Longtemps qualifié d’asile de fous, Robert-Giffard a fait bien du chemin depuis l’époque où la torture physique avait la cote des “psychiatres”, notamment via les électrochocs et les lobotomies.

Il semblerait qu’il s’y pratique encore des électrochocs mais c’est à peu près impossible de trouver un psychiatre qui accepte de le confirmer “on the record” mais bon, les temps changent (heureusement) et le centre se débarrasse de son vieux nom “Robert-Giffard” pour porter fièrement le nom d’Institut universitaire en santé mentale de Québec, associé à l’université Laval.

logo_institut_sante_mentale_quebec

Désormais, si vous voulez vous faire griller le cerveau et les organes avec des anti-dépresseurs et des anti-psychotropes, aux frais de l’État, vous devrez vous diriger vers l’Institut universitaire en santé mentale de Québec — notez bien le nom dans votre calepin. On fait des blagues, bien sûr, tout le monde sait que les psychiatres n’abusent JAMAIS des médicaments chimiques sur leurs “patients”…

Enfin bref, le député de Jean-Lesage, André Drolet, ainsi que le ministre de la Santé, le “bon docteur” Yves Bolduc, ont procédé conjointement à l’annonce du nouveau nom, hier, dans l’édifice qui a 164 ans.

M. Drolet résume ainsi la situation…

“Pour un établissement, devenir un institut universitaire, c’est s’engager à exercer un rôle de leader dans son champ d’expertise et auprès des partenaires de son milieu, de façon à promouvoir et soutenir les pratiques cliniques novatrices en misant à la fois sur l’enseignement, la recherche et l’évaluation des modes d’intervention.”

O–kay.

Vous avez bien compris?

Il s’agit de “soutenir les pratiques cliniques novatrices” qui, pour quiconque suit un peu le milieu, ont tout à voir avec les cocktails de médications chimiques et à peu près rien à voir avec de belles balades en forêt à écouter chanter les oiseaux (qui vaudrait souvent mieux que la première “alternative”).

La psychiatrie moderne, comme la médecine (dite) moderne, cherche les “quick fix” ou dit en français, les solutions rapides. Il ne s’agit plus de travailler sur la santé globale d’une personne mais plutôt de “vendre” un traitement (par opposition à une “cure”).

Pour un psychiatre qui a à cœur ses bonnes relations avec ses fournisseurs de médicaments chimiques, ça signifie d’enroler le plus de “patients” possibles dans des “protocoles de traitement” qui coûtent une fortune, pour aussi longtemps que possible, et qui à la fin, débouche rarement sur des “réussites durables”.

Dans la plupart des cas, après le premier “traitement”, il faut généralement enligner le “patient” sur un autre “traitement” et ainsi de suite, jusqu’à ce que cet individu devienne un “cas lourd” et alors, les psychiatres se frottent la barbe et en concluent qu’il faut administrer des médicaments chimiques encore plus puissants.

Et ça ressemble à peu près à ça, la “psychiatrie moderne”, au Québec et ailleurs.

Une grosse “farce médicamentée” ou des gens qui vivent une mauvaise passe dans leur vie font (hélàs) confiance à des psychiatres, souvent “vendus” aux vertus auto-proclâmées des médicaments chimiques, qui les conseillent vers leurs premiers “traitements” contre leurs “maux” qui, dans bien des cas, sont parfaitement “normaux”.

Ainsi, le Dr Bolduc et ses amis peuvent continuer à se dire “préoccupés” par la santé mentale des Québécois mais sur le terrain, on entend davantage parler des “pratiques cliniques novatrices” que des gens, eux-mêmes.

Robert-Giffard a beau changer de nom pour quelque chose de plus sérieux, comme “Institut universitaire en santé mentale de Québec”, il n’en demeure pas moins que la psychiatrie reste ce qu’elle est: une grosse orgie de prescription de médicaments chimiques accompagnée de mesures qui restreingnent, de moultes façons, les libertés des citoyens qui “entrent dans le système”.

Fondé en 1845 sous le nom d’Asile provisoire de Beauport et aussi appelé St-Michel-Archange, de 1914 à 1976, cet hôpital compte actuellement 1,917 employés, dont 205 médecins (généralement des psychiatres), 43 chercheurs et 236 étudiants de cycles universitaires supérieurs.

Aux dernières nouvelles, quelques 5,000 personnes vivant dans la communauté bénéficient d’un suivi régulier tandis qu’environ 500 patients y sont hospitalisés (ou “internés”, selon la perspective que vous avez de la chose).

Il existe bien entendu de bons psychiatres qui sont très critiques envers les “vendeux de pilules” et qui se dédient à la santé globale des gens qui les consultent mais ces Héros (avec un grand “H”) ne sont apparemment pas assez nombreux.

Le ministre de la santé a participé à l’annonce du changement de nom de Robert-Giffard mais est-ce qu’il s’investira aussi pour améliorer vraiment le sort des gens les plus vulnérables de notre société, au lieu de les “traiter chimiquement”?

Ça reste à voir mais souhaitons que ce changement de nom inspire ce qu’il y a de plus noble dans la profession médicale et fondement le plus central, le serment d’Hippocrate.

Bonne chance à tout ceux qui veulent faire de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec un endroit où il sera possible de guérir rapidement et surtout, sans danger.

Tags: robert-giffard, st-michel-archange, asile de beauport, institut de santé mentale, québec, jean-lesage, yves bolduc, andré drolet, beauport, psychiatrie, médecine, recherche universitaire, université laval

Laisser un commentaire