Combien d’entre-nous pensent à se référer à des statistiques gouvernementales pour estimer leur espérance de vie?

On peut être au courant des résultats officiels sans nécessaire réaliser que c’est, en fait, de nous dont il est question, derrière ces chiffres estimés.

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Parce qu’il s’agit bien d’une estimation et non d’une certitude.

Et en plus, c’est une moyenne alors non-seulement on pourrait vivre plus vieux que le chiffre avancé mais on pourrait faire partie de ceux qui font remonter la moyenne, de beaucoup!

Mais…

Ça peut aussi être l’inverse et là, ça frappe fort.

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S’imaginer, comme dans mon cas, à 45 ans aujourd’hui, qu’on en a officiellement pour (79 – 45) 34 ans à vivre, c’est clair qu’on remet plusieurs choses en perspective.

Pour moi, dans mon for intérieur, je me sens au début de la 2e moitié de ma vie.

Ouf…

Dites-vous ça et essayez de ne pas être ému. Non-seulement par tout ce que vous avez vécu mais aussi, par le peu de temps qu’il vous reste, au fond, pour vivre tout ce que vous aviez imaginé.

Tout d’un coup, les 34 ans qui me restent à vivre deviennent une balise plus ou moins fiable mais un vif rappel que si je veux atteindre certains de mes buts, dans la vie, ça doit commencer maintenant.

Tant d’années passées à me former, à l’école, jusqu’à l’âge de 24 ans, dans mon cas. Je travaillais déjà, à temps partiel, de manière régulière, depuis mes 19 ans mais depuis l’obtention de mon baccalauréat en consommation, à l’université Laval, ça fait (45 – 24) 21 ans que je travaille — je n’avais jamais porté attention au fait que ça fait à peu près le même nombre d’années que j’ai étudié et travaillé, au cours de ma vie.

Comme ma fille a 12 ans et mon fils 8 ans, ça fait depuis l’âge de (45 – 12) 33 ans que je travaille, avec des enfants. Ma séparation ayant eu lieu en 2011, ça fait 4 ans que j’élève mes enfants, seul, en garde partagée. Ainsi, je n’ai passé que (33 – 24) 9 ans à travailler, sans avoir d’enfants. Pour ceux qui ont des enfants, vous connaissez l’ampleur de la différence entre “sans” et “avec”!

Je me trouve choyé d’avoir de si merveilleux enfants et quand je regarde les statistiques de mon espérance de vie, je ne peux m’empêcher de penser à la leur qui, selon les chiffres actuels, signifient que ma fille de 12 ans a encore (83 – 12) 71 ans à vivre et mon fils, (79 – 8) 71 ans, lui aussi, à vivre. J’espère alors deux choses, à savoir qu’ils seront heureux (épanouis, réalisés, aimés et tellement plus), durant ces années de vie et qu’ils feront mentir ces statistiques, à la hausse.

Ceci dit, rendu là, ce ne sera plus entre mes mains. Toujours selon les statistiques, à l’année de ma mort estimée, (2015 + 34) 2049, ma fille aura (12 + 34) 46 ans et mon fils (8 + 34) 42. À peu près mon âge, en ce moment.

Comment sera leur vie jusque là? Aurais-je le temps de les aider à réaliser certains de leurs rêves? Arriveront-ils à vivre selon les standards de leur époque?

En écrivant tous ces chiffres —des chiffres qu’on se retient d’analyser si froidement, en temps normal— je me rends compte à quel point notre passage sur cette Terre a lieu sur du temps emprunté.

En tant que père, même si je m’inquiète pour mes deux merveilleux enfants, je suis confiant qu’ils prendront leur place dans la vie et qu’ils s’épanouiront, dans ce qu’ils ont de meilleur à vivre, à offrir et à recevoir. Cet espoir me garde en vie. Ce lien puissant qui me lie à eux (et qui les lie à moi) a tous les traits de ce que j’estime être divin et infini.

Soudainement, vu comme ça, la vie prend un sens bien différent de la routine ou des habitudes plastifiées de notre quotidien. Tout d’un coup, il y a ce début, notre anniversaire, qu’on fête à chaque année et il y a aussi notre fin. Cette autre date qu’on ne connaît pas, évidemment mais qui existe dans les tableaux des statisticiens qui se sont intéressés à la question, chiffres en main.

