Le chef de la Nation huronne-wendat, Max Gros-Louis, multiplie les sorties publiques pour avertir les Québécois qu’il entend revendiquer un immense territoire englobant un bonne partie de la ville de Québec mais aussi l’essentiel des terres se rendant aussi loin que Trois-Rivières.

Il existe un site web présentant la Nation huronne-wendat et ses revendications mais au-delà des grandes lignes, il semble difficile (sinon impossible) de consulter les documents officiels. L’approche des Hurons en serait une d’autonomie et d’harmonisation avec le Québec “si possible”.

Enfin bref, c’est difficile de savoir -très exactement- ce que demandent les Hurons à part ce qu’on apprend, via les “grands médias” qui doivent, eux, avoir accès à des documents plus complets.

Au moment où tout le monde se pose de sérieuses questions sur la démarche de Max Gros-Louis mais aussi sur ses motivations profondes (vengeance, avarice, pourvoir ou autre chose), le “citoyen ordinaire” n’a d’autre choix que de chercher à comprendre “le personnage”, celui qui “revendique”.

Dans sa livraison du mercredi, 22 octobre 2008, le Journal de Québec a publié une lettre d’opinion particulièrement intréressante, au sujet de Max Gros-Louis.

Voici cette lettre d’opinion, recopiée mot pour mot…

Leçon d’histoire

Les Hurons étaient des Ontariens. Une tribu de quelques 30,000 individus vivant de pêche, de chasse et de cueillette sur les rives du Lac Huron. Ils furent exterminés par les Iroquois en 1649. L’année suivante, les Jésuites amenèrent les 300 survivants à l’Île-d’Orléans. Mais même là, les Iroquois sont venus les achever. En 1697, on parqua les 150 derniers survivants sur les rives de la rivière St-Charles, à Lorette.

Les ancêtres de Max Gros-Louis étaient effectivement hurons. Mais il faut remonter à 7 générations, au 18e siècle, à Louis Ondaouamhont et Agathe Onoendenti. Leur fils Louis a épousé Véronique Monique Renaud, le 2 octobre 1809. On présume dès lors que la famille a été assimilée et que les enfants se sont mis à parler français comme leur mère et leurs voisins. Bref, à s’assimiler et devenir Canadiens.

Leur fils Étienne, qui n’avait plus que 50% de sang huron dans les veines, a épousé Marie Lindsay en 1849.

Leur fils Nicolas, huron à 25%, a épousé Flore Verret en 1879.

Leur fils Théophile, huron à 12,5%, a épousé Angèle Garneau en 1906.

Leur fils Gérard, papa de Maxim, huron à 6,25%, a épousé Cécile Talbot en 1930.

Bref, Max Gros-Louis, grand-chef des Hurons, n’a que 3,12% de sang huron dans les veines! Et 96,88% de sang français.

Jacques Noël, Québec

Il ne faudra pas espérer entendre Max Gros-Louis confirmer (ou infirmer) cette information puisqu’il préfère probablement laisser planer l’idée qu’il est l’incarnation “parfaite” du Huron “au sang pur” mais là, avec la lettre d’opinion de Jacques Noël, ça permet aux citoyens québécois de “se faire une tête” sur l’origine de ce bruyant revendicateur.

Si Max Gros-Louis a raison de revendiquer ses terres, qu’il le fasse mais il ne faudra pas s’attendre à ce que les Québécois accueillent -avec le sourire- l’éventuelle venue d’une “forme d’autorité autochtone” qui pourrait décider de taxer les citoyens établis sur “son” territoire et même, de légiférer contre eux.

Il sera intéressant de voir comment nos gouvernements réagiront aux revendications, plus démesurées que jamais, de Max Gros-Louis.

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3 Commentaires

  1. Ça me désole toujours d’entendre ou de lire des argumentations sur la pureté de la race, qui sont toujours arbitraires. Je suis persuadé que monsieur Noël, comme c’est le cas pour bon nombre de québécois, pourrait retrouver dans sa ligne ancestrale, non uniquement du sang français, mais aussi possiblement du sang irlandais, britannique et aussi, à son grand désespoir, du sang amérindien.

    Une fois que monsieur Noël aura établi son taux de pureté de la race, se sentira-t-il moins québécois pour autant? Rien n’est moins approprié pour établir l’appartenance à une nation que la lignée généalogique. Je me demande si monsieur Noël trouverait acceptable, à titre d’exemple, que ce soit les ontariens qui décident qui peut être considéré comme québécois. À vouloir refuser aux Wendat (Huron est un nom qui leur a été attribué par moquerie de leur coiffure d’alors, je tenais à le souligner au passage) de déterminer eux-même qui est membre de leur nation, nous faisons de même que l’exemple que je cite.

