Portrait de l’aide sociale à Québec

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Le budget du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale dispose d’un budget colossal de 4,15MM$ (pour l’année allant de la mi-2008 à la mi-2009).

Il s’agit du plus important poste budgétaire du gouvernement du Québec après la santé et l’éducation. Ce n’est pas rien.

Avec tout cet argent, le gouvernement a mis de l’avant un programme pour pourvoir 700,000 emplois, d’ici 2011.

On s’entend, la plupart de ces emplois se qualifieraient pour des “jobs poches (qui ne mènent nulle part et dont la compensation effleure le salaire minimum)” mais bon, ce sont malgré tout des emplois et pour un prestataire de l’aide sociale, c’est assurément plus valorisant que de rester à la maison à regarder le plafond, par exemple.

En passant et juste pour que ce soit clair, il n’y a qu’une minorité de Québécois sur l’aide sociale qui restent chez-eux à regarder le plafond.

La grande majorité de ces prestataires sont aussi dynamiques et occupés que des salariés réguliers mais seulement, pour toutes sortes de raisons, ils ne tirent pas de bénéfices pécuniaires de leurs activités.

Le Pacte pour l’emploi, à lui seul, a amené une hausse de 4k personnes qui participent aux services publics d’emploi dans leur démarche d’insertion. Via le Pacte, 240k personnes ont pu bénéficier des mesures et services (c’est très large, comme “définition de l’offre”) d’Emploi-Québec, de même que 9,2k employeurs.

On s’entend que le meilleur moyen de trouver un bon emploi, ce n’est pas d’aller perdre son temps, assis sur une chaise au bureau d’emploi — il faut aller voir des employeurs et leur faire une bonne impression, s’impliquer dans sa communauté et y multiplier les contacts et ce, en prenant soin de sa personnes et en acquérant de nouvelles connaissances, idéalement confirmées par un diplôme.

Mais bon, on continue…

À Québec, malgré la situation économique jugée assez bonne, il existe un grand nombre de prestataires de l’aide sociale, à savoir…

  • Aptes au travail: 8,025
  • Contraintes temporaires: 5,675
  • Contraintes sévères: 11,044
  • Conjoints (sans contraintes sévères): 609
  • Total: 25,353 prestataires d’âge adulte

Ces chiffres proviennent du Rapport mensuel pour février 2009 du MESS.

Et ces personnes reçoivent une compensation financière variable, selon l’étiquette qui leur est attribuée, soit…

  • Aptes au travail: 564$ / mois
  • Contraintes temporaires à l’emploi: 684$ / mois
  • Contraintes sévères à l’emploi: 858$ / mois

Autrement dit, c’est moins que le salaire minimum qui, par exemple, donne 9$ x 35h x 4 semaines = 1,260$ par mois. En enlevant les déductions à la source (sur chèque de paye), il reste probablement quelques 1,000$ dans les poches du travailleur. Moins les quelques 400-quelques dollars par mois pour le transport (en autobus), les lunchs et les vêtements, c’est encore (un peu) plus payant de travailler.

Dans les faits, un travailleur au salaire minimum doit presqu’obligatoirement se mettre en couple pour boucler son budget tant les loyers coûtent cher (souvent plus de 700$ par mois pour un appartement, somme toute, bien ordinaire). C’est la même logique qui s’applique pour les prestataires de l’aide sociale.

Ainsi, ceux qui souffrent le plus, qu’ils soient au salaire minimum ou sur l’aide sociale, sont ceux qui demeurent seuls. Eux, ils s’appauvrissent de jour en jour.

Et c’est probablement pourquoi des manifestants se sont pointés, en début d’après-midi, le 6 mai 2009, au très luxueux bureau du ministre Sam Hamad sur la rue St-Amable, à Québec. Ces manifestants voulaient que le ministre revoit la formule actuelle des versements d’aide sociale où les sommes allouées varient d’une personne à l’autre, en fonction de son aptitude ou non au travail.

Sans grande surprise, leur demande a essuyé une fin de non-recevoir de Sam Hamad qui a dit “Moi, c’est non… nous, on veut valoriser le travail et l’activité” et en plus, le ministre a fait appel aux policiers pour disperser… 30-quelques personnes! C’est clair que le ministre Hamad n’a aucune sensibilité pour ce genre de démonstration.

Parmi les manifestants, on retrouvait Marie-Ève Duchesne, du Regroupement des femmes sans emploi du nord de Québec (en passant, elle reçoit annuellement 44,000$ de Centraide, pour ses “services”, ce n’est pas clair si elle en a parlé aux autres “manifestants”). Un autre manifestant, Robert Foisy, faisait valoir qu’aucun employeur n’engage les travailleurs de 50 ans et plus, surtout lorsque le candidat attend pour une opération importante depuis 5 ans et que, pour cette raison, il traîne continuellement dans les hôpitaux — il a probablement raison, malheureusement.

Des pinottes…

Ce que disent les prestataires, en gros, c’est qu’ils reçoivent des pinottes pour… euh, ne pas avoir à travailler. Il y a une certaines logique à ça et pourtant, plusieurs assistés sociaux ne demanderaient pas mieux que de rejoindre le marché du travail mais, pour toutes sortes de raisons, ils en semblent incapables.

Le meilleur conseil à leur donner serait assurément de changer ce qu’il font ou encore, la façon dont ils le font parce qu’à l’évidence, ça ne fonctionne pas, pour eux. Lorsqu’on rencontre un mur, il faut user d’imagination pour le contourner. Ça paraît simpliste mais après avoir discuté avec de nombreux prestataires de l’aide sociale (pour comprendre ce qu’ils vivent), ça semble être un conseil à peu près universellement applicable et bénéfique alors, pour ceux que ça inspire, ne vous gênez pas de réinventer votre vie afin de marier à la fois vos passions et votre besoin minimal en matière de revenu. Chaque situation est unique et avec de l’imagination, de nombreuses solutions durables existent.