J’ai beau épiloguer sur la question, rien n’est certain, en ce qui a trait à notre avenir. Malgré toutes mes meilleurs intentions, ma planification rigoureuse et mon espoir de vivre, je peux voir ma vie s’éteindre, en un instant, à tout moment.

Accident de la route, problème de santé ou autre, la fin de notre vie arrivera. Et il y a de bonne chances que ça nous surprendra. On sera pétrifié devant cette réalité qui mettra un point final à l’histoire de notre vie.

Autant on est fort à plusieurs moments clé de notre vie, autant il faudra le demeurer pour avoir la force, le courage et l’amour infini dans le cœur pour accepter de laisser aller notre vie. Pour avoir la sagesse d’accepter de mourir. De laisser notre place en sachant qu’on a fait de notre mieux. En étant là, en pensées, dans les mémoires de ceux qui nous aiment… sans plus jamais être là, physiquement.

Et vlan…

Mes 45 ans de vie, dans les dents!

Ainsi que mes précieuses 34 années à vivre. Probablement (65-45) 20 ans à travailler et (79-65) 14 ans à vivre en tant que retraité. Dans mon cas, je prévois travailler jusqu’à mon dernier souffle mais qui sait, j’aurai peut-être le temps de réaliser d’autres de mes rêves, pendant cet épisode qu’on souhaite heureux mais qui peut nous surprendre, négativement, via des malheurs tels que des problèmes de santé. En ce sens, chaque jour est un bon jour pour soigner sa santé et ainsi prévenir, au moins en partie, certaines maladies qui prennent du temps à s’installer pour ensuite opérer leur calvaire physique, mental et émotionnel, pour soi et aussi pour les autres qui sont proches de nous.

Quand les gens me souhaitent “bonne fête, Claude“, ils ne pensent évidemment pas à tout ça. Ou alors, un peu mais pas au point de m’en parler. Pas plus que je leur en parlerais, le jour de leur anniversaire!

Il est plutôt question de faire part de ses meilleurs vœux, au moment d’une journée qui rappelle qu’on est venu au monde et qu’on y est encore.

Notre réflexion sur notre vie doit d’abord être un exercice intérieur où l’on prend la mesure de ce qui nous habite et le temps que l’on a pour en faire du sens, d’une manière ou d’une autre.

Avec ce billet, j’ai choisi d’étaler une partie de ce que je pense, publiquement.

C’est rare qu’on se permet de s’exposer ainsi, devant des étrangers (ou des gens qui nous connaissent mais souvent de manière plutôt limitée) mais dans un certain sens, ça fait du bien. C’est égoïste de parler de soi comme ça mais en même temps, ça pourrait éveiller la conscience de certains lecteurs qui ne s’étaient tout simplement pas arrêtés, pour se poser ces mêmes questions. Qui sait? Le fait de lire ce texte permettra peut-être à certaines personnes d’ajouter un cadre temporel à leur expérience humaine ressentie, au quotidien, comme étant intemporelle (à l’extérieur du temps, tant ce temps passe lentement).

Je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces vies qui se sont terminées trop vite et qui abaissent ces statistiques. Que de tragédies, de petits et grands miracles. Et que dire des leçons, en lien avec ces vies disparues.

À l”autre bout de ce spectre d’âge, il y a ceux qui s’accrochent à la vie plus longtemps que les statisticiens ne l’auraient estimé et qui repoussent sans cesse  le moment de leur passage à la mort. En les écoutant, lorsqu’on finit par prendre le temps de le faire, on se rend compte à quel point notre vie, à plusieurs égards, est une sorte de sentier où d’autres sont passés avant nous.

Ces perspectives sur la vie ajoutent à notre opportunité de découvrir les secrets qui se cachent encore, en chacun de nous.

Que l’amour vous guide et que la vie soit bonne, avec vous, chers Amis et Lecteurs qui prenez le temps de me lire et de faire progresser votre propre réflexion sur ce sujet devant lequel nous avons tous à tirer des enseignements fondamentalement uniques mais pourtant, intimement liés.

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