Nous sommes le vendredi, 23 janvier 2015 et le prix du baril de pétrole Brut WTI s’établit à 46,31$US comparativement à 105,28$US au jeudi, 1er mai 2014.

Une joyeuse dégringolade de 58,97$US ou quelques 56%.

Or, le prix de l’essence à la pompe a fondu en passant d’environ 1,40$ en mai 2014 à 1$ en janvier 2015, un baisse de 40 cents, soit 28,6% de moins.

Entre la variation du prix du baril de pétrole et de l’essence à la pompe, il y a donc une variation de 27,4%, au désavantage des automobilistes.

Est-ce que les prix du raffinage du pétrole ont soudainement monté de ce pourcentage? Probablement que non. Ce pourcentage qui aurait dû être retourné aux consommateurs a donc “disparu” avant d’arriver à la pompe, sous forme de rabais sur le carburant pour nos véhicules.

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C’est une différence très significative et même le CAA n’en parle pas trop.

À quelques cents près, on voit que les automobilistes qui devraient être en train de payer leur essence à 75 cents à la pompe se font encore détrousser avec des prix trop élevés à 1$ le litre.

La Régie de l’énergie continue de passer à côté de l’essentiel en documentant les prix de l’essence sans toutefois user de son jugement pour dénoncer une situation qui coûte bien trop cher aux automobilistes, à moins que son patron, le gouvernement, ne lui ait demandé de se taire pour que les taxes perçues soient aussi élevées que possible. La question se pose.

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On voit donc que les intermédiaires qui transforment le pétrole se sont positionnés pour s’en mettre plein les poches pendant que les automobilistes, eux, ne bénéficient pas des rabais qu’ils devraient avoir.

Évidemment, les pétrolières sont là pour maximiser leurs profits, notamment à l’étape du raffinage mais clairement, les automobilistes font les frais de cet enrichissement unilatéral des ultra-riches opérateurs pétroliers.

Quand on parle de concentration de richesse, le secteur pétrolier est un beau cas d’espèce.

La sensation de malhonnêteté s’arrête-t-elle là?

Oh! Que non…

Tous les produits fabriqués avec du pétrole n’ont pas baissé de prix, depuis mai 2014. Rares sont les items qui ont baissé alors que si l’on se fie à la chute de 56% de la valeur du baril de pétrole, on aurait dû voir des rabais importants nous parvenir.

Encore là, les manufacturiers se remplissent les poches.

Que dire du transport en commun? Le billet pour un trajet d’autobus coûte-t-il moins cher, depuis mai 2014, à Québec? Non, c’est exactement le même prix. Aucun répit pour les utilisateurs du transport en commun.

Et les billets d’avion? Non, pas vraiment de rabais de ce côté-là, non-plus. On nous explique que ce n’est pas le même type de carburant et que le vol aérien coûte cher. Peut-être mais le baril coûte quand même 56% de moins, depuis mai 2014 et les prix des billets, eux, n’ont pas baissé. Ils ont même monté, pour plusieurs destinations.

On parlait des produits de plastique, un peu plus haut. On pourrait également s’interroger sur le prix des produits en épicerie qui ne baissent absolument pas malgré un prix du transport bien plus faible (40 cents de moins le litre, depuis mai 2014). Qui gagne? Clairement pas le consommateur!

En gros, les entreprises qui seraient censées nous faire profiter de la baisse du prix du pétrole et de l’essence ne le font pas ou pas assez. Le retour d’ascenseur ne vient tout simplement pas.

C’est un énorme problème de confiance qui s’installe.

Surtout que lorsque les cours du pétrole repartiront à la hausse, ces mêmes entreprises se bousculeront pour nous faire croire qu’il leur est absolument essentiel de monter leurs prix sous peine de “perdre de l’argent”. Disons que les consommateurs auront de sérieuses questions à se poser, quand ça arrivera.

En fait, nos gouvernements ne font tout simplement pas bien leur travail en ne faisant rien (ou à peu près rien) pour mieux répartir les bénéfices de la baisse vertigineuse du pétrole.

D’un autre côté, qui peut blâmer la super-élite de profiter de notre incapacité à bien démasquer leurs stratagèmes d’enrichissement rapide pour s’en mettre plein les poches? C’est une question qui se pose, à l’heure où l’endettement bat des records et où les jeunes familles n’arrivent plus à s’acheter (ou à finir de payer) une maison.

Surveillez les prix et essayez de trouver des rabais qui se rendent jusqu’aux consommateurs, en raison de la baisse du prix du pétrole. Vous verrez, RIEN n’a changé à la baisse!

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