    Les discours d’exclusion ont la couenne dure. Rappelez-vous que pour le référendum de 1995, certaines voix réclamaient un vote limité aux québécois de souche; c’est-à-dire un québécois dont le père et le grand-père sont aussi nés au Québec. Mon père étant né aux USA dans le contexte de la forte migration des québécois en Nouvelle-Angleterre, je n’aurais donc pas eu droit de vote, bien que j’étais alors âgé de 44 ans et que j’avais toujours vécu dans la ville de Québec. Mieux encore, parmi mes ancêtres, on retrouve Louis Hébert, Abraham Martin, plusieurs héros de la Rivière-Ouelle, des membres du régiment de Carignan, ainsi que des fondateurs de Québec, de la Côte de Beaupré, de Baie-St-Paul, du Lac St-Jean. Pensez-y, malgré tout ce bagage généalogique éloquent, je n’aurais pas eu le droit de vote au référendum de 1995 si le gouvernement péquiste d’alors avait donné suite à cette proposition de vote restreint. Alors, c’est pareil pour les Wendat, cher monsieur Noël.

    Au plan de l’histoire, puisque vous touchez cet aspect aussi, je vous rappelle que les Wendat ont été évincés de leurs terres en Ontario par les Iroquois, et ce, en raison du fait que les Wendat appuyaient les soldats français, alors que les Iroquois se collaient aux anglais. Les terres qui leur ont été concédées par la suite, devaient servir de compensation pour leurs pertes territoriales ainsi subies.

    Quant à leur assimilation, elle leur a été entrée dans la gorge de force. Essayez juste d’imaginer une situation hypothétique à simple fin d’exemple. Imaginons que l’Afghanistan devienne une grande puissance et qu’ils envahissent le Québec. Les afghans imposent aux québécois d’abandonner leurs croyances, ils devront dorénavant faire une prière sur un petit tapis tourné vers l’Orient. Ensuite, ils envoient nos enfants dans des orphelinats où ils leur sera interdit de parler la langue française, pire, ou les brutalisera s’ils ne se conforment pas. Imaginez ensuite qu’on nous interdit toute manifestation de notre culture, pas question de chanter ou de danser sur des airs québécois. Comme si tout ça n’était pas assez, on vous impose l’insulte suprême de porter une médaille avec un numéro pour suivre vos déplacements, si vous ne la portez pas, on vous incarcère.

    Vous trouvez que c’est inimaginable? Bien, c’est ce qu’on a fait à nos Premières Nations et bien pire encore.

    Il serait peut-être temps qu’on arrête de se braquer contre les Premières Nations, qu’on oublie les sornettes propagandistes apprises dans nos volumes d’Histoire du Canada. Les premiers arrivants français n’auraient pas survécu sans l’aide des Premières Nations qui savaient comme survivre à nos hivers rigoureux. Nous avons appris d’eux et nous pourrions encore le faire si nous prenions le temps de les écouter et de leur tendre une main amicale.

    Arrêtez d’avoir peur avec les revendications territoriales. Jamais les Wendat ne vont diriger Sillery, soyez sérieux dans vos phobies. Ils amorcent des négociations avec les traités existants, point à la ligne. Depuis le tout début de la colonie (sous le régime français j’entends), tout s’est toujours réglé par des traités avec les Premières Nations (la «Grande Paix de Montréal» par exemple) où la cordialité a toujours prévalu sur l’affrontement. Pourquoi en serait-il autrement au XXième siècle?

    Prenez le temps d’échanger avec quelques Wendat et vous verrez que leur fierté et leur culture sont toujours omniprésents, même si, comme vous le prétendez, leur sang est dilué… Nous leur devons bien une oreille attentive.

  2. Bonjour,

    J’ai connu personnellement Max gros Louis le 24 septembre 1997 au Super Marché CARREFOUR ou il exposait son artisanat.

    Ma soif tellement grande des indiens, je l’ai assailli de questions qu’il m’a gentiment répondu, j’ai même fait la prière de la fumée avec eux.

    Je lui avais promis de le revoir a WENDAKE, ce que j’ai fait 2 ans plus tard, en juillet 99. Malheureusement, j’ai vu sa famille mais pas Max qui était parti en Alberta, au chevet d’un parent malade.

    Mon amour pour le QUÉBEC et les indiens, je le dois aux bandes dessinés qui ont bercé ma jeunesse, j’ai lu mon premier livre “Marie Chapdelaine” j’avais 11 ans alité par une forte grippe. je l’ai lu 4 fois toujours avec le même plaisir.

    Je viens de finir de lire pour la 5e fois “le premier des hurons” que max “oné onti” ma dédicacé. je comprend mieux le problème de tous les Amérindiens. Avant de monter dans l’avion pour mon retour en France, j’ai juré de retourner au Québec (des que j’aurai quelques piastres), c’est juré.

    Gros becs à toutes et tous.

  3. Je viens de la famille de Max Gros-Louis, un cousin à ma grand-mère, je ne l’ai jamais connu personellement mais bon.

    Ceci dit, il est vrai que la famille vient de France, plus précisement vers Lyon. Mais que sa lignée vient de France ou du Québec cela ne changeras pas son sentiment d’appartenance au Québec vu qu’il a été élevé ici.

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