par Jean Charest qui dit, essentiellement, que tout a été dit (oui, vous pouvez pouffer de rire) à propos de la perte de 40MM$CA de la Caisse de dépôt.

Les deux pertes se ressemblent, en termes de chiffres mais la nature de l’une est résolument criminelle (celle de Madoff) alors que celle de l’autre n’est… et bien, pas très claire.

Tellement pas claire qu’il est normal que les Québécois aient droit à des explications qui vont (bien) plus loin que les boutades floues lancées aux journalistes par Jean Charest (les 2 mains sur le volant) et Monique Jérôme-Forget (la sacoche sur le cœur). Ce duo politiquement aguerri joue tantôt à cache-cache, tantôt à “c’est pas moi le (la) coupable” — ils sont aussi pathétiques, l’un que l’autre.

Et pendant ce temps-là, on vient de perdre quelques 40 milliards de dollars du “bas de laine” de la fonction publique québécoise, environ le quart des avoirs!

C’est une catastrophe aux proportions inédites… et Jean Charest fait comme si rien de bien grave ne s’était passé.

Imaginez, on refuse-net de “dépenser” 500 quelques millions de dollars pour bâtir un majestueux pont à plusieurs voies au-dessus de la rivière Saguenay (qui nous permettrait de se rendre plus facilement sur la Côte-Nord) mais là, avec les “pertes” de la Caisse, on aurait pu en bâtir 80 ponts comme celui-là!

Et les Québécois semblent continuer à dormir au gaz pendant que Jean Charest et sa gang se défilent de leurs responsabilités. C’est tellement scandaleux, c’est incompréhensible que les fonctionnaires eux-mêmes ne soient pas en train de faire le ménage, manu-militari, au bureau-chef de la Caisse, à Montréal.

Sérieusement, si votre conseiller financier prend en charge votre fonds de retraite et en perd le quart, est-ce que vous êtes au moins en droit de lui exiger des explications? Évidemment! Les Québécois n’ont même pas ce “privilège” — on doit se contenter de petits bouts d’informations, ça et là.

Ça prend une commission parlementaire, des audiences publiques, des coupables clairement définis et surtout, un hallucinant ménage, de fond en comble, à la Caisse de dépôt, au ministère des Finances du Québec, au Conseil du Trésor et dans l’entourrage de Jean Charest car, à l’évidence, il a été très, très mal conseillé.

Et pour ajouter l’insulte à l’injure…

Les 40 milliards de dollars qu’on vient de perdre ont supposément (parce que c’est diablement difficile à valider de manière définitive) été “investis” à l’étranger.

Alors, non-seulement on vient de “perdre” 40MM$, les belles choses qui ont été achetées avec cette montagne d’argent ne “restent” même pas aux Québécois! Ayoye…

Pire…

On ne sait même pas qui a décidé de liquider nos investissements — n’aurait-il pas été préférable de racheter (à vil prix) les faillites au lieu de vendre (lire: presque “donner”) ça à des tiers (de riches membres de l’élite mondiale qui se seraient [encore] graissé la patte)?

Qui a profité de nos 40MM$?

Ce n’est certainement pas le peuple québécois qui, lui, se fait niaiser par la Caisse depuis que les Libéraux sont au pouvoir. Eux, qui sont en “parfaite harmonie” avec les orientations “internationales” de ses “dirigeants” qui préfèrent “investir” dans des PCAA étrangers que dans nos belles entreprises “locales” — c’est tellement scandaleux, on se fait avoir de tous les côtés… et ça continue!

Il y a quelqu’un, quelque part, qui profite de l’argent des Québécois et vu l’absence de transparence de la Caisse (et du gouvernement), c’est impossible de savoir qui.

Tant qu’à ne pas savoir grand chose, on peut se permettre de poser plein de questions qui nous passent par la tête, surtout vu l’ampleur sans précédent du scandale.

Par exemple, est-ce que les Desmarais ont profité, directement ou  non, de ces 40MM$ “perdus”?

Personne ne le sait ou encore, personne “ne veut en parler”… dans les deux cas, ça ne fait qu’alimenter les spéculations et le scandale, lui, demeure entier.

Au fait, Jean Charest devrait cesser de se rendre au domaine de Sagard, pour y rencontrer “sur ses heures et de manière confidentielle” les membres de la toute-puissante familles Desmarais. On ne peut que spéculer sur la nature de leurs échanges, au moment de ces “escapades”, hors-de-portée des médias.

Ah! Et tandis qu’on parle des Desmarais qui viennent d’embaucher l’ex-président de la CDPQ, les petites admissions de culpabilité, du bout des lèvres, d’Henri-Paul Rousseau devant une chambre de commerce (remplie de “ses pairs”, présidés par Hélène Desmarais — ô hazard) sont absolument irrecevables. Il va devoir se mettre à table et tout déballer parce que le discours “pêle-mèle” qu’il a livré n’est qu’une insulte de plus au visage des citoyens pour lesquels il n’a PAS bien géré leurs actifs, en vue de leur retraite.

Perdre 40MM$ dans le cadre d’un fonds spéculatif, c’est une chose.

Perdre 40MM$ dans un fonds de retraite d’employés du secteur public, c’est épouvantable.

Et je ne suis même pas fonctionnaire (loin de là, en fait) mais il va falloir qu’on m’explique pourquoi c’est moi qui déchire ma chemise sur la place publique alors qu’eux, pour une raison qui m’échappe totalement, semblent compatir avec les “pauvres gestionnaires” qui ont “perdu” de l’argent… leur argent!

Si les fonctionnaires continuent de se taire, on va finir par croire qu’il méritaient de se faire prendre le quart de leur fonds de retraite, étant trop bêtes pour défendre, bec et ongles, ce qui est à eux (ou enfin, ce qui l’était).

Enfin, il appartient aux Québécois de refuser la médiocrité des renseignements qui nous ont été communiqués, tout croche et à reculons dans le dossier de la “perte” de la Caisse de dépôt.

La justice n’est pas un cadeau divin qui descend du ciel. Si on veut faire triompher la justice (ne serait-ce qu’en principe), il faut se relever les manches et prendre les moyens pour l’obtenir. C’est avec ce “scandale explosif” qu’on va enfin voir de quel bois se chauffent les Québécois et tout spécialement, les employés de la fonction publique.

Sérieusement…

Au final, pouvez-vous me dire la différence entre les milliards “perdus” par Madoff et ceux “perdus” par les gestionnaires de la Caisse de dépôt? De l’argent perdu, c’est de l’argent perdu. Point final.

Une fois la poussière retombée et le théâtre terminé, on réalisera avec effroi que dans notre porte-monnaie collectif, les “pertes” de Madoff valaient celles de la Caisse — et si les Libéraux s’en tirent sans une seule égratignure, il va nous falloir tout un examen de conscience.

Jean Charest refuse toujours de répondre aux questions pointues des journalistes, à propos de la Caisse de dépôt, au moment de publier cet article — après avoir prononcé son discours d’ouverture de la 39e législature québécoise, au Parlement, il va sûrement aller faire un tour dans sa grosse Lexus

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