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Retour des bonis aux gestionnaires de l’État

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Quelle merveilleuse nouvelle pour les gestionnaires de l’État québécois qui, grâce au ministre libéral Martin Coiteux et son projet de loi 28, adopté sous le baillon, vont recevoir des bonis à la performance.

Oui, ces fameux bonis qui avaient été éliminés en 2010, par Raymond Bachand, alors ministre des Finances du Québec, dans le gouvernement libéral de Jean Charest reviennent hanter les contribuables qui devront, une fois de plus, payer la note de cette mesure incitative qui sonne faux, en pleine période d’austérité.

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Ce n’est pas rien, ces bonis à la performance sont institués, via la loi 28, de manière rétroactive, à 2014.

Incroyable.

Déjà que cette mesure est passée inaperçue, dans les médias, elle va enrichir RÉTROACTIVEMENT des gestionnaires qui n’ont fait qu’avaliser les “ordres de rendement” provenant du politique, à Québec!

On comprend que les gestionnaires des sociétés d’État ont tout pour célébrer:

  • Hydro-Québec
  • Loto-Québec
  • Société des alcools du Québec
  • Investissements Québec

C’est tout un cadeau quand, en plus de recevoir un salaire bien au-dessus de la moyenne, s’ajoute un cadeau supplémentaire, en pleine période d’austérité imposée.

Wow, par quel méandre idéologique le ministre Martin Coiteux a-t-il bien pu passer pour conclure que ce dont le Québec avait besoin, c’était de généreux bonis à la performance, pour les gestionnaires des sociétés d’État qui font déjà partie des 6% des Québécois les plus riches (gagnant très souvent plus de 100,000$ par année)?

Sérieusement, qu’est qu’on ne comprend pas que le ministre Coiteux comprend?

Les employés de l’État québécois se font offrir 0% d’augmentation salariale, pour les 2 prochaines années —à cause des choix liés à l’austérité— et là, pour les privilégiés de la société, il faut les engraisser encore plus avec des bonis à la performance?

Clairement, le ministre Coiteux va devoir éclairer notre lanterne pour qu’on comprenne pourquoi il faut collectivement s’appauvrir pour que les gestionnaires des sociétés d’État s’enrichissent, encore plus.

C’est quoi la —vraie— raison?

Martin Coiteux est-il copain-copain avec des gestionnaires de l’État? Y en a-t-il un qui veut se payer une plus grosse maison à Westmount? Des gestionnaires souffrent-ils de ne pas avoir d’assez somptueux chalets en bordure d’un lac d’eau claire?

Qu’est-ce qui a bien pu convaincre Martin Coiteux, un individu qui nous a été présenté comme ayant un “bon jugement” qui s’en va appauvrir tous les Québécois pour en privilégier une poignée… qui sont déjà immensément privilégiés!

On se rappellera du tollé, en 2010, quand Raymond Bachand avait mis fin à cette folie des bonis à la performance, surtout à Hydro-Québec, véritable monopole d’État qui recevait des commandes politiques pour augmenter les “rendements” et qui, incidemment, augmentait la facture d’électricité de tous les Québécois (sauf de puissantes transnationales étrangères, comme Alcoa) pendant que des employés de la société d’État recevaient d’énormes bonis.

Disons qu’on a cru, pendant quelques années, que la logique avait gagné sur le copinage et qu’on entendrait plus parler de ces bonis à la performance.

Ben non…

Voilà que les Libéraux austères et rigoureux nous ramènent les bonis à la performance, en catimini avec des mesures cachées dans la loi 28.

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D’avoir adopté cette loi pleine de mauvaises surprises sous le baillon ajoute une insulte à l’injure, dans ce cas-ci car de telles mesures auraient du être vigoureusement débattues, à l’Assemblée nationale, question de forcer le ministre Coiteux à expliquer pourquoi il favorise les gestionnaires des sociétés d’État, aux dépens du reste des Québécois qui, rappelons-le, seront très rares à recevoir des bonis de performance, qu’importe la qualité de leur rendement, dans leur travail.

C’est avec des mesures comme celle-là que le gouvernement libéral de Philippe Couillard perd des plumes.

Il y a tellement de potentiel pour donner de l’espoir à “notre Québec” et voilà que le ministre Martin Coiteux se met à jouer dans le dos des Québécois pour favoriser les favorisés de notre province.

Incompréhension, frustration et sentiment de s’être encore fait avoir, par des politiciens qui ne dévoilent pas leurs intérêts, derrière les fonctions qu’ils occupent.

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