Stationnez “à vos risques” dans la Vieille-Capitale

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Samedi dernier (le 24 avril 2010), un ami a dû se rendre à un souper dans un restaurant situé près du Vieux-Port de Québec.

Il a choisi de garer son automobile au 50, rue Dalhousie, soit un stationnement opéré par la Société Parc-Auto du Québec (SPAQ). Il s’agit du stationnement situé en face du quai où les gros bateaux de croisières accostent, lorsqu’ils s’arrêtent à Québec.

À la guérite d’entrée, il a payé 9$ au préposé qui, en retour, lui a remis un coupon (qui est nécessaire pour la sortie). Pour 9$, un automobiliste a le droit de stationner son véhicule jusqu’à 12 heures, dans l’enclos appartenant à la SPAQ.

Le souper de mon ami n’a duré qu’une petite heure alors il n’est pas resté stationné très longtemps — il a donc été un client particulièrement payant pour la SPAQ (puisqu’il a rapidement libéré son espace, pour quelqu’un d’autre). Je voulais savoir pourquoi il avait payé aussi cher pour stationner son véhicule et il m’a répondu que c’est parce qu’il voulait garer son véhicule dans un endroit aussi sécuritaire que possible. C’est une bonne raison mais est-ce que ce stationnement, en théorie surveillé par un préposé, est vraiment plus sûr qu’ailleurs?

Si l’on regarde sur le coupon, on retrouve deux messages quelque peu contradictoires.

Le premier indique que le logo de la SPAQ symbolise deux choses:

  1. du personnel courtois; et
  2. des installations propres et sécuritaires.

Juste à la droite de ce vertueux plaidoyer, on retrouve un texte plus réaliste:

  • Vous payez uniquement pour l’utilisation d’un espace de stationnement. SPAQ n’assume aucune responsabilité en cas de perte ou de dommages au véhicule ou à son contenu, qui pourraient résulter d’un incendie, d’un vol, d’une collision ou d’une autre cause.

Ah! Là, on reconnaît davantage la vraie nature de la SPAQ. L’automobiliste paie ce que plusieurs qualifieront d’un prix d’or pour avoir accès aux “installations sécuritaires” mais dans les faits, la SPAQ se défile de (presque) toute responsabilité! Wow, c’est de l’intégrité mur-à-mur, ça!

Comme si ce n’était pas assez, une notice en lettres oranges est ajoutée, sous le paragraphe retranscrit ci-haut:

  • Les voitures sont stationnées aux risques du propriétaire. Fermez votre voiture à clef.

Très bien. Alors on en déduit que l’installation [le stationnement] a beau être réputé sécuritaire, la totalité de la responsabilité de protéger un véhicule revient à son propriétaire et l’un des nombreux moyens d’y parvenir, tel que le rappelle la SPAQ, est de “fermer la voiture à clef”.

Rares sont les automobilistes qui ne verrouillent pas leurs portières mais bon, la SPAQ a élu d’en aviser ses clients. Grand bien lui en fasse mais ça ne change rien au fait que ses stationnements n’ont de sécuritaire que l’intention et non un niveau de sécurité physique véritablement aligné sur leur promesse-marketing (où ils définissent, sur chaque coupon de stationnement, ce que leur logo symbolise).

Voici des clichés, recto et verso, du coupon ayant été analysé, pour cet article:

Dans votre esprit, qu’est-ce que ça veut dire “des installations sécuritaires”?

Est-ce que c’est le genre d’endroit où vous avez confiance de payer (le gros prix) pour avoir le “droit” de garer votre véhicule “en toute sécurité” ou est-ce que ça évoque, pour faire image, un gigantesque stationnement “supervisé” par un commis, cantonné tout au fond de sa petite guérite?

À chacun sa perception mais bon, une “installation sécuritaire” donne à penser qu’elle sera… sécuritaire!

Les stationnements sont des lieux publics, certes mais ils exigent des coûts ridiculement élevés pour y avoir accès (souvent, sans autre alternative) et en ce sens, lorsqu’une compagnie qui opère des stationnements clame, haut et fort (sur TOUS ses coupons de stationnement), qu’elle opère des “installations sécuritaires”, on serait en droit de s’attendre à ce qu’une forme de réelle responsabilité vienne avec “le package”, non?

L’ami qui a eu la gentillesse de me donner son coupon de stationnement, pour analyse, a trouvé bien curieuse la propension de la SPAQ à se vanter d’offrir des installations sécuritaires, d’une part alors que de l’autre, elle ne ménage aucun effort de se laver les mains de tout problème (de sécurité ou autre) qui pourrait survenir!

