Ça coûte de plus en plus cher de vivre à Québec.

Tellement cher qu’un nombre inquiétant de jeunes familles préfèrent les banlieues où ils peuvent se payer un loyer suffisamment grand pour eux et leurs enfants mais surtout, où ils sentent qu’ils sont davantage les bienvenus.

Certaines jeunes familles ont encore les moyens de se payer une résidence à Québec mais à part les riches, les héritiers ou les gagnants à la loterie, habiter au centre-ville de Québec est devenu hors-de-prix.

Et les jeunes familles courageuses (ou inconscientes) qui s’accrochent à leur mode de vie urbain s’appauvrissent plus vite que les banlieusards qui peuvent compter sur Costco (par exemple) pour acheter plus et payer moins cher alors qu’au centre-ville de Québec, tout est vendu en très petite quantité à des “prix destinés aux touristes”!

Malgré les slogans et la rhétorique vide de la Ville de Québec, supposément pro-familles, ça tient de l’évidence que pour un nombre grandissant de jeunes familles, endettées et épuisées que Québec, pour ainsi dire, leur ferme la porte au nez.

Hausses successives et annoncées de taxes municipales, hausse des taxes scolaires, hausses des tarifs d’entrée dans les centres sportifs, hausses des prix des camps de jour (l’été), hausses des frais de stationnement (tapissage quasi-mur-à-mur des parcomètres), hausses des tarifs généraux à la Ville et tutti-quanti: les familles ne sont plus les bienvenues à Québec.

Désormais, la Ville de Québec appartient aux riches boomers qui passent six (6) mois en Floride et le reste du temps à leur luxueux chalet, quelque part où ils ont “la paix” et de temps à autre, ils passent faire un tour dans leur grosse maison du centre-ville. Mieux encore, Québec appartient à l’apparatchik politique qui vit ailleurs mais qui “passe” ici, le temps de se chicaner au Parlement. Mais le “best”, c’est le lot de touristes étrangers qui font monter les enchères en achetant les condos du centre-ville… ils collectionnent les “quartiers privés”, partout dans le monde, incluant à Québec.

Belle faune urbaine!

Pas surprenant que le centre-ville de Québec ait de plus en plus l’air d’une ville fantôme, lorsque les fonctionnaires se sauvent, à la fin de leur journée de labeur.

Il y en aura toujours pour dire qu’il reste des “poches de populace” autour de la rue St-Jean, en périphérie du “Nouvo St-Roch” et même le long du boulevard René-Lévesque mais force est d’admettre que ce ne sont plus les familles qui sont les bienvenues à Québec. Celles-ci doivent composer avec un mode de vie urbain qui semble vouloir mouler la famille plutôt que la laisser se développer librement.

Dans le centre-ville de Québec, bien plus qu’ailleurs, il y a des règles partout.

Par exemple, il y a tellement de pancartes contradictoires pour les stationnements qu’on voit régulièrement des gens sortir de leur véhicule pour s’en approcher et tenter de les décrypter… souvent sans succès! Quelles “belles invitations” pour les jeunes familles quand le centre-ville au complet semble s’être transformé en “gated community” où la simple intention de se stationner est devenu horriblement compliqué… et dispendieux!

À part les riches, il ne reste pas beaucoup de familles qui seront tentées de quitter “leur” banlieue, où les enfants sont les bienvenus (genre, vraiment les bienvenus), pour “intégrer” le centre-ville “nouvellement densifié” par le maire Régis Labeaume qui, lui, préfère continuer à vivre en banlieue. Belle ironie! Labeaume dit aux familles de venir vivre au centre-ville mais pour lui, c’est préférable de demeurer en banlieue! De toutes façons, il aura beau densifier autant qu’il le veut, aucune jeune famille sensée ne va aller se cloîtrer dans un “studio” au centre-ville pour y élever des enfants!

En y regardant de plus près, le plus clair des projets immobiliers “pro-densification” du maire Labeaume sont destinés à des clientèles qui n’ont pas le profil d’une jeune famille. Les logements sont trop petits et hors-de-prix! Il n’y a souvent aucun stationnement et presque tous les déplacements doivent avoir lieu via le transport en commun (zéro flexibilité).

Lentement mais sûrement, Québec tourne le dos à ses citoyens.

Plus précisément, Québec tourne le dos aux jeunes familles, aux enfants et à la mixité sociale.

Si vous cherchez des “vieux”, des boomers et des touristes, faites un tour dans le Vieux-Québec et vous en verrez plein mais si vous cherchez des familles “du coin”, vous aurez tôt fait de constater que ça fait pitié, comparé aux banlieues.

L’arrogance, la condescendance et l’absence de vision pro-familles des dirigeants de la Ville de Québec —le maire Labeaume en tête— contribuent à transformer progressivement le centre-ville en “havre de paix pour ceux qui détestent les familles” et surtout, les jeunes familles qui n’ont pas nécessairement autant d’argent que l’élite-yuppie tant prisée et célébrée par ceux qui priorisent une “ville-destination”… pour “les autres”.

N’attendez pas que Québec baisse les taxes municipales ou se remette à faire de beaux parcs sécuritaires pour les enfants, ça n’arrivera pas. L’avenir, c’est dans les “maisons de ti-vieux” et les condos “principalement pour les riches et les touristes” et sincèrement, les jeunes familles “normales” ne cadrent pas dans cet idylle digne des plus belles cartes postales de “la Vieille Capitale”.

Les jeunes familles auraient leur place au centre-ville (c’est clair et ce serait tellement nécessaire, pour qu’il s’y développe une authentique “vie de quartier”) mais à moins d’un changement de cap à 180 degrés, ça n’arrivera pas. L’usure financière n’a plus de fin: un “autre” petit pourcent d’augmentation par ici, une couple de photo-radars par là… le maire Labeaume est en feu pour écœurer ses citoyens et les plus fragiles et ceux qui restent continueront de s’y sentir de trop… à commencer par les jeunes familles.

Autant le dire clairement, à Québec, les familles, ça vient à la toute fin de la liste des “priorités”…

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