Il faut dire que le Québec connaît une saignée d’entreprises manufacturières et de sièges sociaux, deux pôles névralgiques de l’économie où l’on retrouve d’excellents emplois qui créent réellement de la richesse, localement.

Ce que propose le ministre Hamad, c’est essentiellement une suite d’emplois dans “les services” qui permettent de “survivre” mais qui laissent très peu de jeu pour “vivre”. Un médecin au CHUL “vit” alors qu’une “associée” chez Wal-Mart “survit”. Il y a une spectaculaire différence entre leurs situations mais pour le ministre Hamad, les deux rentrent dans la même colonne “en emploi”, dans les statistiques. C’est passablement pervers…

Ainsi, les politiciens peuvent aisément maquiller, à leur avantage, une situation de l’emploi qui se détériore.

Nos jeunes travaillent de plus en plus pour des entreprises étrangères qui établissent, ici, des succursales et des points de services pour retourner la part du lion des profits à leur bureau-chef, à l’étranger… où sont payés les VRAIS gros salaires qui enrichissent… une autre communauté que la nôtre.

Au Québec et à Québec, il nous faut encore davantage d’entrepreneurs qui gardent les gros salariés ici. C’est bien beau les emplois au salaire minimum mais le gouvernement doit agir de manière responsable et s’assurer que les entreprises québécoises demeurent sous propriété québécoise (regardez le désastre d’Alcan, vendue à Rio Tinto, des Australiens).

Ce n’est pas clair que Jean Charest et ses Libéraux comprennent cette logique car ils viennent d’accorder deux autoroutes à péages à deux groupes étrangers et ce, pour les 35 prochaines années! Il faut être diablement demeuré pour accepter des PPP aussi anti-québécois mais bon, les Libéraux ne semblent pas vraiment se soucier du sort de ceux qu’ils sont censés représenter.

Et il ne faudrait pas non-plus compter sur Michael Sabia, le gars qui était si pressé d’arracher Bell à Montréal pour le replanter à Toronto, dans son Ontario natale. Il aura beau dire ce qu’il veut, ses gestes on trahi sa véritable intention… et là, les Libéraux l’ont mis en charge de la Caisse de dépôt, c’est un scandale sans nom et pourtant, les Québécois, trop occupés pour contester, voient ce gars s’installer avec un salaire (au moins) 10 fois plus élevé que le leur alors qu’il vient de démolir Bell tout en se mettant des dizaines de millions de dollars dans les poches!

Autrement dit, les Libéraux nous enfoncent de plus en plus dans le trouble alors, en toute logique, ce ne sont pas eux qui vont aider (pour vrai) les assistés sociaux à s’en sortir!

Pour “swinger” des “B.S.” dans des “jobs poches” au salaire minimum dans des succursales d’entreprises étrangères, ça, pas de problèmes — les Libéraux vont assurer. Mais pour cultiver de belles entreprises québécoises qui créent réellement de la richesse durable ici et des emplois à 20$, 24$ et 32$ de l’heure, oubliez ça!

D’ailleurs, on va faire un petit exercice: trouvez UN SEUL emploi, chez Emploi-Québec, qui paie 32$ de l’heure.

Vous allez voir, les Libéraux se sont assurés, principalement en raison de leur incompétence grossière à diriger une province, que ce genre d’emploi n’existe pas, via LEURS services, pour “le peuple”.

Ils ont fait fermé nos usines et fait disparaître nos sièges sociaux d’importance (notamment en les laissant partir aux mains des étrangers).

Enfin bref, prenez-vous en main et fuyez le gouvernement, à pleines jambes!

Que vous soyez sur l’aide sociale ou non, vous valez mieux que d’attendre, en ligne, pour quêter un emploi. Sérieusement, regardez ceux qui réussissent — vous ne les verrez JAMAIS dans un cul-de-sac administratif comme Emploi-Québec. Ceux qui réussissent savent que le succès se trouve loin, très loin, des fonctionnaires blazés qui collectent de gros salaires pour brocher des feuilles et classer des documents.

Faites comme ceux qui réussissent et occupez-vous de vos affaires!

Si vous n’avez pas encore d’affaires et bien, voyez-y et créez vos opportunités. Sachez que votre vie n’est pas censée ressembler à celle du voisin. C’est en étant uniques et en offrant le meilleur de vous-mêmes que vous deviendrez riches.

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Claude Gélinashttps://videos.claude.ca/
Passionné des communications numériques, du développement web, de l'infographie et des avancées technologiques, au sens large.

3 Commentaires

  1. Je ne comprend pas vos chiffres. Je suis allé voir à la source même que vous citez et le MESS fait état en 2010 de 227 782 prestataires de l’aide sociale, et non pas 25 353 comme vous indiquez. Je sais bien que c’est un an plus tard, mais quand même!

    À moins que j’aie confondu “à québec” et “au québec”.

  2. Vous avez raison Geoffroy, j’ai repris les chiffres pour Québec, la région et non la province.

    Merci d’avoir posé votre question — c’est vrai que mon texte ne le précises pas aussi clairement qu’il l’aurait fallu.

  3. http://www.defenseassistessociaux.ca Si vous avez un problème avec l’aide sociale: fraude, fausse déclaration, réclamation, annulation, refus, vie maritale, avoir liquide, dilapidation. Contactez ce bureau d’avocats, il offre une première consultation d’un maximum de 30 minutes gratuite. Une réclamation pour vie maritale de l’aide sociale (Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale).

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