Aux dernières nouvelles, la SPAQ exploite quelques 40,000 places de stationnement, réparties dans plus de 250 localisations. Ça en fait passablement grand à sécuriser. Ça explique probablement pourquoi ils s’empressent de remettre toute la responsabilité sur le dos du client… qui leur a confié un véhicule. Hummm…

Que ce soit clair: il va de soi que les employés de la SPAQ font leur possible pour sécuriser leurs “installations” mais au prix qu’ils perçoivent pour laisser se garer les véhicules, ce serait logique qu’une “assurance tranquillité d’esprit” soit automatiquement offerte. Qui plus est, dans certains quartiers de Québec, la SPAQ profite d’une situation de quasi-monopole et n’offre aucune alternative aux automobilistes moins fortunés qui, eux, pourraient souffrir encore plus que les autres d’un acte de vandalisme ou encore, de la perte [ou vol] de leur véhicule.

Ainsi, stationnez dans les installations gérées par la SPAQ si le cœur vous en dit mais ne soyez pas naïfs au point de (bêtement) croire que votre véhicule y est davantage en sécurité qu’ailleurs.

Ce n’est pas parce que vous payez —le gros prix— votre espace de stationnement que vous aurez nécessairement l’assurance de retrouver votre véhicule (sur place et indemne) lorsque vous reviendrez. Et s’il devait arriver malheur à votre véhicule, même si vous avez payé la SPAQ pour votre espace de stationnement, en gros, ce sera votre problème et non le leur.

Tags: spaq, société parc-auto, québec, stationnements, installations, opérateurs de stationnements, stationner à québec, vieux-port, restaurant, véhicules, automobiles, prix du stationnement, responsabilité, vol, vandalisme, feu, assurances

Claude Gélinashttps://videos.claude.ca/
Passionné des communications numériques, du développement web, de l'infographie et des avancées technologiques, au sens large.

1 COMMENTAIRE

  1. Le 30 juin dernier, vers 14h, accompagné de ma fille, j’ai stationné ma voiture sur le stationnement SPAQ / rue St-Paul à Québec. L’endroit était passablement achalandé mais il restait cependant un espace du côté de la rue St-Paul.

    J’ai tout de suite remarqué à cet endroit, un obstacle qui empiète sur environ 2 mètres entre les deux lignes jaunes. Il s’agit d’une plateforme en béton recouverte de métal sur laquelle reposent des poteaux et une guérite. Il est donc nécessaire de contourner cet obstacle, particulièrement s’il y a un véhicule stationné dans l’emplacement adjacent. Il est, par conséquent, très facile d’accrocher l’obstacle en s’engageant ou en reculant de cet emplacement.

    C’est précisément ce qui m’est arrivé le 30 juin dernier.

    En reculant et en essayant autant que possible d’éviter ledit obstacle, le pneu avant droit du véhicule que je conduisais a touché une extrémité de la plateforme et s’est dégonflé en moins de 5 secondes. Résultat : le pneu présentait une entaille d’environ 3 centimètres sur le flanc extérieur. En examinant de près la plateforme, je me suis rendu compte qu’en plus d’obstruer significativement l’espace de stationnement, elle présente aussi un sérieux problème d’installation d’une des plaques de métal qui ceinturent ladite plateforme. Cette plaque dépasse d’environ 2 centimètres et possède un angle de 45 degrés qui une fois éloignée de la plateforme comme c’est le cas ici, l’apparente davantage à une lame qu’à un dispositif de protection. On peut même se demander pourquoi la SPAQ n’a pas carrément éliminé cet espace qui augmente sérieusement les risques de dommages pour les usagers.

    J’ai donc perdu environ quatre heures de mon temps et dû faire remorquer mon véhicule chez un spécialiste pour le remplacement du pneu rendu inutilisable par le contact de la plateforme. J’ai fait une réclamation par courriel pour un montant de 269$ pour les frais de remorquage, réparation et remplacement du pneu. Voici la réponse (toute fait à l’avance) reçue quelques heures plus tard :

    Monsieur,

    Nous avons pris connaissance de votre réclamation et après vérification, nous sommes dans l’obligation de vous informer que la SPAQ rejette toute responsabilité face à cet événement.

    Veuillez agréer, Monsieur, I’expression de nos meilleurs sentiments.

    La directrice Finances et Administration,

    Annie Girard
    c.c. Service des réclamations

    Y a t-il un avocat dans la salle? Il me semble que les articles 1457, 1458, 1468 et 1579, 1475,1476 et 1477 tendent à me donner raison en dépit de l’avis de non responsabilité des dommages imprimés sur les billets de stationnement de la SPAQ. Y a t-il jurisprudence à cet effet?

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